‹ MélangesChapitre 59 sur 67 · BELGIQUE. — PAYS-BAS · texte numérisé non relu

BELGIQUE. — PAYS-BAS

Mal possédés par les ducs de Bourgogne, auxquels ils donnent autant de mal que ceuxci en donnent à la France. Les Pays-Bas veulent être eux-mêmes. C'est une marche entre la France et rAUemagne, indépendante et inviolable.

Pendant toute la période féodale, la France ne convoite que de loin la ligne du Bhin ; elle a laîr de n'y penser point, elle revendique son droit de suzeraineté sur la Flandre, voilà tout.

Avec les ducs de Bourgogne, et après la guerre de Cent ans, commence une nouvelle série de manifestations antifrançaises.

En 1362, Jean le Bon, marchant au rebours, de son siècle, crée en faveur de ses fils trois grands fiefs héréditaires : Anjou, Berri, Bourgogne.

Philippe le Hardi, son fils, succède à Philippe de Rouvre ; fait hommage à Charles V, en 1364 , épouse en 1369 Marguerite de Flandre, qui lui apporte par hoirie, en 1384, les comtés de Bourgogne, Flandre, Artois, Réthel et Nevers.

Héritages et réunions successives :

1419, Philippe le Bon, comte de Flandre;

1429, Philippe, comte de Namur ;

1430, Philippe, duc de Brabant; 1436, Philippe, comte de Hainaut.

C'est une réformation de la Lotharingie; un vrai contre-sens historique, qui fut également funeste à la France et au Pays-Bas.

Par les ducs de Bourgogne, la France est mise à mal. Quatre animaux de TApocalypse.

Que veulent-ils? Que signifient-ils? Quelle politique! Livrer la France aux Anglais; n'être ni Français, ni Germains^ ni Flamands ; eux qui ne peuvent s'entendre avec leurs sujets de Flandre, veulent gouverner la France. Si l'on veut un modèle de bigarrure, c'est le duché de Bourgogne, au quinzième siècle.

Cependant l'influence du Rhin se fait sentir: Philippe le Bon entreprend une croisade, autre idée rétrogade, qui n'aboutit à rien, bien entendu.

La gloire d'avoir détruit cette souveraineté malfaisante appartient tout entière à Louis XL

Charles rachète les provinces situées sur les deux rives de la Somme, ce qui coupe la Bourgogne, 1462.

A la Ligue du bien public^ il répond en excitant les Liégeois et Dinantois à la révolte, 1465.

1465. Destruction de la ville de Dînant, par Philippe le Bon. Bruges, Gand, Liège, Binant, bloquées, saccagées, brûlées, par leur souverain. '

Des batailles livrées aux sujets, comme celle de Gand.

Et cela continue sous Charles-Quint, Philippe II, etc.

1472. Charles le Téméraire songe à s'étendre en Allemagne, à se rendre maître des deux bords du Rhin; il veut réunir en un royaume toutes les seigneuries et États.

Tout cela échoue par Tinfluence du roi de France, qui lui suscite des difficultés partout, en Allemagne, en Suisse, en Lorraine, en Alsace, en Artois. Un moment, toute l'Europe déclare la guerre au Bourguignon. Le roi d'Angleterre vient pour le défendre, il cède aux paroles de Louis XI , et enfin Charles va finir misérablement, après avoir cumulé défaite sur défaite, honte sur honte, à GrandsQn, à Morat, à Nancy.

On a reproché à Louis XI d'avoir manqué l'occasion de réunir à la France les États du duc de Bourgogne, en obtenant pour son fils la main de Marie, fille du Téméraire. Il y pensa certes : mais le dauphin n'avait que

sept ans, et Théritière en avait vingt; mais les Pays-Bas se prononçaient avec force contre ce mariage, c*est à dire contre la réunion à la France; mais la princesse elle-même, animée des sentiments antifrançais, que donne le pays du Rhin à ceux qui l'habitent, fiancée à Farchiduc d'Autriche Maximilien, ne voulait entendre parler d'un tel projet. Louis XI dut se contenter de reprendre la Bourgogne, et renonça à la Belgique. En mars 1477, il y eut une révolte à Gand, causée en partie par la crainte de ce mariage.

Notez ceci : les Pays-Bas ont horreur de la réunion à la France qui les touche, qui leur oflfre son marché, etc. — Ils ne craignent pas de risquer Tincorporation à TAutriche, parce que l'Autricheestgermanique, et plus leur parente.

1482, 23 décembre. — Traité d'Arras, par lequel la fille de Maximilien et Marie de Bourgogne, Marguerite, est fiancée au dauphin de France. C'est un jalon en vue de la Belgique. L'idée ne fut pas suivie; Charles YIII épousa ailleurs.

i486, 9 avril. — Maximilien couronné roi des Romains.

1488, 1^' février. — Révolte de Bruges; guerre des Flamands contre leur souverain. Siège de Gand,

1496, 21 octobre. — Mariage de Philippe le Beau avec Jeanne la Folle qui lui apporte les Ëtats d Espagne; mort le 2â septembre 1506.

1500, 25 février. — Naissance de Charles* Quint.

1314. — Epistolœ obscurorum virorum, par Ulrichtde Hulten (1488-1523).

Elles brisent les Dominicains. — Fils du Rhin, dit Michelet; comme Méianchton.

La critique nait en Suisse, en Allemagne^ dans les Pays-Bas.

