‹ Mélanges philosophiques et littérairesChapitre 13 sur 40 · BUFFON · texte numérisé non relu

BUFFON

SON GEIftB. SSS OUTBAGBS. SON STTLB. »k rUBOmiK.

Le talent de BufTon se compose de trois parties distinctes, l'art de disserter, celui de décrire et celui de peindre. Dans Buffon , le métaphysicien s'unissoit au naturaliste , et peut-être le premier Temportoit-il sur Tautre. Cest avec une aptitude merveilleuse pour former des abstractions , généraliser et enchaîner des idées , c'est avec l'instrument d'une excellente dialectique, que l'historien de la nature a construit ces systèmes vastes et hardis où les faits et les conjectures, les calculs et les hypothèses, se prêtant un appui mutuel , forment un édifice imposant dont l'apparente solidité confond l'esprit sans pourtant réussir à le convaincre, et qui ne pourroit être, en quelque sorte, attaqué , détruit que par une force égale à celle qui en a posé les fondements et le faite. Cette faculté créatrice qui renferme en elle-même la fécondité de l'imagination et la puissance du raisonnement, est celle qui a enfanté la Théorie de la Terre j et ce beau livre des Epoques de la Natare^ dont on ne sauroit parler assez magnifiquement, à moins d'emprunter les pa-

rôles de Buffon lui-même, ce livre où il ^fixé quelques points dans r immensité de F espace, et placé mi cer» tain nombre de pierres numéraires sur la route éter^ nelle du temps. Mais le génie de Buffon, sans être moins élevé, moins étendu peut-être, est bien plus accès* sible, et ouvre k la vérité des routes bien plus certaines, bien plus praticables dans ses sublimes discours sur la nature de Thomme et celle des différents animaux qui peuplent le sol et l'atmosphère de notre globe. C'est là que , pénétrant dans les secrets les plus intimes de l'organisation, il établit les rapports généraux qu'ont entre eux tous les êtres animés , assigne les différences fondamentales qui les divisent en plusieurs classes distinctes, détermine, d'après leurs facultés particulières , l'ordre de prééminence dans lequel les sens, communs à toutes, existent chez chacufie d'elles, et le rang qu'elles-mêmes occupent en raison de cet ordre. C'est là qu'unissant la géographie à l'histoire naturelle, comme Montesquieu l'avoit unie à la science de la législation , il explique l'influence que les lieux , les climats et les aliments ont exercée sur la constitution originelle des divers animaux dans les divers continents, fait observer les modifications plus ou moins profondes que le changement de ces différentes choses fait subir à cette constitution même, et démontre que l'homme seul est doué d'une assez grande flexibilité d'organes pour vivre également dans toutes les localités, dans toutes les températures , et avec toutes les substances nutiûtives qu elles fournissent. Enfin, c'est là qu'accordant exclusivement à notre espèce la pensée, la réflexion, la mémoire même, celle qui se

compose d'une succession de sensations comparées et liées entre elles , il ne laisse aux animaux que le sentiment, c'est-à-dire Faction isolée des objets sur leurs sens , et ce qu'il appelle un ébranlement plus ou moins prolongé, produit par ces mêmes objets sur l'organe intérieur matériel, autrement le cerreau. On peut s'étonner que Buffbn , se préparant à peindre non seulement les formes et les habitudes extérieures des animaux , mais encore leurs inclinations et leurs mœurs , ait commencé par les réduire k l'état de pures machines , obéissant aveuglément à je ne sais quelle impulsion toute mécanique , donnée par les objets à leurs sens, et transmise par ceux-ci à leurs membres. Les obscurités et les contradictions dont cette partie de son système n'est point exempte , ont fait présumer qu'il avoit ses motifs pour ne pas vouloir être entendu davantage; qu'en s'expliquant plus clairement, il avoit un plus grand risque à courir que de passer pour un raisonneur inconséquent, et qu'enfin les animaux n'auroient pas paru si maltraités par lui , s'il avoit osé dire ce qu'il pensoit de la nature intellectuelle de l'homme. Quoi qu'il en soit, l'espèce d'automatisme auquel il réduisoit les animaux, sembloit désenchanter d'avance les peintures où il devoit retracer leurs caractères et leurs passions ; mais heureusement il s'est arrangé de manière que le peintre ne fût pas trop dupe du philosophe , et que les spéculations de celui-ci ne répandissent pas de sécheresse et de froideur sur les compositions de l'autre. Ainsi, le même écrivain qui avoit félicité les animaux de ne connoître de l'amour que ce qu'il a de bon , c'est-à-dire le phy-

