‹ Mélanges numismatiquesChapitre 51 sur 109 · B. Hcad. Hiat. numorum, p · texte numérisé non relu

B. Hcad. Hiat. numorum, p

voit, entre le système de M. Six et celui que nous nous proposons de justifier, un écart de 53 ans.

La seule raison qu'invoque M. Six pour appuyer son système, tant dans ce qu'il a publié que dans la correspondance privée que nous avons échangée à ce sujet, c'est le style des monnaies. Eh bien, je confesse que cet argument ne me parait guère concluant dans l'espèce, où il ne s'agit que d'un écart d'un demisiècle. A la vérité, les tétradrachmes aux types alexandrins, datés et frappés à Acé avant lan 237, sont d'un style meilleur, d'un flan plus épais et moins plat que les pièces d'Aradus que je crois contemporaines. Mais cette différence est imputable au génie particulier des graveurs des coins, à la distance géographique qui sépare les ateliers, aux influences opposées qu'ils subissaient, bien plutôt qu'à un éloignement chronologique de cinquante ans. Des monnaies aux types alexandrins, qui portent le nom de Séleucus P' Nicator (f en 281 av. J.-C), ont le même flan large et mince, et le même style que les pièces d'Aradus que je crois contemporaines; et précisément, nous verrons bientôt qu'Aradus ne cessa d'être sous l'influence des rois de Syrie : nous donnerons même une monnaie (pi. IX, 4) frappée dans cette ville par Séleucus. Au contraire, Acé, comme la plupart des autres villes de la côte de Phénicie, fut toujours sous la domination ou l'action directe des Ptolémées d'Egypte. Ces circonstances politiques ont leur reflet dans les divergences du style des monnaies.

Envisageant la question sous un autre aspect, je

dirai que si Ton prend les produits d'un même atelier monétaire, et si on les compare entre eux, au point de vue du style, il sera souvent impossible de distinguer ceux qui ne sont séparés les uns des autres que par un laps de temps d'un demi-siècle. A Aradus même, les monnaies autonomes datées se répartissent avec les mêmes types sur une période de 90 ans (ci-dessous, p. 263) ; il n'y a pas une différence bien sensible de style entre les pièces qui ne sont éloignées les unes des autres que de cinquante années. En ce qui concerne spécialement les tétradrachmes datés, aux types alexandrins, issus de latelier d'Aradus, le Cabinet des Médailles n'en possède que trois exemplaires qui ont respectivement les dates suivantes :

I III Iil/Vt^' (an 27) |||/V/vf«' (an 43)

lE (an 65) PI. IX, fig. 3.

Or, la pièce qui porte l'année 43 est d'un style sensiblement plus barbare que celle de l'an 65. Il y a là de quoi, je pense, justifier mon scepticisme vis-à-vis de la thèse de M. Six.

Mais on peut fournir des preuves directes qui établissent qu 'Aradus se servit de l'ère dite des Séleucides, avant que l'ère aradienne eût été inventée et mise en vigueur.

En traitant des monnaies de Marathus, nous avons signalé un tétradrachme d'Alexandre frappé dans cette ville, avec la date phénicienne — A'ji*^ (= an 30) *.

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