‹ Mélanges philosophiquesChapitre 21 sur 42 · D'APRES SON " PRÉCIS D'HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

D'APRES SON " PRÉCIS D'HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE

Sommaire. — Traits généraux de ce criticisme. — Vues de M, Penjon en logique. — Le principe d'identité. La philosophie et les sciences. Scepticisme. — Métaphysique et théodicée. — Psychologie, cosmologie, morale. ^Unmotdii Précis, — Conclusion.

Le criticisme a refleuri de nos jours en France et en Allemagne, mais il a pris diverses formes, souvent incompatibles entre elles et sous lesquelles l'auteur de la Critique de la raison pure ne reconnaîtrait pas toujours sa doctrine. Tous nos modernes criticistes cependant, empruntent de Kant ce qui le caractérise le plus, je veux dire sa méthode. Ce qu'ils ont de commun avec lui, c'est l'esprit de doute et de scepticisme métaphysique, c'est le parti pris de ramener l'objet au sujet et de prendre celui-ci pour mesure de la vérité. Nous résumerons ici une des formes de ce criticisme, celle que nous propose M. Penjon, professeur de philosophie, d'abord à la faculté de Douai, puis à la faculté de Lille. Il a traduit, dès 1876, \ts Principes gênévaux de psychologie physiologique^ de Lotze, a collaboré à \di Revue philosophique^ où il a fait connaître notamment la philosophie de Spir (i) ; on lui doit aussi divers travaux sur

(i) Une Nouvelle Forme du criticisme (1887, avril).

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Berkeley, Aristote, la métaphysique anglaise, etc Mais M. Penjon s'est fait connaître surtout comme traducteur de Spir et propagateur de sa philosophie (i). Il a donc professé ou à peu près les mêmes doctrines, comme on peut le voir en particulier dans son Introduction à Pensée et réalité de Spir, et dans son Précis d'histoire de la philosophie (2).

Voici d'abord les traits généraux de ce criticisme, que nous étudierons ensuite avec quelque détail. Il diffère notablement de celui de Kant et de celui de M. Renouvier. Kant regardait le noumène comme étant au delà des atteintes de la raison spéculative ; il n'accordait une valeur objective qu'aux normes de la volonté ou aux lois de la morale : M. Penjon, au contraire, croit que les normes de la pensée, aussi bien que celles de la volonté, ont une valeur objective, absolue. Pour Kant il n'y a certitude qu'autant qu'on peut appliquer les principes de la raison aux phénomènes : pour M. Penjon, au contraire, le monde sensible n'est qu'un monde d'apparences, il est illusoire ; le noumène seul est certain. Pour Kant il y a une foule de noumènes inaccessibles ; pour M. Penjon il n'y en a qu'un. De là une sorte de panthéisme, comme nous le verrons tout à rheure. En résumé l'idéalisme de Kant est plus subjectif; celui de M. Penjon, plus objectif.

Le criticisme de M. Penjon diffère aussi de celui de M. Renouvier, le mieux connu des néo-criticistes, M. Penjon repousse, en effet, les catégories de M. Renouvier, comme non moins arbitraires que celles de Kant ; il admet purement et simplement l'absolu, le noumène unique, tandis que M. Renouvier regarde Fidée d'absolu comme incohérente et n'espère connaître rien autre chose que des lois.

Venons maintenant aux vues particulières de M. Penjon sur les différentes parties de la philosophie, et aux remarques critiques qu'elles nous suggèrent.

Logique. — M. Penjon reconnaît le mérite des travaux incomparables d'Aristote sur la logique ; mais, chose sin-*

(1) Voir V Université catholique y ^loUx 1897. (%) In-i2, 39.6 pp. 1896. Paris, Delaplane.