Hutten est un Franc.

Sickîngen, héros du Rhin, le premier guerrier de la Réforme.

Où se fait le commerce des indulgences? Sur le Rhin.

Tetzel est aux gages de l'archevêque de Mayence.

NOTES ET FRilGMENTS. 163

Vénalité des électeurs de lempire ; elle ne fait pas que l'élection n'ait été faite par le Rhin contre la France. Ah! si l'élection s'était faite quinze ans plus tard; si l'on avait pu savoir en 1519 ce que serait Charles- Quint, né avec le siècle, à quarante ans, il n'eût pas été nommé. On ne vit de lui que le petit-fils de Maximilien P% le Flamand , l'ennemi juré de la France.

On sait ce que reçurent, pour cette nomination, les électeurs : mais ils n obéissent pas' moins à Texcitation populaire.

On disait « Que c'était fait de l'Allemagne ; a que les Welches allaient tout envahir; qu'au « moment de l'élection, François P' arriverait « avec une armée à Francfort, ferait voter sôus « la terreur; qu'élu ou non^ il irait se faire « couronner à Rome; que sûr du pape et de « l'onction pontificale, il s'imposerait à l'AUe- « magne; qu'il réduirait les princes allemands a à l'état d'obéissance où étaient les Français, « qu'avec les armées allemandes et celle d'Ita- « lie, il écraserait la Suisse et les Pays-Bas, etc.

ce Les Suisses à qui pesait le souvenir de Ma- « rignan criaient qu'il ne fallait pas laisser « passer le Welche; ils prièrent les Lorrains, (c les Alsaciens, de lui tomber dessus au pas- « sage; de leur côté les Allemands écrivaient « à Marguerite qu'ils verseraient tout leur « sang pour empêcher l'élection du Fran- « çais. »

1519. — Compétition entre Charles-Quint et François P' pour l'empire.

Idée absurde. Cf. Michelet.

1521-1598. — Guerre continuelle entre la France et la maison d'Autriche. Elle recommence sous Louis XIV, jusqu'en 1715.

1536, janvier. — Traité de François P' avec les Turcs pour prendre l'Autriche, l'Empire à revers. Tout cela est absurde, c'est revenir au temps de Charles le Chauve et de Charles le Simple.

Le Rhin et la Réforme : Paysans de Mulhouse, d'Alsace.

Le protestantisme né à Spire; Anabaptistes de Munster, de Leyde; Hutten, Sickingen.

Les indulgences sur le Rhin préchées à

Mayence, Cologne, etc.

Luther, fils d'une mère rhénane, dit Michelet .

Luther, 31 octobre 1517. — Écrit à Tarchevéque de Mayençe.

Démêlés de Reuchlin avec les Dominicains et rinquisition ; né sur le Rhin , apprend l'hébreu à Bâle.

La Réforme, comme l'impVimerie, est indigène du Rhin. ^

« De 1495 à 1525, de la Baltique à l'Adriatique, en suivant le Rhin, l'Alsace et la Souabe, éclate le cri du paysan. »

. a L'Allemagne ne repoussait pas la juridiction de ses évêques, elle repousse les moines, venus de Rome*, la milice du pape. »

Reuchlin, 1455-1522, — s'oppose aux Dominicains; soutenu par la Saxe, la Bavière le Wurtemberg; 35 villes impériales écrivent pour lui au pape.

1462-1488. — Tentatives pour établir l'Inquisition dans les Pays-Bas, sur le Rhin et le Danube.

La Mark, le Sanglier des Ârdennes ; Sickingen, le chef des chevaliers du Rhin; Hutten, lui-même, tous les novateurs, le parti de la Réforme, sont contre le roi de France.

La haine du Rhin pour la France empêcha la réunion des Flandres à la mort de Charles* le Téméraire.

La haine du Rhin pour la France fit l'élection monstrueuse de Charles V.

Enfin, le Rhin produisit la Réforme en haine de TËglise de Rome, que continua de suivre la France.

La haine du Rhin pour la centralisation unitaire repousse la France unitaire.

La France ne s'arrêtera pas à la Réforme ; elle porte au delà, à la Révolution.

Guerre de François P avec Charles-Quint. — Stupide! Mais un si grand éhranlement ne s'arrête pas.

1548. — Après la bataille de Mûhlberg, en Misnie, Charles V, par acte du 16 juin 1548, réunît les Pays-Bas à l'Empire , sous le titre de Cercle de Bourgogne.

A cette occasion pas de révolte : les Flamands sont contents.

1551. — Traité du 5 octobre; Henri II appuie la ligue des princes allemands.

Politique équivoque, infâme, qui écrase la Réforme en France, la protège en Allemagne.

1552, 2 août. — Charles V accorde la liberté de religion.

1555. — Trêve de Yauxcelles entre la France et l'Empire.

1555, 25 octobre. — Charles V cède à son fils Philippe II, les Pays-Bas, TArtois et la Franche-Comté, et (155.6, 27 janvier) toute la monarchie espagnole.

La liberté communale est perdue.

L effort va commencer pour conquérir Tindépendance.

Période de malheur pour les Pays-Bas.

Ce qui deviendra protestant sera affranchi.

Ce qui restera catholique sera soumis :

De plus, la partie libre sera la plus éloignée de France, la partie ralliée au roi d'Espagne la plus proche.