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«que, n'en a pas moins décrit ayee beaucoup de charme l'innocente coquetterie de ta colombe , sa tendresse constante et son amour sans partagée : ainsi, après avoir affirmé que l'animal est mu seulement par l'appétit physique, que ses affections apparentes ne sont autre chose que le sentiment et l'expression mé> canique du besoin, et qu'enfin, n'y ayant ni continuité ni liaison dans ses sentimens, il n'a ni la mémoire ▼éritable, ni cette conscience de l'existence actuelle et de l'existence passée , qui constitue le moi^ il se complaît à dépeindre ce qu'on peut nommer l'ame et l'esprit de l'éléphant, sa bonté, sa douceur, ses manières affectueuses envers ceux qui ont mérité son amitié ; sa susceptibilité sur le fait des injures et la durée de son ressentiment contre ceux de qui il les a reçues ; llntelligence attentive, pénétrante et réfléchie qui semble faire naître et diriger tous ses mouvements ; enfin , sa réminiscence qui , plus composée , plus profonde et plus étendue que celle de tous les autres animaux, se rapproche de la nature de notre souvenir , et en imite les effets. En général , si BufTon , dans la * partie systématique de son ouvrage , a cru devoir séparer l'homme et l'animal par un immense intervalle , on peut dire que , dans la partie descriptive , il s'est plu à les rapprocher sans cesse, en mêlant les vérités morales aux vérités physiques , en appliquant aux mœurs des animaux des observations tirées de notre propre civilisation, et plus souvent en faisant sortir, des habitudes d'un quadrupède ou d'un oiseau, des leçons profitables pour l'humanité. Veut-il expliquer, par exemple , pourquoi l'on ne remarque pas , parmi

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nos oiseaux de basse-cour, ce sentiment durable et cet amour exclusif qui , chez presque tous les autres oiseaux, existent entre le mâle et la femelle, ces soins touchants et prQlongés qu'ils ont Tun et Tautre pour leur progéniture ? Il attribue cette différence à ce que les volatiles destinés à notre nourriture n'éprouvent point la nécessité d'un travail commun ; à ce que nous les dispensons, par nos soins intéressés, de tous les travaux qui , dans l'état naturel , leur seroient commandés par le besoin de vivre et celui d'abriter , de nourrir, d'élever leur naissante famille, et il ajoute : « Vous retrouverez chez eux les premiei^s effets du « luxe et les maux de l'opulence , paresse , et liberti* « nage. » À-t-il décrit ce bon et honnête ménage de deux pigeons , où tous les travaux pénibles sont également répartis; où le mâle, partageant jusqu'aux soins maternels, couve régulièrement , à son tour, les œufs et les petits ? Il s'écrie, en terminant cette douce peinture : « Quels modèles pour l'homme , s'il pou voit « ou savoit les imiter 1 » C'est par ces rapprochements piquants et inattendus qu'il fait entrer le moral dans l'histoire positive des différentes classes d'animaux , après l'avoir formellement banni de l'histoire spéculative du genre tout entier.

Quelques écrivains ont loué Buffon d'avoir répandu dans ses ouvrages un assez grand nombre de traits de sensibilité. J'y ai vu quelquefois la tranquille pitié d'un philosophe qui réfléchit sur les maux auxquels les êtres animés sont en proie, mais non la tendre compassion d'un homme sensible qui gémit sur leurs infortunes. On aura peut-être pris pour des

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traits de seDsibilité ces teintes douces et presque me- ' laucoliques que Thàbile écrirain a su employer dans la peinture de certaines espèces , les unes déshéritées des dons de la nature , les autres jouissant d^une félicité innocente trop souvent troublée par nos plaisirs cruels ) les autres enfin dépravées, avilies, opprimées par Tesclavage auquel nous les avons condamnées. Un sentiment qui domine véritablement dans les écrits de Buffon, c'est Thorreur du despotisme : celui que rhomme a exercé sans nécessité sur plusieurs espèces d'animaux , semble révolter la fierté naturelle de son ame ; il hait ce tyran capricieux , il jnéprise ces esclaves dégradés, trop souvent amoureux de leurs fers. Généralement son style devient plus fier, plus noble et plus élevé , quand il parle des animaux sauvages; et il vante avec une complaisance marquée celles de leurs facult^ qui tiennent a l'indépendance de leur caractère et de leur existence.

Chez Buffon , le talent de la simple description n'a rien de remarquable. Il est vrai que ce talent est très resserré dans ses limites , et qu'il ne comporte pas un^ grande supériorité relative. Il exige principalement la propriété dans les termes , et la justesse dans les comparaisons ; la clarté et la précision constituent son élégance. A en juger d'après les espèces qui nous sont le plus connues , BufTon a très bien décrit la structure et les habitudes physiques des nombreux animaux dont il a écrit l'histoire ; mais c'est l'ouvrage d'un crayon fidèle et sûr : de simples naturalistes l'anroient facilemait égalé en ce point. Ce qu'où n'a pas. encore égalé, ce qu'on ne surpassera jamais, sans.