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gulière, il ajoute que la théorie du raisonnement n'a été découverte que de nos jours : « Les Analytiques ont précisément pour objet, dit-il, d'analyser les formes du raisonnement dont on s'était servi si longtemps sans le savoir, pour ainsi dire. Ce sera la gloire la plus incontestable d'Aristote de les avoir le premier exposées, et il les a exposées avec une telle précision du premier coup, il a si bien observé et décrit le mécanisme de la pensée quand nous raisonnons, que les logiciens de tous les temps n auront plus désormais qu'à le répéter. Mais il ne faut pas oublier non plus que les Analytiques contiennent la description et non la théorie ou l'explication rationnelle du raisonnement. Cette théorie ne sera trouvée que de nos jours. » {Précis^ p. 87.) — Il paraît, au contraire, qu'Aristote a donné tout à la fois la description et la théorie du raisonnement; il l'a du même coup expliqué et justifié.

Quant à la valeur objective du raisonnement, elle est incontestable du moment qu'il s'appuie sur des principes absolus et des faits dûment constatés. Il est vrai que la logique n'est point par elle-même une science objective ; mais si on l'applique à des objets réels, elle les fait mieux connaître; elle déduit des idées et des principes objectifs toutes sortes de conclusions ayant la même objectivité. Il en est d'elle comme des mathématiques, auxquelles il suffit de quelques observations réelles pour déduire la distance et la masse du soleil et cent autres vérités astronomiques. La suite nous fera peut-être mieux entendre en quoi la logique de M. Penjon diffère de celle d'Aristote. Il accorde la plus grande importance au principe d'identité : Vêtre c'est rétre. Mais il paraît entendre ce principe au sens de l'affirmation de l'Absolu, disons même de Dieu. L'absolu serait donc la première idée et comme le soleil de notre esprit. Il parle ici comme les ontologistes (Rosmini, Gioberti, Lamennais, etc.), comme tous ceux qui confondent plus ou moins l'idée de l'être en général avec l'idée de Dieu. Cette idée de l'absolu ferait le fond de la preuve cartésienne de l'existence de Dieu, la seule preuve qui, selon M. Penjon, ait une réelle valeur (Introd,^ viii). Il fait remarquer, en

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outre, que le principe d'identité ainsi compris est en désaccord « avec la réalité empirique où rien ne se rencontre qui soit identique avec soi-même ». Et, en effet, le monde réel, celui du changement et du devenir perpétuel, s'oppose au monde intelligible, celui des idées et des essences.

Mais Tauteur soulève ici déjà tant de problèmes que nous devons le critiquer de plus près avant de passer outre. Remarquons d'abord que dans le principe d'identité : lêtre c'est l'être^ il s'agit de l'être en général, qui est, en effet, la première notion et comme le soleil de Tesprit, et non de l'être absolu ou de Dieu. L'être absolu et divin n'est connu qu'ensuite et par voie de raisonnement : nous avons d'abord ridée d'être, et par là même l'idée du néant, puis l'idée de limite, les idées de fini et d'infini, d'absolu, de Dieu, etc.

Remarquons ensuite que les scolastiques ont très bien vu la valeur du principe d'identité, tout en lui préférant le principe de contradiction qui s'y rattache immédiatement et qui seul peut donner une base au raisonnement ; mais ils ne l'ont pas dénaturé par des interprétations ontologistes en disant, par exemple, que l'idée de l'absolu suffit à démontrer l'existence de Dieu ou que l'affirmation du principe d'identité est l'affirmation même de l'existence de Dieu, Le principe d'identité bien compris n'est qu'un principe de logique ; il affirme l'identité de l'être avec lui- . même sans préjuger l'existence de cet être ni aucune de ses qualités. Dès lors il s'applique à tout, au monde sensible et au monde intelligible, au fini et à l'infini : chaque être est ce qu'il est. Car il est faux que l'être muable ou le devenir soit un néant, comme paraît le penser M. Penjon. D'ailleurs, même dans l'être qui devient, tout ne devient pas : il a quelque sssence, quelque nature immuable. Mais M. Penjon n'admet sous tous les phénomènes qu'un seul et même noumène, objet réservé selon lui à la philosophie,