168 NOTES ET FRAÔMENTS.

La France serrée par cette puissance, rompt la trêve ; elle est battue sous La Fère , par le comte d'Egmont, 1557.

Guillaume le Taciturne. La possession des Pays-Bas par FEspagne est une dénaturation. Les princes, dans ce siècle, n'ont plus l'intelligence des choses. Temps d'arbitraire. Gouvernement de Marguerite de Parme, du duc d'Albé, de don Juan, du prince de Parme.

Rien de significatif, si ce n'est l'émancipation héroïque des sept provinces, qui commence l'indépendance du pays du Rhin.

Que peut vouloir de ce côté Napoléon III ? Prendre les provinces rhénanes, actuellement attachées à la Prusse et à la Bavière, comme il a fait la Lombardie? Pauvre résultat.

Fausse politique de François P', de Mazarin, de Louis XIV, de Louis XV, dans la guerre de la succession d'Autriche (1 748). (Cf. chronolog). Les Pays-Bas vingt fois occupés, vingt fois rendus, tantsous Louis XlVquesous Louis XV (guerre inutile, item plus tard, guerre de Sept ans).

Une partie des Pays-Bas ne suivant pas Guillaume le Taciturne, il en résulte une séparation, et même une opposition fâcheuse, qui ajourne, pour un temps, l'indépendance de la Belgique. Ce qui prouve que tout tend à la séparation encore plus qu'à l'agglomération. Les municipalités conservant leur initiative, il n'y aura qu'une fédération de villes : ce qui ressort encore mieux de l'histoire italienne. Et pas même une fédération^ car la paix et la liberté n'en ont pas besoin. La fédération suppose un ennemi qui ne dpit pas exister, qui n'est pas donné dans un système complet.

La féodalité est le morcellement indéfini, opposé à l'unité ou concentration absolue.

L'Europe de Westphalie est un juste-milieu faux : de grands États, de moyens États, de petits États, pêle-mêle, des républiques, des monarchies, des protestants, des catholiques, tout cela doit s'annuler, et s'annule, en efiet, devant le progrès de la Révolution.

Donc, la Hollande se sépare de la Belgique.

no NOTES ET FRAGMENTS.

Dans la Belgique même, le pays wallon se sépare du pays flamand.

Séparation et distinction illimitée, sous une loi scientifiquement commune.

En deux mots, ma théorie de Tannulation de l'État par l'histoire.

Reprenons :

L'érection du duché de Bourgogne crée une nouvelle Lotharingie funeste à la France et aux Pays-Bas. Le Rhin agit subversivement.

A -la mort du Téméraire, le Rhin s'oppose au mariage entre Marie de Bourgogne et le dauphin.

Plus tard on négocie un nouveau mariage, entre ce même dauphin et la fille de Marie, Marguerite, sœur de Philippe le Beau. C'était de nouveau , éventuellement, donner à la France la suzeraineté du Rhin. Mais Charles VIII épouse ailleurs, et renvoie sa petite fiancée. Déjà nous avons vu Carloman refuser la couronne de Lotharingie. Les rois de France sentent par moments qu'il y a incompatibilité matrimoniale entre eux et le Rhin,

La Réforme vient ensuite, et crée une antipathie de plus entre la France et le Rhin.

Aussi, en 4519, à Télection de Tempereur, tout le Rhin se prononce pour Charles V, contre François P'.

De là une fausse politique, misérable, condamnable de tous points, des rois de France : opiniâtreté contre la oiaison impériale : aU liance avec le Turc; appui donné aux princes prolestants d'Allemagne, contre TEspagne, machiavélisme, guerre, sacrifices d'hommes et d'argent inutiles. Le Père des lettres prouve qu'il ne savait pas un mot de l'histoire de ses États.

Ces incursionsabominables amenèrent l'acte du 26 juin 1S4?8, dressé à la diète d'Augsbourg, par lequel Charles-Quint réunit tous les Pays-Bas' à TEmpire, sous le nom de cercle de Bourgogne. Là Charles-Quint est dans la tradition; il ne manque aux Pays-Bas que d'être gouvernés par eux-mêmes, ou par un prince relevant de l'empereur, ce qui arrivera plus tard.

Henri II suit la politique de son père : par acte du 5 octobre 1551, sous prétexte de défendre les libertés germaniques^ il entre dans la ligue des princes protestants, lui qui en France persécute la Réforme, dont la veuve, les fils, feront la Saint-Barthélémy. Mais qu'y gagne-t-il? Charles-Quint, par la transaction de Passau, du 2 août i552, reconnaît la liberté de religion, et libre de ce côté, tombe sur le roi de France. La guerre continue plus furieuse, plus absurde que jamais du côté de la France, plus stérile jusqu'à la trêve de Yauxcelles, 1555.

25 octobre 1555. — Cession des Pays-Bas à Philippe II. — Pays-Bas, Artois, et Franche- Comté.

17 janvier 1556. — Charles V abdique le royaume en faveur de Philippe IL

27 août 1556. — Il abdique l'Empire en faveur de Ferdinand.

Par ce partage, Charles V prépare de nouvelles difficultés.

Le Rhin ne peut pas plus être espagnol que

français.: complication inextricable, et dont il faut maintenant sortir. — La France ne peut plus sQuflFrir que la même puissance letreîgne au midi par TËspagne; au nord par les Pays-Bas; à lest, par la Franche- Comté et l'Italie.

