CH. DE LA ROKCIÈRE
« Notaire et juré de la court du scel establ}- aux contractz à Périgueux », n'avait-il pas rédigé en cette qualité les contrats de mariage de François de Pons avec la petite-fille de Charles VII et d'Agnès Sorel % et d'Anne de Pons avec Odet d'Aydie le Jeune, qui devint par là châtelain d'Aillac et suzerain de Guillaume de Brosse. A Tours, où avait été passé le dernier contrat % — et c'est ce qui explique les notions très précises du notaire périgourdin sur les châteaux de la région tourangelle, — Guillaume avait rencontré « hault et puissant seigneur Odet d'Aydie, comte de Comminges », frère aîné et homonyme de l'époux, « un homme de grande réputation et vertu, qui cherchait avant tout l'intérêt public ».
Les événements ne donnèrent que trop un démenti au certificat de bonne conduite délivré par le notaire au comte de Comminges. Le comte fut l'un des fauteurs de cette coalition féodale qui se forma contre Anne de Beaujeu, dès que fut descendu dans la tombe « le très redoubté et obéy » Louis XL C'est ce qu'on a appelé la Guerre folle, folle et criminelle dans ses origines, — car les conjurés, ducs de Bretagne et d'Orléans, comte de Dunois et sire d'Albret, ne reculèrent pas devant l'appel à l'étranger, — folle par la façon dont ils l'engagèrent. Déchu de ses offices, le comte de Comminges est attaqué en 1487 par l'amiral Malet de Graville qui le rejette de Saintes sur Blaye et le coupe de Dunois, refoulé lui-même de Parthenay sur la Bretagne.
Entraîné dans la rébellion par son aîné, Odet d'Aydie, châtelain d'Aillac, se bat avec les Bretons contre les troupes royales de Louis de La TrémoïUe. Il s'est enfermé dans la place de Châteaubriant, où ses deux mille hommes tiennent tête pendant huit jours à une armée. Mais enfin, après une valeureuse défense, il doit capituler le 23 avril 1488 5.
1. Marguerite de Coëtivy. 15 novembre 1485 (Georges Musset, Chartes de la maison Je Pons, publiées dans les Archives historiques de la Saintonge et deVAunis, t. XXI, p. 317).