‹ Mélanges numismatiquesChapitre 54 sur 109 · Même tête · texte numérisé non relu

Même tête

ÇT. Même proue. Au dessus, le monogramme composé des lettres AP, et une massue couchée.

JE. 16 mill. Bords taillés en biseau.

C'est sur des monnaies pareilles à ces dernières pièces d'argent et de bronze que paraissent les premières dates calculées d'après l'ère aradienne. Ainsi qu'on le verra plus loin, la plus ancienne que nous ayons relevée est l'an 20 qui correspond à l'an 73 des Séleucides (240 avant J.-C.).

4^^ période (237 à 46 av. J.-C.)

Les causes de la rivalité d'Aradus et de Marathus nous sont révélées, comme nous Pavons déjà laissé entrevoir, par la numismatique de ces deux villes. Les premiers Ptolémées possédaient les ports principaux de la Phénicie et de la Syrie. Séleucie même, à l'embouchure de l'Oronte, était au pouvoir des rois d'Egypte au temps de Séleucus II, et cette ville paraît avoir eu longtemps une garnison égyptienne*. Les Séleucides, de leur côté, mirent de temps à autre, la main sur des villes de la Phénicie du nord, et nous verrons tout à l'heure les Aradiens s'empresser de faire bon accueil à Antiochus 111. Les monnaies de Marathus portent des types égyptiens qui prouvent que, plusieurs générations durant, les Lagides furent maîtres de cette place ; au contraire, à Aradus, on ne rencontre sur les monnaies aucun indice permettant de croire que les rois d'Egypte aient jamais réussi à étendre leur domination sur l'île. Les Aradiens s'attachèrent plutôt aux rois de Syrie, aux heures où, contraints d'aliéner leur liberté, ils se trouvèrent forcés de choisir un maître, et nous avons vu que le monogramme d'Aradus paraît de temps à autre sur les monnaies des rois Séleucides. C'est dans cette rivalité des influences syrienne et égyptienne qu'il faut chercher la véritable cause de la lutte longue et acharnée de Marathus et d'Aradus.

1. Droydcn, Hiat. de rhelléntsme^ trad. Bouchc-Leclcrcq, l. \\\, p. 448.

Aradus inaugure Tère de son autonomie dans l'automne de Tan 259, et c'est peut-être à cette date que remonte la rupture définitive entre les deux villes sœurs ; on était sous les règnes d'Antiochus II Théos (261-246) et de Ptolémée II Philadelphe (287-247), et c'est vers 259 que commence entre ces deux princes une grande guerre sur laquelle les historiens nous ont conservé peu de renseignements*. Nous savons seulement qu'Antiochus II fut malheureux et que Ptolémée reconquit une partie de la Phénicie et de la Cilicie. Qu'advint-il d'Aradus et de Marathus au milieu de ces événements obscurs? Nous ne saurions le savoir. Cependant si les monnaies de Marathus de cette époque nous présentent des types égyptiens, tandis que l'atelier d'Aradus ne nous en fournit aucun, mais parait, au contraire, avoir fonctionné au nom du roi de Syrie, il est permis de conclure de là que Marathus se déclara pour le roi d'Egypte, tandis qu'Aradus, plutôt favorable au roi de Syrie, conquit son indépendance à la faveur de ces troubles : telles sont, vraisemblablement, les circonstances politiques qui ont porté les Aradiens à créer une ère nationale.

Ces inductions, qui ont pour base l'étude des médailles, trouvent leur confirmation directe dans un épisode du règne d'Antiochus III le Grand, raconté par Polybe (V, 68). Lors des négociations qui, vers 221, furent entamées à Séleucie sur rOronte, territoire égyptien, entre Ptolémée IV Phi-

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