Là, la guerre redevenait juste de la part de la France, jusqu'à ce que le faisceau fût rompu. Mais en même temps, le Rhin était menacé de la conquête française : comment allons-nous sortir de là?

La solution est aisée à prévoir : le Rhin attaquera l'Espagne au nord, en la personne de Guillaume le Taciturne^ et amènera le déchirement des Pays-Bas. — La France conquerra la Franche-Comté, l'Artois, une lisière sur la Flandre, le Hainaut et le Luxembourg; s'emparera de la Lorraine, donnera un* roi à l'Espagne, ce qui amène la coalition de 1700 à 1715, et fait repasser les Pays Bas aux mains de l'Autriche.

La guerre continue, la paix est rompue, le roi d'Espagne attaqué en Italie et en Flandre.

40 avril 15S7. — Défaite du connétable de Montmorency sous la Fère, par le comte d'Egmont.

23 août 1559.— Départ de Philippe II pour l'Espagne. Gouvernement difficultueux de Marguerite de Parme (de Granvelle).

Conspiration de Guillaume le Taciturne pour lexpulsion des Espagnols. Pour affranchir les Pays-Bas, il faut les décatholiciser. Le Taciturne lui-même indifférent au fond.

10 mars 1564. — Démission de Granvelle, premier succès de la résistance.

Progrès de l'hérésie dans les Pays-Bas. — C'est le Rhin qui souffle son esprit à ses enfants. — La Belgique réclame la tolérance religieuse.

Février 1566. — Protestation contre l'établissement de l'inquisition dans les Pays-Bas.

4 avril 1566. — Demande d'états généraux.

Mai et juin. — Invasion des Pays-Bas par les huguenots et protestants allemands. — Violences commises, pillage des églises, dévastation des couvents, etc.

1567. — Le Taciturne part pour rAlIemagne.

22 août 1567. — Arrivée du duc d'Albe, gouvernement deréactionsanguînaire, 1567-1575.

1568. — La guerre commence entre le Rhin et TEspagne. On ne peut pas dire que c'est la Hollande, qui n existait pas ; c'était un ramas de fugitifs de tous pays, et d'auxiliaires allemands rhénans.

Premiers succès du duc d'Albe, à Doelhem, et Gemminghen. — Tyrannie.

1572. — Les gueux de mer. Tout le protestantisme ardennais et allemand accourt sous le drapeau du Taciturne.

Prise de Brielle, à l'embouchure de la Meuse, berceau des Pays-Bas.

1573. — Reddition de Harlem. Succès et revers. Les États des Pays-Bas refusent les nouveaux impôts.

18 décembre. — Retraite du duc d'Albe.

1573-1576. — Gouvernement de Requesens.

14 avril 1574?. — Défaite des insurgés à Moock, près Nimègue; siège de Leyde.

3 octobre 1574. — Délivrance de Leyde.

1576. — Prise de Ziériksée par les Espagnols ; reprise quelques mois après.

28 avril 4576. — Acte d'union des deux provinces de Hollande et Zélande.

Tout le pays soulevé contre les Espagnols. — Sac de Gand et d'Anvers. Furie espagnole.

3 novembre 1576. — Don Juan d'Autriche.

12 février 1577. — Êdit perpétuel qui accorde aux Belges tout ce qu'ils demandent Acclamations du peuple. Mais tout cela devient inutile.

23 septembre. — Le prince d'Orange à Bruxelles : flottement. La Belgique se débat.

51 janvier 1578. — Combat de Gembloux, défaite des confédérés. — Ces Espagnols gagnent des batailles, mais ils n'avancent pas.

La France appelée au secours des confédérés; mais bientôt le duc d'Alençon se retire.

1*' octobre 1578. — Mort de don Juan d'Autriche. — Gouvernement d'Alexandre Farnèse, prince de Parme.

1578. — Parti des mécontents : provinces wallonnes, Hainaut, Artois et Flandre gallicante.

Ces provinces ne voulaient changer ni de religion , ni de constitution , ne demandaient que les anciennes libertés. — Elles eussent aimé un protectorat qui les aurait laissées maîtresses. En sorte que, à cette heure, la France appuyait les Hollandais protestants contre les provinces voisines d'elle. Ce n'était pas sa faute.

Gouvernement du prince de Parme.

23 janvier 1579. — Union dUtrecht. Pacte constitutif de sept Provinces-Unies.

Hollande, Zelande, Gueldre, Frise, Over- Yssel, Groningue et Utrecht.

28 juin. — Traité opposé, entre le roi et les députés des provinces wallonnes. — Prise de Maestricht.

Janvier 1580. — Le prince d'Orange essaie de faire déclarer le roi d'Espagne déchu de la souveraineté des Pays-Bas; empêché par les catholiques de l'insurrection.

178 NOTBS ET FRÂGMENm

Mars. — Édit de proscription contre le prince d'Orange; réplique de celui-ci.

Août et septembre. — La souveraineté des Pays-Bas offerte au duc d'Alençon. Nul n'est prophète en son pays. — C'est absurde; c'était une trahison des révoltés envers leur propre cause, une ingratitude envers Orange.

19 février 1581. — Arrivée du duc d'Alençon et d'Anjou , frère unique du roi de France.