La philosophie et les sciences. — D'après M. Penjon, en effet, les sciences n'ont pour objet que les phénomènes, le sensible, le relatif et le devenir, tandis que la philosophie seule a pour objet l'immuable. Il pense que jusqu'à la philosophie critique personne n'avait distingué nettement la phi-

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losophie d'avec les sciences. II avoue cependant qu'Aristote avait posé les bases d'une distinction {Précis^ pp. 84 et 88). Mais il est injuste en ajoutant qu'Aristote n'a pas distingué comme il le fallait « les points de vue différents où doivent se placer le savant et le philosophe » (p. 99.) Cependant, c'est en s*inspirant d'Aristote que les scolastiques distinguent très bien les divers degrés d'abstraction et les divers ordres de principes et d'objets formels qui leur correspondent : c'est sur cette considération qu'ils font reposer justement la classification des sciences et en particulier la distinction parfaite de la philosophie et des sciences. Or, il est faux que les sciences n'aient pour objet que le relatif, les phénomènes : la science est desuntpersaux, a répété l'école après Platon et Aristote; c'est-à-dire qu'elle consiste dans la connaissance des genres et des espèces d*êtres, de leurs natures, et que la description des faits n'est que sa préparation.

Scepticùme. — On conçoit qu'en ramenant ainsi les sciences à la connaissance des phénomènes et du relatif M. Penjon donne des gages au scepticisme. Après avoir paru adhérer à l'ontologisme et au dogmatisme de cette école, il revient au criticisme et partage les mêmes doutes. Il se montre sceptique en métaphysique sur les substances et les essences. D'après lui, « les questions d'origine manifestement nous dépassent » (p. 100). L'erreur de Plotîn, dit-il encore, « a été de croire, à la suite de Platon et comme tant d'autres, que l'on pouvait connaître l'absolu alors que l'on peut seulement le concevoir^ en un mot, de faire de la métaphysique. Mais cette erreur sera excusable jusqu'à la Critique de la raison pure » (p. 162). Et un peu plus loin : « On se débat, au moyen âge, dans toutes les contradictions que soulève nécessairement la métaphysique, c'est-à-dire la doctrine fondée sur l'illusion d'avoir une intuition de la substance et par elle une explication des phénomènes » (p. 182). — Nous maintenons que nous connaissons de quelque manière les substances et les essences abstraites des choses sensibles, sans lesquelles es accidents ne se conçoivent même pas : les accidents manifestent et expliquent les substances, avant d'être

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expliqués à leur tour. D'ailleurs, même les substances individuelles sensibles sont saisies parles sens avec les qualités sensibles dont elles sont inséparables réellement. Il est vrai que cette connaissance est très imparfaite. Mais nous saisissons beaucoup mieux la substance de notre âme, sous nos pensées et nos facultés, quoique nous restions, à beaucoup d'égards un mystère impénétrable pour nous-mêmes.

Métaphysique et ihéodicée. — Nous voyons déjà par ce qui précède que la métaphysique de M. Penjon est mutilée sinon détruite. Il n'a pas reconnu le mérite des catégories d'Aristote, auxquelles il n'accorde guère, semble-t-il, qu'une valeur grammaticale, alors qu'elles ont surtout une très grande portée en logique et en métaphysique (p. 86). Il est plus heureux quand il critique la table des catégories de M. Renouvier : elle est arbitraire comme d'ailleurs celle de Kant (p. 379). Il remarque avec raison que les attaques de M. Renouvier contre l'absolu ont dépassé le but. Mais nous ne saurions l'approuver dans sa défiance excessive pour les arguments théologiques. Il blâme trop facilement la recherche des causes finales. Il définit mal Tordre en disant qu'il est « l'enchaînement des causes efficientes et de leurs effets » (p. 21). L'ordre, au contraire, est la subordination des moyens à la fin ; c'est-à-dire, qu'il n'y a pas d'ordre sans une cause finale, sans une idée souveraine et directrice qui ordonne toutes les parties à un même but. Si la définition de M. Penjon était vraie, il y aurait de l'ordre, par exemple, dans la destruction d'un palais et des chefs-d'œuvre qu'il contient, par quelques obus chargés à la mélinite. D'ailleurs il cite lui-même (p. 20) les paroles de Socrate, dans le Phédon^ qui sont la meilleure réfutation.

