‹ Mélanges, par le général Cte de SégurChapitre 68 sur 133 · SCÈNE III. 3.^ CECILE · texte numérisé non relu

SCÈNE III. 3.^ CECILE

(a pan.) Allons ! voilà sa folie qui lui reprend !.. (am. Bourru».) Mais , Monsieur, puisqu'il est votre ennemi, pourquoi donc l'attirer chez vous? S'il était venu vous demander asile , passe encore ; niais aller le chercher vous-même!

BOL' RSAULT.

Que voulez-vous, nies amis, il était malheureux.

CÉCILE

Eh bien, il n'avait que ce qu'il méritait !

BOURSAULT

Comment, Cécile?...

CÉCILE

Sans doute : on dit qu'il fait des satires, même contre vous! S'il dit des méchancetés, c'est qu'il est méchant d'abord : chaque arbre porte son fruit !

ROGER

Mais puisqu'on te dit que c'est un grand homme de lettres, et qu'il est malheureux.

BOURSAULT

Oui, malade, sans argent, sans amis, loin, bien loin de chez lui!... Mais il m'attend!... La

chambre est bien... Voyons les portraits... Ah! ôtez d'abord celui de Chapelain; il ne l'aime pas.

ROGER

Cependant

BOURSAULT

Et ce Quinault, bon Dieu!

Voilà un Monsieur bien difficile!

BOURSAULT

Il ne faut pas disputer des goûts... Y a-t-il encore quelque chose ici qui puisse lui déplaire?... Eh parbleu ! mes œuvres. Vite ôtons-les d'ici !

ROGER

Comment, Monsieur! vos œuvres? 11 n'aimerait pas vos œuvres : Ésope a la Ville! Ésope à la Cour! Le Mercure galant! Il est donc plus difficile à contenter que toute la France?

BOURSAULT

Il en a le droit. Il aura sans doute vu des défauts dont elle ne s'était pas aperçue. Tout le monde n'a point les yeux de Boileau.

ROGER

Monsieur, on ne me persuadera jamais que cet homme-là ait du goût !

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