16 janvier 1585. — Le duc d'Alençon, qui s'aperçoit qu'il n'est qu un fantôme de souverain, essaie de s'emparer par surprise d'Anvers ; il est repoussé par les bourgeois , ses sujets, et perd 2,000 hommes français!,.. Le duc se retire.

10 juillet 1584. — Assassinat du prince d'Orange; gouvernement de Farnèse.

Juin septembre 1588. — La grande Armada.

— Défaveur du duc de Parme.

2 août 1589. — Avènement de Henri IV.

Progrès des Hollandais. — Mort du duc de Parme.

NOTES ET FRAGKENTS. 179

Janvier 1595. — Déclaration de guerre de Henri IV à l'Espagne. .

La politique de Henri IV fut ce quelle devait être. Il devait démolir cette monarchie si singulièrement formée; par le fait, il appuyait les protestants de Hollande ; son édit de Nantes fut un pacte d'alliance : ce ne fut pas sa faute, s'il combattit, du côté du sud, les Pays-Bas. Malheureusement, Henri IV ne peut soutenir cette guerre dans Tétat où était le royaume.

2 mai 1598. — Paix de Vervins entre la France et l'Espagne.

6 mai. — Les Pays-Bas espagnols érigés en souveraineté indépendante par Philippe II, au profit de l'archiduc Albert, mari de sa fille aînée.

15 septembre. — Mort de Philippe II.

1599. — Règne d'Albert et d'Isabelle. Campagne de 1599 sur le Rhin. Pour attaquer la Hollande , il faut passer le fleuve ; ce que fit Albert, et son général Mendoza. Mais sans succès.

15 juillet 1621 .—Mort de l'Archiduc Albert,

sans enfants ; gouverneyment de rarehîduchesse Isabelle , sa veuve. — La guerre continue; progrès du prince d'Orange : perte de Venloo, Bois-le-Duc, Maestricht, Limbourg.

1653. — Proposition des Hollandais aux Belges de secouer le joug espagnol. — Mort de la princesse Isabelle. — L'occasion est manquée ; arrivée de Tinfante.

4 novembre 1634. — Ferdinand.

1635. — Politique de Richelieu ; elle continue celle de Henri IV. Traité avec la Hollande. Par la conquête, on commence le partage des Pays-Bas espagnols. — Politique vraie, il s'agit de fixer la limite entre la France et le Rhin d'après la tradition.

Mais les Belges font cause commune avec les Espagnols et traitent Français et Hollandais en étrangers. Insuccès de la première campagne.

1640. — L'Espagne perd le Portugal. La Catalogne se révolte; les Français prennent Arras. — Puis le Roussillon.

9 novembre 1641. — Mort de Tlnfant Fré-

dérîc. Gouvernement de don Francisco de Mello.

i mai 1643. — Mort de Louis XÏII.

19 mai. — Bataille de Rocroi, gagnée par Condé ; paix de Dunkerque.

50 janvier 1648. — Fin de la guerre de quatre-vingts ans. Traité de Munster et de Westphalie. La France obtient la souveraineté de l'Alsace, moins Strasbourg.

A travers tout cela, on comprend la politique de Mazarin, cherchstnt une femme à Louis XIV en Espagne, à l'exemple de Louis XIII, qui y avait déjà la sienne. — On cherchait, par un mariage, à régler cette question des Pays-Bas.

7 novembre 1649. — Paix des Pyrénées : Elle cède à la France l'Artois, et une longue lisière, marquée par Gravelines, Bourbourg, Saint-Venant, Landrecies , le Quesnois , Avesnes, Marîenbourg, Philippeville, Thionville, Montmédi, Dampvillers.

17 septembre. — Mort de Philippe IV.

1665. — Interprétation par Louis XIV du

Droit de dévolution; appuyé par deux armées.

2 mai 1668. — Paix d'Aix-la-Chapelle. — Nouvelle lisière : Lille, Courtraî, Tournay, Alh, Binche, Charleroi, Furnes, Bergues, Armentières, allant de la Manche vers le Rhin.

1672. — Attaque contre les Provinces-Unies.

12 juin. — 'Passage du Rhin.

1675. — La guerre s'engage alors directement avec l'Espagne et l'empire, qui reviennent appuyer la Hollande. — Conquête de la Franche-Comté.

10 août 1678. — Paix de Nimègue ; la Franche-Comté obtenue; plus une deuxième lisière à ajouter, de la Manche dans la direction du Rhin, qui rectifie la dernière : Cassel, Ypres, Werwick, Menin, Valenciennes, Condé, Bouchain, Cambrai, Saint-Omer, Maubeuge,

Chambre de réunion pour réclamer le pays d'Alost, tout le Luxembourg, la province de Namur en partie, des terres dans le Brabant.

1681. — Trêve de vingt ans, signée à La Haye, qui assure à la France > Luxembourg,

NOTES BT FRAGMENTS. 183

Beaumont et Chîmay. — Prise de Strasbourg.

Enfin , la prise de Strasbourg émeut TAllemagne. Ligue d'Augsbourg. 1686, dans laquelle entrent l'Empereur, les rois d'Espagne et dé Suède, les électeurs de Saxe et de Ba« vière, les cercles de Souabe et de Franconie, les électeurs Palatin et de Brandebourg, le duc de Savoie, et avant tous, Guillaume d'Orange qui, en 1688, devient roi d'Angleterre.

1689. — Au commencement de cette année, la guerre. Incendie atroce du Palatinat.

