‹ Mélanges Paul Fabre; études d'histoire du moyen âgeChapitre 279 sur 312 · HOUTEAO MANUSCRIT DB LA BIBLIOTHÈQUE DE PÉTRARQUE · texte numérisé non relu

HOUTEAO MANUSCRIT DB LA BIBLIOTHÈQUE DE PÉTRARQUE

Le manuscrit est di^ne d'attention à un autre point de vue. Non seulement, il est d'une ornementation soignée et presque riche qui permet de l'adjoindre à la série qu'on a fait connattre

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des mss. à miniatures de la bibliothèque de Pétrarque ' , mais encore il nous apporte, dans la première de ses lettres ornées, un curieux portrait du poète.

Notre bibliophile pouvait avoir la pensée de faire peindre en cet endroit son propre portrait. On figurait assez souvent l'au-

1. Voir Qotre élude, accompagnée de planches, publiée daos la Gaselte ^rchéologiqae de 1889, et celle de M. Eugène MQntx, sur la grande miai^tnre du Virgile de Milan, parue dans le mi'nie recueil en \.%iC,.

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leur au frontispice de ses livres; mais là où nous trouvons d^ordinaire un Cicéron de fantaisie ou un Aristote en bonnet de docteur, notre ms. nous met en présence d une image singulièrement précise et vivante ^

Un cape d'un brun rougeâtre, doublée de vert, encadre le visage d'un vieillard qui se présente de trois quarts. Deux longues rides sillonnent le front tout entier ; Tœil se bride ; la bouche reste fine au-dessus du large menton rasé. On doit noter encore la longueur du nez et la douceur des prunelles bleues. Ceux des traits qu'il est possible de comparer au proQl du ms. du De Viris^ sont en parfaite concordance.

Ce profil, publié par nous en 1890, a promptement fait disparaître de l'usage tous les portraits plus ou moins authentiques qu'on avait l'habitude de reproduire 3. Il se trouve aujourd'hui en tête des éditions les plus autorisées du Canzoniere. Il n'avait pas été difficile de démontrer que ce noble profil pouvait être considéré comme l'image la plus certaine du poète. N'était-il pas en tête d'un ms. de son De Viris illustribus, offert, peu d'années après sa mort, à son dernier protecteur, François de Carrare, par Lombarde délia Seta, le plus fidèle et le plus dévoué de ses disciples ? Il y avait dans cette double provenance une garantie qui devait assurer à ce dessin, d'ailleurs non dépourvu de valeur d'art, le respect qu'il a obtenu.

1. J^avais gardé le souvenir, par mes notes dltalie, d^un portrait absolument semblable au nôtre dans Tinitiale ornée d'un manuscrit de Venise contenant des œuvres de Pétrarque, Marc. Lai, CL V/, n. 86, M. Salomon Morpurgo a bien voulu vérifier obligeamment, d'après une photographie, ridentité des deux images. La seule différence serait que les yeux s'allongent et regardent un peu môinsén'am'ande et moins à gauche ; la cape, dans la miniature de Venise, est d*un rouge assez vif.

2. Bibliothèque Nationale de Paris, Lai. 6069 F, feuillet de garde. Ce portrait a été exécuté pour François de Carrare, seigneur de Padoue, le dernier en date des protecteurs de Pétrarque.

3. La première publication a été faite par la Gazelle des Beaux-ArU^ 1890, t. I, p. 65 ; le même recueil vient de donner le nouveau portrait dont il est ici question, 1901, t. I, p. 293. Un proûl de Pétrarque, peint dans le Val, /a/. 3198 et dont Textrême intérêt a été mis en lumière par un mémoire du R. P. Cozza-Luzi (Archivio Slorico delVarle, 1895, p. 238-242), offre de grandes analogies avec le portrait du De virU, — Depuis que cette note est rédigée, le magnifique ouvrage dû à MM. le prince d'Essling et MQntz, Pétrarque, tes éludes d'art,,,, V illustration de ses écrits^ Paris, 1902, f reproduit ces trois portraits dans l'important chapitre consacré à riconographie du poète.

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