‹ Mélanges numismatiquesChapitre 104 sur 109 · UNE MONNAIE DE MASSINISSA · texte numérisé non relu

UNE MONNAIE DE MASSINISSA

M. le capitaine V. Pritd'horame, conservateur <lu Musée et de la Bibliothèque de Constantine, a bien voulu me communiquer une monnaie de bron/.e dti Musée de Cunstantine, des plus intéressantes et qui vient heureusement coni|iléler ce que j'ai dit plus haut relnlîvemeni aux monnaies des rois de Numidie '. En voici l'image et la description :

Têle barbue et laurée, à gauche; sous le cou, un globule. Grèneiis au pourtour, \y. Eléphant marclumt à gauche; à l'exergue, la légende punique ff^^'ff^ } *) J'Ttf {naSlTC."! ]D3UC. Massinissa, roi). Ai 28 mill-, 13 gr. 50.

Ce qui Tait l'importance de celte médaille, c'est la présence du nom du roi Massinissa, inscrit en toutes lettres, à l'exergue du revers. La lecture de ce nom royal n'est pas douteuse, et la restitution du mot nsSoon, qui est dissimulé sous une croûte d'oxyde, est fondée sur la formule généralement usitée sur les monnaies des rois de Numidie et de Mauritanie. On sait que ce mot linmainmelckei se trouve constamment à la suite des noms de Syphax, de Vermina, de Juba, de Bocchus, sur les monnaies respectives de ces princes ; il ne peut donc subsister aucune incertitude sur la restitution du mot qui suit le nom de Massi-

Au point de vue épigraphiquc. Il importe de remarquer que

c^est la première fois que le nom du roi Massinissa se rencontre en écriture punique. L'orthographe qui lui est donnée ]D;:Dn diffère essentiellement de celle qui nous est fournie par des monnaies attribuées à un prétendu Massinissa II dont on a cru lire le nom en écriture néo-punique ]3rjriVO, MasatnizaUy suivant la transcription de L. Muller* que nous avons adoptée plus haut^. Nous sommes dès maintenant en mesure d'affirmer qu'il est peu probable que les pièces qui portent ce nom appartiennent, comme le croit MuUer, à un prince du nom de Masanassés qui, d'après Appien ^, gouvernait la partie septentrionale de la Numidie au temps de Juba I**" dont il fut l'allié. M. F. von Duhn * a proposé récemment d'attribuer ces rares monnaies à un autre roi numide du nom de Mastanesosus, mentionné par Cicéron, et l'orthographe punique du nom de Massinissa vient, par contrecoup, confirmer la conjecture ingénieuse du savant allemand.

La monnaie nouvelle du musée de Gonstantine est encore intéressante à un autre point de vue. L'effigie laurée qui figure au droit, et qui ne peut être le portrait de Massinissa, est pareille à celle qu'on voit sur un groupe de monnaies en bronze et en plomb, attribées par L. MuUer k Micipsa et à ses frères '. Sur ces pièces, on lit généralement deux lettres puniques dont l'interprétation a été fixée par M. Philippe Berger, ainsi que nous l'avons exposé plus haut*. Mais, comme nous l'avons remarqué, les monnaies portant simplement yo pouvaient appartenir aussi bien à Massinissa qu'à Micipsa ; j'ai même proposé conjecturalement de reconnaître la fin du nom de Massinissa sur une pièce dont la légende fruste me semblait donner : DSIDDH ]DJ... (..nissan hamammeleket) '^ . La monnaie qu'a bien voulu me communiquer M. Prud'homme vient apporter une confirmation éclatante ù cette conjecture. Elle a la même tête laurée que la grande pièce dont je viens de parler ; le revers seul est différent, puisque, au lieu du cheval, nous avons pour lype l'ôh^phant afri-

1. L. Hallcr, Numismatique de Cancienne Afrique^ t. III, p. 48-49.

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