20 septembre 1697. — Paix de Ryswrick. — Elle valut quelques lambeaux de terre, de plus que celle de Nimègue : à cela près, Louis XIV restitua tout.

Politique insolente, vaniteuse, mal motivée, sans principe, sans prétexte qu'une avidité de conquérant qui ne se connaît même pas.

1698-1700. — Traité de partage entre l'Angleterre, la France et la Hollande, pour le partage de la monarchie espagnole.

Cet acte de haute iniquité montre Tabsence de principes qui régnait alors dans les cours, tout comme sous François P'etCharles-Quint. Il justifie ou excuse en partie ce qui arriva peu après, quand Louis XIV accepta (4 décembre 1700) le testament de Charles IL En effet, si les trois puissances avaient pu partager un royaume devenu vacant, à plus forte raison, Louis XIV, pouvait-il, en vertu d'un testament, en maintenir pour son fils l'héritage. Il ne prenait plus rien pour lui-même, pouvait-il dire. L'Espagne conservait sa nationalité. Soit, mais il aspirait toujours à la réunion de la Belgique, comme le prouva la guerre qui éclata bientôt.

Toutes les traditions sont perdues ; toutes les têtes troublées. Les Francs qui , sous la première et la deuxième race, découpaient d'une façon si étrange pour nous l'héritage de Clovis et de Charlemagne, savaient parfaitement ce qu'ils faisaient; ils obéissaient à un principe, à la fois politique, national et stratégique ; la tradition ne commença à se

brouiller qu'à la fin du moyen âge, à Térection du nouveau duché de Bourgogne, qui refaisait, sans que personne s'en doutât, la Lotharingie.

Aujourd'hui, à part le prince d'Orange, personne ne sait ce qu'il fait.

Le traité de Westphalie, mu par de nouveaux principes, ouvre une porte sur le Rhin à la France, en lui cédant la souveraineté de l'Alsace; il laisse Strasbourg; puis on rêve de partage.

Actuellement que vont dire les Belges, qui naturellement doivent prendre la parole?

Les Belges, comme par un reste d*esprit féodal^ sentent que, pour la partie à gauche de l'Escaut, ils relèvent du roi de France; pour le pays wallon^ ils sont Français, ou du moins de langue française ; pour le Luxembourg et TArdenne, de même. Ils tendent en conséquence à se rallier à la France. A ce moment le peuple et la noblesse sont portés pour le grand roi, dont la puissance et le voisinage leur paraissent mieux faits pour les protéger

que Fempereur, qui est trop loin. Ce sont des raisons.

Le lien féodal d'un côté, la langue et probablement le sang de l'autre.

Oui; mais la Flandre est germanique d'origine, et puis la féodalité n'existe plus ; d'autre part, la partie à droite de l'Escaut, tout le Brabant, ne relève pas du roi de France et maintient son indépendance; le pays walloq et le Luxembourg font partie de lancieD royaume de Lothaire, créé tout exprès contre la France.

La malheureuse Belgique est lapluséti^nge des nations; non seulement de race et de langue, mais de traditions. C'est un composé de tronçons, de fragments, d'éléments disparates.

Ajoutez que peuple et noblesse se trompent lourdement dans leur espérance, ils ne demandent qu'un protectorat : et ils oublient que la France est le royaume unitaire, absorbant, destructeur de tout caractère, de toute franchise nationale. Sans doute les Belges

eussent, bien voulu n'appartenir à personne; mais les puissances disposaient d'eux et sans

eux!...

Une solution assez naturelle, ce semble, s'il y avait des solutions naturelles, eût été que la Flandre tout entière fût ralliée à la Hollande; le pays v^allon et le Luxembourg à la France. De sorte que, prenant la nationalité pour frontière, non la mer ni le fleuve, la France eût fait une pointe vers le Rhin, partant de Lille, et passant à peu près par Tournay, Ath, Waterloo, Liège, jusque près de Maestricht; tandis que la Hollande se serait étendue le long de la mer.

Mais un État ne se laisse pas emprisonner. La partie française eût été dans un gouffre. Cela ne se pouvait plus. Il fallait, ou que la Flandre fût française avec les provinces. wallonnes, ou que les provinces wallonncsdevinssent hollandaises avec les Flandres; ou que toutes ensemble fissent un Ëtat indépendant, provisoirement sous la protection d'un grand Ëtat. Et comme on ne se fiait pas à la France,

conlîguê, ce fut TAutriche, de noi^veau, qui succéda à TEspagne.

1701-1715. — Guerre de la succession d'Espagne. Elle fut horrible pour la France ; pleine de désastres , de défaites, d'humiliation . Cependant, telle est la nécessité des choses que la France, malheureuse par sa fausse politique, ne perdit pas grand chose à la paix qui suivit. Paix de Rastadt, 6 mars 1714. — Douze ans de guerre, une suite de campagnes, comme celles de 1812, 1815 et 1814, en Espagne, Russie, Saxe et France.

L'empire garde les Pays-Bas espagnols, le Milanais , là Toscane , la Sardaigne et le royaume de Naples.

Donc guerre à peu près nulle, sans résultat. L'Europe soulevée pour la possession d'une province.

1713, 11 avril. — Traité d'Utrecht, stipule, par l'art. 7, que les Pays-Bas catholiques serviront de barrière et de sûreté aux Provinces- Unies contre la France.