Sa théodicée est donc nécessairement imparfaite en tant qu'il rejette la preuve de l'existence de Dieu par les causes finales. Mais elle pèche par d'autres endroits. Il n'admet en définitive que la preuve ontologique de l'existence de Dieu, signalée plus haut ; Le fond de cette preuve, dit-il, « à savoir la certitude de la valeur objective de notre concept de l'absolu exprimé par le principe d'identité, est inattaquable. Si l'on veut y réfléchir, on verra que c'est le fond

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même de la preuve cartésienne par excellence. De telle sorte que la démonstration de l'existence de Dieu et la parfaite détermination de sa nature sont la suite nécessaire de l'exercice mêmede notre pensée,abstractionfaite des preuves cosmologique et téléologique, qui sont, en effet, telles <^u'on les propose ordinairement, sans valeur » (p. 353). Et ailleurs, parlant de l'argument de saint Anselme, il écrit : « La forme de l'argument est donc vicieuse ; mais le fond en est excellent, car il n'est autre que celui de la preuve que Ton appelle proprement cartésienne » (p. 179). Il va même beaucoup plus loin, et s'exprime comme les ontologisies les plus hardis quand il écrit : « L'affirmation de Texistence de Dieu et le sentiment religieux sont les conditions nécessaires et de toute pensée logique et de toute action morale » (Introd. ix).

— Mais il est évident qu'en exagérant ainsi la facilité de la démonstration de l'existence de Dieu, en allant même jusqu'à dire que cette existence est évidente par elle-même, on compromet gravement cette vérité. On confond alors trop souvent Tidée de Dieu avec l'idée d'être en général : de là résulte alors le panthéisme. On l'a bien vu par l'exemple de Lamennais et de tant d'autres. Aussi M.Penjon lui-même paraît-il refuser à Dieu les attributs divins les plus essentiels, tels que la conscience, la personnalité et la providence. Il trouve belle « la conception péripatéticienne de la cause finale agissant à son insu et mettant par le seul attrait du désirable le monde en mouvement » (p. 188). Il tient, en définitive, pour l'unité de substance : « Une pluralité de substances, dit-il, par le fait qu'elle implique des relations, des limitations et des particularités, est contradictoire » (p. 197), N'est-ce pas là du spinosisme? Il est vrai qu'il se défend du panthéisme ; mais il ne suffit pas pour cela de distinguerentrelesphénomènes et la substance. Et qu'importe que les phénomènes se multiplient avec les individualités et les moi apparents, si la substance est une?

Psychologie^ cosmologie^ morale. — Ces erreurs de ihéodicée ont naturellement leurs correspondantes en psychologie, en cosmologie, en morale. En psychologie, il

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dénature la théorie de l'origine des connaissances exposée par les scolastiques (p. 204). On ne s'étonnera pas ensuite qu'il ne voie pas de milieu entre la solution réaliste et la solution nominaliste (p. 191). Ainsi que nous Pavons déjà remarqué, il pense, avec les ontologistes, que la notion de l'absolu est le soleil de notre pensée.

En cosmologie, il adhère à l'idéalisme, admire Berkeley, affirme l'idéalité de l'espace et du temps (p. 340) ; il regarde les difficultés de Zenon (l'argument d'Achille et la iortue^ celui de la flèche) comme irréfutables si ce n'est dans l'hypothèse idéaliste.

