SCÈNE V. 375 ANTOINE
Ah! j'pcux dire quVa m'a donné diablement d'ouvrage!
ROGER
Comment donc?
ANTOINE
Oui , quand y faisait ses cadences, y n'regardait pins à ses pieds d abord; et j'avais beau ratisser les allées, y passait dans mes carottes, il écrasait mes salades! Et moi, qui n'étais pas toujours là pour l 'remettre dans Thon chemin, quand j'arrivais après, j'croyaisqu'c' était qneuque bête qui s'était lâchée! Mais mordi! j'vis ben, à la fin, qn c'était pas une bête qu'avait fait l'dégat !
CÉCILE
Mais n'a-t-il pas la réputation d'être un peu... ?
ANTOINE
Ponrc'qui est d'ça, c'est vrai! 11 est mauvaise langue un tantinet , mais l'cœur paye pour elle !
ROGER
Il a fait des satires?
ANTOINE
Quoi! vous n'ies connaissez pas? (uurefe toium«id« ia *aiisr.) T'nez, mon ami, je vous prête le livre. Pre-
W« ROILEAU ET HOURSAULT.
nez bien garde! Y a la peinture d'sa figure au commencement, et monsieur Racine dit : qu'y a celle d'son esprit à toutes les pages du livre.
CECILE
Allons, encore un livre!
ROGER
Monsieur, je ne voudrais pas.... je n'oserais pas —
ANTOINE, *e rengorgeant.
Prenez! prenez! Y n's'en apercevra pas, ni vot' maître, ni moi non plus; quand on est avec monsieur Boileau, on n'a pas besoin de livres!
ROGER, l'acceptant et l'emportant précipitamment.
Merci ! oh merci ! Je vais le lireà l'instant même !