Réglementation de ce traité qui assujettit

de fait Ie$ Belges aux Hollandais. Division de plus en plus profonde entre les deux pays.

1725. — Gouvernement de Marie-Élisabeth, rnorte le 27 août 1761.

1740. — Mort de l'empereur Charles IV.

Marie-Thérèse.

Guerre de la succession d'Autriche. L'Autriche est mal formée , excessive , tout le monde prend les armes contre elle.

1744/17 mai. — Les Français entrent en Belgique ; continuation de la guerre de succession. Guerre générale.

La Prusse pas formée ;

La France n'y gagnera que d'amoindrir l'Autriche.

1748, 13 octobre. — Paix d'Aix-la-Chapelle. La Pragmatique sanction reconnue. Les provinces belges à l'Autriche ; la Silésie à la Prusse; les États d'Italie moins directement subordonnés à l'Autriche. La suprématie de la mer aux Anglais.

La France rien.

«0 NOTES BT FRAGMEOTS.

1780, 29 novembre. — Mort de Marie Thérèse. Joseph II.

Ainsi la guerre faite par Louis XIV, de 89 à 97, pour appuyer sa prétention ridicule, aboutit à néant.

La guerre soutenue pour la succession d'Espagne, 1701-1715, néant.

La guerre pour la succession de Cologne^ 1753-1735, néant.

La guerre pour la succession d'Autriche., 1741-1748, néant.

La guerre de Sept ans, 1756-1763, néant, moins que néant.

Guerres de Napoléon, de 1805 à 1814, néant, néant, néant.

Voilà la politique intelligente des empereurs et des rois !

En 1785, l'empereur, souverain des Pays- Bas, entreprend de faire ouvrir l'Escaut. Les Hollandais s'y opposent; la France les appuie. Le résultat fut que, moyennant 100 tonneaux d'or payés à l'empereur, l'Escaut resta fermé; et le« Hollandais conservèrent leur monopole.

NOTES ET FRAGXENTS. 191

Ainsi voilà un souverain qui trafique de la fortune de ses sujets, qu'il livre à leur concurrents étrangers, voilà un roi qui, s'il tenait à reconquérir la Belgique , devrait la protéger, et qui la foule; voilà des Hollandais qui empêchent d'anciens conationaux de trafiquer sur mer.

Concurrence de Y Escaut et du Rhin.

1780-1790.— Réforme ridiculede Joseph II.

Troubles. — Révolution en Belgique. — La Belgique libre.

Le parti conservateur ne l'entend pas ainsi.

20 février 1790. ^ Mort de Joseph IL

Décembre 1790. — Tout le pays rentré sous l'obéissance.

L'esprit belge ne va pas si vite.

Les mômes raisons politiques, qui en 1850 firent la séparation, existaient en 1789.

Cependant on ne voulut pas de la liberté; et parce qu'on n'en voulut pas, on tomba sous la puissance française!...

92-93. — Exactions et pillages des commissaires de la République, qui ont oublié la

m NOTES- ET FRAGMENTS.

ligne du Rhin, et traitent la Belgique en pays conquis : soulèvement du Luxembourg; retour offensif de Clairfayt ; défaite des Français à Aldenhoven et Nerwinden. Évacuation de la Belgique.

5 avril. — La guerre est déclarée à la Convention. 66,000 Anglais, 54,000 Hollandais.

Prise de Condé et de Valenciennes au nom de l'empereur.

Le duc d'York veut faire le siège de Dunkerque. La cupidité des alliés fait échouer leur plan.

1794, 50 avril. — Prise de Landrecîes. Le plan de la Marck manque, parce que les Flamands ne veulent pas permettre qu'on inonde leur pays; distraction de 50,000 Prussiens...

Prise de Ménin, Courtrai, parPichegru.

22 juin. — Défaite de Turcoing.

26 idem. — Bataille de Fleurus. •

17 août 1795. — Liberté de l'Escaut. — 19 janvier, prise d'Amsterdam. — Traité de paix entre la France et fa Hollande; la France garde la Flandre hollandaise.

La Hollande, de^nant notre alliée, est attaquée par l'Angleterre, qui lui prend ses colonies de Ceylan, Bonne-Espérance et Malacca.

La France partout le long du Rhin .

i^^ octobre. — Réunion à la France : neuf départements : La Lys, l'Escaut, Jemmapes, Dyle, DeuX'Nèthes, Sambre-et-Meuse , Forêts, Otirthe, Meuse-Inférieure.

1799. — Soulèvement du Luxembourg,

Les Belges résistent à la conscription.

1802. — Bonaparte plaît aux Belges par le concordat.

1806. — Le système continental leur est favorable.

1814-1815. — La Belgique sans initiative.

Le roi Louis -Napoléon, plus hollandais que français.

1796. — Montbéliârd cédé par le duc de Wurtemberg.

1797. .— Par le traité de Campo-Formio, l'empereur reconnaît la ligne du Rhin, et livre Mayence.

1798. — Révolution démocratique en Hol-

tn NOTES BT PRAGMWTS.

lande; réaction en sens modéré. La Hollande constituée comme république.

— Réunion de Mulhouse à la France.

— Deuxième coalition.

1799. — La guerre devient générale.

Défaite de Jourdan, de Schérer, de Moreau, de Joubert, de Macdonald.

17 août. — Débarquement des Anglais et des Russes, au Helder. Brune les bat. — La flotte hollandaise prise par les Anglais

1801. — Nouvelle constitution de la République batave.

