LA LUTTE
Lui à Elle.
Air:
Lise, cent fois, est tour à tour
Ou sensible ou légère; Cent fois elle échappe, en un jour,
A l'espoir de lui plaire !
Elle provoque un tendre aveu
Pour s'y montrer rebelle ; L'Amour, qui pour nous est un Dieu ,
N'est qu'un enfant pour elle!
Ah ! Lise, -se fait-on un jeu Du feu qu'Amour allume?
POÉSIES LÉGÈRES
Ne jouez pas avec ce feu :
Son atteinte consume!
Mais vous ignorez le tourment
Que sa flamme recèle. ......
Le feu prond-il au diamant
D'où jaillit rétincelle ?
Elle à Lui.
Air :
C'est de mon cœur dire , avec art ,
Qu'il est fait de roche, Et que vous , moderne Bayard ,
En craignez l'approche !
Votre ancêtre eût-il de ce cœur
Craint d'être si proche?
Le sien , de lui-même vainqueur, Se mon Ira il partout sans frayeur :
Comme lui , pour être sans peur
Soyez sans reproche!
Lui à Elle.
Air : J'ai vu Lise hier au soir.
Mais oui, j'en conviens , j'ai peur A\ec l'air modeste,
POÉSIES LÉGÈRES
Lise vous traverse un cœur
Mais d'un pas si leste , Sans s arrêter un instant, Sans s'y fixer un moment, Sans regarder seulement
Si l'amour y reste !
Au printemps l'azur des cieux Promet l'abondance ;
Le même azur dans ses yeux Permet l'espérance.
Que leur regard est touchant!
Que leur regard est parlai il !
Mais il en dit, trop souvent, Plus qu'elle n'en pense!
Lui à Elle.
Même air.
Hé quoi! pas même un refus!
Pourquoi ce silence?
Entre nos cœurs n'est-il plus
De correspondance?
Ce lien était si doux!
Le rompre , ah ! c'est , près de
UO POÉSIES LÉGÈRES
Renouvelée entre non* Le mal de l'absence !
Air: Vous.n'ordonnez de la lmùUr.
Eh bien oui , de*' votre pouvoir
Je subis la puissance!
Vous séduisez comme l'espoir
Dont votre cœur s'offense...»
Pardonnez si j'ai résisté;
Je me soumets ,,j(' implore :
Mais rendez- moi ma liberté
S'il en est temps encore !