‹ Mélanges, par le général Cte de SégurChapitre 64 sur 133 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

A THélicon si quelque jour Apollon nie permet d'atteindre!

CÉCILE

C'est donc bien beau cet Hélicon ?

BOGER.

C'est le but où tend mon courage!

CÉCILE

Est-ce bien loin de Montluçon?

Ali ! je veux être du voyage.

ROGER

(Même air.)

Non, Ton n'y va jamais à deux.

CÉCILE

Comment 1 pas même avec sa femme'.

ROGER

C'est un voyage sérieux :

Vous m'en distrairiez trop, Madame!

D'Apollon le double sommet N'est point le seul; et je me doute Qu'un autre existe, dont l'attrait Pourrait bien i n'égarer en route!

CÉCILE

Air :

Fi! monsieur.

( Elle veut sortir.)

ROGER, »a retenant.

Pardonne, Cécile!

CECIIE.

Le bon goût ! le charmant propos !

Que l'étude vous est utile!

Le bel effet de vos travaux !

Si de vos auteurs, qu'on encense,

Os jolis compliments sont pris ,

Vantez leur arbre de science ,

11 porte vraiment de beaux fruits!

ROGER

(Même air.)

Admirer toujours sans le dire , Est moins facile que tu crois.

CÉCILE

C'est moi, monsieur, qui vous admire!

Que d'esprit ! mais , je le conçois, •le sais, quoique Ton s'en défende, Que moins on aime, mieux on dit; Un cœur bien plein, je* le demande

Laisse-t-il place à tant d'esprit?

ROGER

Mais vraiment , c'est comme un caprice ! Sur l'esprit quelle est ton erreur?

Ne faut-il pas qu'il se nourrisse?

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