‹ Mélanges, par le général Cte de SégurChapitre 53 sur 133 · L'INDULGENCE · texte numérisé non relu

L'INDULGENCE

Air : Mon père était pot.

C'est l'objet dont on a besoin Que l'on vante sans cesse :

Le poêle chante de loin La Gloire, la Richesse; J'entends les Français Vanter tous la Paix , Les Vertus, la Constance; Moi de même , ici , Par besoin aussi f Je chante l'Indulgence!

Son meilleur éloge, je crois, Serait de vous la peindre;

Mais sur son portrait, quelquefois!

Se tromper est a craindre;

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Car ne voit-on pas

La faiblesse , hélas !

En prendre l'apparence,

Et l'aveuglement

Se donner souvent Le nom de l'Indulgence?

La cherchant au spectacle un soir,

J'entre; et, fendant la presse, Dans un homme je crois la voir, Lui seul louait la pièce..* Ce bon spectateur En était l'auteur!

Trompé par l'apparence, J'admirais, morbleu!

L'amour-propre au lieu De l'aimable Indulgence 1

La jeunesse lui doit, dit-on,

Plus d'une jouissance; Les amis, leur douce union; Et l'amour, la constance.

Mais la vanité Bientôt a gâté Son heureuse influence, Quand on croit surtout

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Que Ion se doit tout , Et rien à l'Indulgence!

Doux sentiment, rayon divin,

Présent de la nature, Sur le tableau du genre humain Répands ta clarté pure !

Tu sais l'éclairer, Tu sais nous montrer, Près de ses couleurs sombres, Ses côtés riants Et ses points brillants, En glissant sur les ombres!

Je voudrais la voir dans les yeux

Des lecteurs et des belles; Je la cherche dans l'homme heureux, Chez les amants fidèles; Inutile soin î Sans chercher si loin , J'ai trouvé son modèle :

Elle est dans ces lieux , Car elle est chez ceux Qui n ont pas besoin d'EUeî

POÉSIES LBGÉTRBS.

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