CONCLUSION
J'ai dit sans crainte à mon pays ce que je me propose et ce que je pense. Je crois qu'il a des raisons de m'être favorable, À toutes celles que je lui ai données y je n*en ajouterai plus qu'une. Une des bases de la société moderne est la division illimitée des fHtopriétés par le partage égal entre les enfants, et^'à'diBi68ion;dQ.tous les citoyens aux fonctions soeiale&It)aflritvme>d^{ concurrence; ces deux principes iteisaip^aieiiiliââQhiif^Betisijqpieila société moderne fût attaquée dans son essence. Or, tout jiustes et nécessaiéesrqBf^ib séieBt^iiisrpirtieliBs jfljcKuivÊnients, parce (piéi mik mïm il^ 4ÉTré n'it^Uei^m^tl ^'uMj icertaine in- &c^ità{>xiubjds&àe/gètBiB derladonHiaslàl^ ètla vie. fieflardijriaMn()(|ealpropniétéftfffâ3uIter^n9v^& Wi aceveissQÉBMBlindb tei i^opuiAU^niy^^âa&fatAée^idiîiktde/l^ f(»<Rfièi>dfiaj{àmilleaw)iRr£i8qMfo p«^ oaiasaivlijep
France n'a une existence assurée par ce seul fait ; et, d'un autre côté, l'État n'est pas assez riche pour accorder à toutes les ambitions qu'engendrent le besoin et la libre concurrence une part honorable de la fortune publique. Il est impossible que cet état de choses n'amène de grandes souffrances morales. Rien n'est beau comme le testament d'Alexandre : Au plus digne; mais rien n'est triste comme le partage réel de sa succession entre ses capitaines. Nous assistons à un spectacle pareil. Il suffît d'avoir vécu parmi la jeunesse pour savoir les angoisses qui assiègent ces cœurs à qui tout est ouvert, et dont beaucoup pourtant n'entreront pas. La paix générale, destinée à être un jour plus solide qu'elle ne l'est aujourd'hui, augmente encore ces causes de malaise. Pourquoi, lorsqu'il en est ainsi, fermeraiton à la jeunesse l'issue de la vie commune? Nous avons des fortunes trop petites, unissons -les. Nous souffrons de la lutte sociale, sortons-en. Personne jusqu'ici n'a paru s'opposer aux associations de simple travail : pourquoi s'opposerait -on à des associations où la religion serait unie au travail ? Serait-ce donc que les choses les plus naturelles deviennent illégitimes dès que le christianisme y entre comme élément?
On ferait de vains efforts pour se le dissimuler: les associations religieuses , agricoles, industrielles, sont les seules ressources de l'avenir contre la perpétuité des révolutions. Jamais le genre humain ne reculera vers le passé; jamais il ne demandera secours aux vieilles constitutions aristocratiques^
quelle que soit la pesanteur de ses maux; mais il cherchera dans les associations volontaires , fondées sur le travail et la religion , le remède à la plaie de Vindividualisme. J'en appelle aux tendances qui se manifestent déjà de toutes parts. Si le gouvernement laisse à ces tendances généreuses, tout en les surveillant, Tessor^qu'elles sollicitent, il préviendra de grandes catastrophes. La nature humaine a cela d*admirable, qu'elle porte en elle-même le remède avec la maladie. Laissons-la faire un peu , et ne repoussons pas cette parole de TÉcriture : Dieu a créé guérissables les nations de la terre.
Je crois donc faire acte de bon citoyen, autant qu'acte de bon catholique, en rétablissant en France les Frères Prêcheurs. Si mon pays le souffre, il ne sera pas dix années peut-être avant d'avoir à s'en louer. S'il ne le veut pas , nous irons nous établir à ses frontières, sur quelque terre plus avancée vers le pôle de l'avenir, et nous y attendrons patiemment le jour de Dieu et de la France. L'important est qu'il y ait des Frères Prêcheurs français , qu'un peu de ce sang généreux coule sous le vieil habit de Saint- Dominique. Quant au sol,ilftura son tour; caria France arrivera tôt ou tard au rendez -vous prédestiné où la Providence l'attend. Ce qu'a prédit M. de Maistre s'accomplira : La France sera chrétienne, l'Angleterre catholique, et l'Europe chantera la messe à Sainte-Sophie. J'y crois, et je ne suis pas pressé.
Quel que soit le traitement que me réserve ma patrie, je ne m'en plaindrai donc pas. J'espérerai
en elle jusqu'à mon dernier soupir. Je comprends même ses injustices, je respecte même ses erreurs, non comme le courtisan qui adore son maître , mais comme l'ami qui sait par quels nœuds le mal s'enchaîne au bien dans le plus profond du cœur de son ami. Ces sentiments sont trop anciens en moi pour y périr jamais, et dussé-je n'en pas recueillir le fruit, ils seront jusqu'à la Qn mes hôtes et njes consolateurs.