1805. — Constitution plus monarchique de la Hollande.

— Le pensionnaire Schimmel-Penninck, troisième coalition.

1806, 5 juin. — Louis Bonaparte, roi de Hollande, quatrième coalition.

1809. — Cinquième coalition.

1810. — Réunion à l'empire du Brabant hollandais et de la Zélande : deux départe* ments de plus :

BoucheS'dU'Rhin et Bouches-de-l* Escaut. La

frontière française du Rhin est alors complète.

3 juillet. — Louis Bonaparte, forcé d'observer le blocus continental, d'acquiescer au démembrement de son Ëtat, roi dépendant , abdique.

Réunion de la Hollande à la France, ce qui ajoute six départements : liouches-de-la-Meuse, Zuyderzée, Yssel- Supérieur, Bouches-de-l'Yssel, Frise, Ems-Occidental, En tout,dix-septdépartements pour la totalité des Pay3-Bas.

Réunion des territoires maritimes : Ems- Supérieur^ Ems-Orientaly Bouches-de-Weser, Bouclies-de-FElbe, la Lippe : 5 + 17 = 22.

Napoléon fait en sens contraire ce que les

races germaniques avaient fait en Belgique.

Ajoutez le long du Rhin, la Boër, Blnn-et-

Moselle^ Sarre^ Mont-Tonnerre : 4 + 22 = 26.

Vingt six départements au Nord.

Du côté des Alpes et de l'Italie : Léman, Simplon, Mont-Blanc, Doire, Césia, Pô, Marengo, Stura, Alpes-Maritimes, Montenotte, Gènes, Taro, Apennin^ Arno, Lucques, Médi-

terranée, Ombrone, Thrasymène, Tibre :

1811. — Réunion du duché d'Oldenbourg : terme extrême des agrandissements.

Il existe un projet de réunion de la Catalogne, il n'eut pas d'exécution.

Tout cela croule en rien de temps.

1812. — Sixième coalition. On peut compter l'entente de la Russie, de la Suède et de l'Angleterre. Vullimatum de la Russie est que les Français se retirent derrière le Rhin. Si le Rhin ne se soulève pas, le Wolga se révoltera.

1815. — La coalition se complète et grandit chaque jour : la Prusse, l'Autriche, septième coalition.

1815. — Au commencement de la campagne, sur 95,000 hommes, 25,000 Hollando- Belges.

1814-1815. — Les traités stipulent expressément : le Luxembourg, partie de la Confédération du Rhin.

1850. — Révolution belge. Les puissances qui y ont adhéré ont considéré sans douteque,

attende la profonde scission qui existait au sein du royaume des Pays-Bas, il y avait plus de sûreté pour l'Europe à rendre la Belgique ind'épendante, qti'à l'exposer à la tentation perpétuelle de se jeter aux bras de la France.

1831, février. — Louis Philippe refuse le royaume de Belgique pour son fils Nemours. Il fait comme Garloman et Charles VIII; non Louis XIV. Léopold roi.

1852, 8 août. — Mariage de Léopold avec la princesse Louise.

— 25 décembre. — Prise d'Anvers, défendu par Chassé. La Hollande ne cédera pas encore.

1855, 5 juin. — Préliminaire de paix entre la Belgique et la Hollande.

.— Gn dispute toujours sur le Luxembourg.

1859. — Solution définitive de la question hollando-belge^ sous la garantie de la France, de l'Angleterre, de l'Autriche, de la Prusse, de la Bussîe et de la Confédération germanique.

1841. — Projet d'association douanière

198 NOTES BT FRAGMENTS.

entravé par l'Angleterre. Conspiration orangiste.

En 1848, pas un mouvenHînt. L'année précédente, 1847, le parti libéral avait obtenu un succès.

L'influence du clergé agit fortement sur les puissances, pour la cause belge.

Le roi de Hollande avait eu des torts.

La France appuyait énergiquement^ l'Angleterre, par d'autres motifs, aussi.

Question qui n'est pas définitivement jugée.

En 1850, personne ne pense au Rhin : la question est partout intérieure et constitutionnelle ; on ne s'occupe que des libertés politiques et des institutions parlementaires. Le parti bonapartiste seul, corrompant dès lors la République, essaie d'égarer les esprits par le mirage des gloires et conquêtes du premier empire.

Mais l'opposition est unanime dans la bourgeoisie; et sur le peuple, la conspiration ne prend guère.

En 1848. — On ne s'occupe pas davantage du Rhin. •

Un reste d'habitude fait crier vive la Pologne; les Anglais en font autant. Ce cri devient, au 15 mai, le prétexte d'une tentative désespérée, que fait échouer la division profonde des meneurs républicains. La question est

toute économique : le bourgeois et louvrier ne songent à autre chose. Puis il y a les travaux publics, les chemins de fer, etc.

Actuellement, la situation n'a pas changé. On ne parle plus du Rhin que dans les salons de TEmpire. : la nation est à ses afiTaires ; la

République, par esprit d'opposition, et qui a

eu le temps de se reconnaître, est opposée aux

conquêtes; le peuple, la démocratie fait cause

commune avec les démocrates de tous les pays.

Que craindraient donc aujourd'hui les puissances? Une dynastie sera toujours plus ou moins disposée à entretenir une maison militaire; la République ne veut plus d'armées.

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