Sa morale rappelle celle de Spinosa, trop vantée de nos jours par l'école rationaliste. Elle suppose l'identité de l'être humain et de l'être divin, l'absorption de l'homme en Dieu par l'abnégation d'un moi phénoménal et illusoire: « Caria morale repose, nous dit-il, non pas sur un impératif catégorique purement formel dont Kant lui-même ne s'expliquait pas qu'il pût avoir surlavolonté une influence quelconque, mais sur la vue claire et le sentiment que ce monde de phénomènes dont nous faisons partie n'est pas 1 être véritable et que c'est par une illusion que nous croyons être des substances individuelles, que nous nous attribuons une réalité d'une valeur absolue, d'où naît l'égoïsme avec ses suites naturelles. Nous savons alors et nous sentons que notre être propre est en Dieu, et que notre devoir en ce monde est de nous rapprocher le plus possible, comme Platon l'avait entrevu, de la perfection par l'oubli de nousmêmes et la charité » (p. 362), — Mais cette.morale est, en réalité, inférieure à celle de Kant, qui pourtant est si insuffisante. Kant admettait du moins un impératif catégorique indiscutable et respectait plus ou moins la distinction du législateur divin et de la conscience humaine qui lui est soumise. Mais M. Penjon confond le législateur et le sujet; loin d'avoir pour elle l'évidence, cette morale n'est qu'une illusion de philosophe démentie par le sens commun et par les raisonnements les plus péremptoires ; on ne voit pas qu'elle puisse avoir une force obligatoire quelconque ni la moindre efficacité.

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Précis d'histoire de la philosophie. — Nous ne terminerons pas sans dire quelques mots du Précis lui-même, dont nous avons tiré les principaux éléments de cette étude. Un auteur ne peut s'expliquer sur tous les systèmes philosophiques sans se prononcer lui-même sur toutes les questions dont il raconte l'histoire. Aussi la philosophie de M. Penjon perce-t-elle à toutes les pages de ce précis. Il s'y montre beaucoup trop favorable aux auteurs dont la doctrine se rapproche de la philosophie critique qui est la sienne. Il admire les Eléates, Berkeley, Kant surtout, qui découvrit, dit-il, la nature de l'espace (p. loi). Il est injuste, au contraire, envers Aristote, qu'il interprète mal (voir p. 86, io6, 109) et envers Leibniz. Il est plus injuste encore envers le moyen âge. Pendant huit ou neuf siècles, il n'y aurait pas eu de philosophie, pas de libre recherche (p. i65-ô). Mais il ne tarde pas à atténuer ce jugement, réfuté aujourd'hui par tous les historiens de la philosophie qui se sont occupés spécialement du moyen âge. Les exercices de logique n'absorbèrent pas l'attention des scolastiques. Sans doute les études de logique primèrent d'abord, alors que l'on ne connaissait guère, en fait de philosophie, que VOrganon ou ses commentaires; mais la métaphysique, la théodicée, etc, ne tardèrent pas à occuper le premier rang. Il avoue lui-même que le débat entre les nominalistes et les réalistes, auquel ne se réduisent pas d'ailleurs toutes les discussions au moyen âge, est de tous les temps : ce débat, en effet, est lié à tous les problèmes philosophiques. Les Arabes ne furent point les seuls intermédiaires entre Aristote et les scolastiques ; des historiens récents ont apporté plus de lumière sur ces points controversés de l'histoire.

En résumé, M. Penjon a fait sienne, ou à peu près, la philosophie de Spir. Cette philosophie se rattache étroite- . ment au criticisme, dont elle est l'une des formes. Mais cette affinité principale n'en n'exclut pas d'autres importantesy avec Tontologisme et le spinosisme par exemple. Le système est-il rendu plus solide par ces alliances îNon, car il assume à lui seul toutes les difficultés particulières sous lesquelles chacun d'eux succombe.

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