Tête barbue coiffée d'une haute tiare plate, à droite
Rv. Galère phénicienne; au dessus, une date variable. M, 14 mill.
M. Head signale sur ces bronzes les dates I"" (H)
1. Brandis, ouvr. cilé, p. 426; B. Hond, ouvr. cite, p. 43. Nous rappellerons ici qu'il faut rejeter comme erronées certaines lettres ou dates , que MM. Brandis, Six et Head ont cru lire sur quelques pièces, et qu'il serait superflu de discuter.
et II"" (12); le portrait qui figure au droit est vraisemblablement celui de Darius Codoman, plutôt que celui de Straton II, auquel ces pièces paraissent appartenir, à cause des dates élevées qu'elles portent.
Ces quelques pièces de bronze et ces oboles, condamnées à demeurer incertaines parce qu'elles sont anépigraphes, ne touchent en rien aux données essentielles de ce travail où nous nous sommes efforcé :
1. De déterminer les monnaies des rois de Sidon antérieurs à Alexandre et de préciser, à l'aide de ce monnayage, la chronologie, la succession et l'histoire de ces iT)is.
2. De déterminer les monnaies que le satrape Mazaïos fit frapper en Cilicie pour les besoins de la flotte perse, durant une période d'au moins 21 ans, qui se termine à la conquête d'Alexandre en 332.
3. De déterminer les monnaies frappées en Egypte par l'eunuque Bagoas, au moment où le roi de Perse Artaxerxès II! Ochus reconquit ce. pays, en 345.
Ces résultats reposent principalement sur Fétude des légendes et des dates monétaires. Malgré sa singularité, le mode d'abréviation que nous avons constaté pour les noms royaux revêt, par l'ensemble, tous les caractères de la certitude. D'ailleurs la manière d'abréger les noms phéniciens sur les monnaies variait suivant les pays. Sur les monnaies de Baalmelek, roi de Citium, par exemple, le nom de ce prince est abrégé sous l'une des cinq formes suivantes : S, DS, *^3, 37, *jb, ces deux dernières formes comprenant même
le lamed préfixe ^ M. Philippe Berger a démontré, d'autre part, tout récemment*, que les rois numides abrégeaient leurs noms sur leurs monnaies, par la première et la dernière lettre : ]D pour Mikipsan^ ^'XYiOviv Gulussan\ b^ pour A dher bal. Cette diversité ou, pour mieux dire, cet arbitraire dans le mode d'abréviation des noms est un des principaux obstacles au classement et à l'attribution des monnaies phéniciennes ou puniques. Telle a été, sans aucun doute, une des causes qui ont empêché, jusqu'ici, de reconnaître les monnaies des rois de Sidon.
Si nos conclusions étaient ratifiées par les savants, elles seraient importantes au point de vue ni*mismatique, puisqu'une série considérable de monnaies, restées incertaines jusqu'ici, se trouveraient définitivement classées. Klles seraient à considérer aussi au point de vue historique, car elles me semblent projeter une certaine lumière sur un chapitre des annales si obscures de la Phénicie, sous la domination des rois achéménides. Toutes les monnaies que nous avons étudiées ayant été frappées pour l'entretien de la flotte, elles sont un indice des efforts tentés parles derniers Achéménides pour conserver l'empire de la mer, un instant compromis, dans la période précédente, par la révolte de l'Egypte, celle des satrapes et celle d'Evagoras I. Dans l'histoire politique et la chronologie des rois de Sidon, se trouve comblée une