EMILE CHÂTELAIN
Homélies sur Ezéchiel^ en onciale de la même époque, se trouvent à la Bibliothèque de TUniversité de Turin *.
Je me propose d'attirer l'attention sur vingt-deux pages d*un manuscrit qui contenait les Homeliae in Ezechielem^ et dont récriture en grosse semi-onciale , analogue au Cassien d'Autun, peut remonter au vu® siècle, c est-à-dire à une date peu postérieure à la composition même de ces Homélies par saint Grégoire.
Dans son Inventaire des manuscrits de Saint-Germain-des- Prés (1868), M. Léopold Delisle a révélé que les feuillets de garde des manuscrits latins 12207, 12238 et 12243 contiennent des fragments de matière théologique en écriture semi-onciale. En examinant lesdits fragments pour une étude que j'ai entreprise sur ce genre d'écriture, j'ai reconnu que les feuillets placés au commencement et à la fin du premier manuscrit, comme ceux qui se trouvent à la fin des deux autres, proviennent d'un seul et même exemplaire de saint Grégoire dépecé à l'époque carolingienne pour protéger d'autres volumes. Le fait le plus curieux, c'est que les Bénédictins, qui ont employé pour leur grande édition de saint Grégoire (Paris, 1705) divers manuscrits de Saint- Germain-des-Prés, ne semblent pas avoir connu l'existence de nos fragments -. Du reste, ce n'est guère que de nos jours qu'on a pris soin de mentionner, dans les Catalogues de manuscrits, la présence des feuillets de garde, dont le contenu est souvent plus important que le corps même du manuscrit décrit 3. Ces frag-
{ . Ms. F. IV, I, fragment 10. On y compte vingt lignes à la page, qui mesure vingt-deux centimètres de haut, et vingt de large. Cf. Reifferscheid, /. c, II, p. 123.
2. Le plus ancien manuscrit qu'ils citent pour les Homélies sur Ézéchiel est le German. 161 (le même cité plus tard sous le n^ 789, dans le Noue, traité de diplom., III, 101, 215, 245, 432, en écriture mérovingienne, provenant de Corbie), transféré aujourd'hui à Saint-Pétersbourg. Voyez cidessus. Les Bénédictins parlent encore de trois autres mss. de Saint- Germain (peut-être les n^* 12250-12252 de la Bibliothèque nationale).
3. C'est ainsi que M. L. Delisle retrouvait naguère dans le feuillet Gnal du ms. 13368 (olim S.-Germ. 635, puis 131), rapproché du fol. 1 de N. a. 1. 2199 et des fol. 32-33 du ms. 169 d'Orléans, un beau fragment en semionciale du vi* siècle de saint Augustin , Contra duas epûtolas Pelagiorum (Bulletin de la Soc, de VOrléanaiê, 1885, p. 313 sq.), dont on peut voir un fac-similé dans les Mémoire» de VAcad. des Inscr,^ XXXII, l'« p., reproduit partiellement dans Reusens, Éléments de paléographie (Louvain, 1899), pi. IV.