doute , ce sont les chefs-d^œavre de son pinceau , soit qu'il reproduise les belles formes, les éïég^antes atti* tudes et les brillantes couleurs des animaux envers qui la nature a été prodigue de ses dons, soit qu'il retrace leurs mœurs singulières et leurs inclinations solitaires ou sociales, paisibles ou turbulentes, douces ou féroces. On a célébré mille fois la peinture du cheval, celle de l'éléphant , du lion , du tigre, etc. ; elles méritent la préférence qu'elles ont obtenue , parce qu'elles unissent aux traits les plus fiers et les plus nobles de la nature physique , les traits les plus majestueux ou les plus terribles de la nature morale. On n'a pas cessé d'admirer non plus quelques autres images où la riche palette du peintre a lutté si glorieusement contre l'éblouissante profusion de couleurs , de nuances et de l*eflets que le ciel brûlant des tropiques a répandue sur plusieurs habitants de l'air. Mais je viens d'arrêter mes regards sur un portrait qu'on n'a peut-être pas encore assez vanté , celui du paon , de cet oiseau dès long-temps naturalisé parmi nous , qui , par son plumage , efface ou du moins égale les oiseaux les plus richement colorés par les feux de l'équateur. BufTon d'abord , emploie pour le peindre « tout ce qui flatte « nos yeux dans le coloris tendre et frais des plus « belles fleurs , tout ce qui les éblouit dans les reflets « pétillants des pierreries , tout ce qui les étonne dans < l'éclat majestueux de l'arc-en-ciel. » Son inimitable pinceau, comme il le dit lui-même de la nature, a mêlé , assorti , nuancé , fondu toutes les couleurs du ciel et de la terre ; on diroit qu'il a épuisé toutes les magnificences du langage pour imiter un oiseau qui

semble a?oir épuisé lui-même toutes celles de la nature ; mais les plus brillantes couleurs lui restent encore : il les a tenues en réserve pour cette roue étincelante que le paon , dans ses amours , étale aux yeux de sa compagne* « Les longues plumes de sa queue, « dit-il , déploient , en se relevant , leurs richesses « éblouissantes ; sa tète et son cou , se renversant no- « blement en arrière, se dessinent avec grâce sur ce « fond radieux où la lumière du soleil se joue en mille €^manières , se perd et se reproduit sans cesse, et sem- « ble prendre un nouvel éclat plus doux et plus moil* « leux, de nouvelles couleurs plus variées et plus « harmonieuses : chaque mouvement de Toiseau pro- « duit des milliers de nuances nouvelles , des gerbes « de reflets ondoyants et fugitifs, sans cesse remplacés « par d'autres reflets et d'autres nuances toujours « diverses et toujours admirables. » Merveilleuse illusion produite par des paroles! N'a-t-on pas les yeux éblouis en lisant ce peu de lignes ? Et ne semble-t-il pas que le plumage du paon est encore mieux représenté dans la prose magnifique de Buflbn , qu'il ne le seroit dans ces brillantes gravures où un art nouveau imite l'éclat changeant des métaux et le feu étmcelant des pierreries, empreints par la nature sur le plumage des plus beaux oiseaux des deux mondes.

Telle est la richesse , telle est l'admirable variété de noire littérature , que de toutes ces qualités du style , dont l'assemblage formeroit la perfection absolue et idéale ^ il n'en est pas une seule qui ne soit , pour ainsi dire, représentée par quelqu'un de nos grands prosateurs y et qui ne caractérise son talent d'une manière

assez distinctive pour lui donner une place à part et le mettre à Tabri des comparaisons. Bossuet a pour partage la sublimité, avec son vol hardi et impétueux; Fénélon, Fheureuse abondance et l'onction pénétrante ; Massiilon , Télégancc exquise et la diversité des formes déguisant l'uniformité de la pensée; La Bruyère, les tours inattendus et la piquante singularité de Texpression ; Montesquieu , la concision énergique et rapide ; Voltaire , la clarté inaltérable et la facilité pleine de grâce ; Rousseau , le coloris , la chaleur et l'accent passionné; enfin, Buffon, la majesté soutenue et l'inépuisable magnificence.

Dans Buflbn, cette dignité qui ne se familiarise jamais, et cette pompe qui craindroit de tempérer im instant son éclat , ont essuyé quelques critiques. C'est en y faisant allusion que Voltaire disoit :

Dans un style ampoulé parle£-n«us de physique.

On ciloit un jour devant lui V Histoire naturelle. Pas si naturelle, dit-il. On a bien justifié Buffon du reproche d'enflure et d'affectation que renferment ce vers et cette saillie ; mais , si Voltaire y a mis de l'injustice , j'oserois assurer que du moins il n'y a pas mis de mauvaise foi. Celui qui disoit de lui-même, avec tant de vérité : Je n'ai pas fait izne seule phrase de ma vie, et je m'en vante, devoit être en effet peu sensible au mérite d'une diction toujours imposante et solennelle ; il lui falloit bien peu de prévention dans l'esprit contre l'auteur de Y Histoire naturelle, pour que les beautés dont brille cet ouvrage prissent à ses yeux

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la couleur des défauts qui les aToisinent ^ et qu^ainsi la noblesse lui parut de Temphase , la richesse du faste , le soin de Fapprêt , et le ton soutenu de la roideur. D^Alembert , qu^il ne faut pas comparer avec Voltaire pour le goût , et dont la manière épigrammadque et sèche avoit encore moins d'analogie avec celle de Bufifon , disoit un jour à Rivarol : a Ne me « parlez pas de yoti*e Buffon , de ce comte de Tufc fière , qui , au lieu de nommer simplement le che-c val y dit : La plus fioble conquête que r homme « ait Jamais faiiCy est celle de ce fier et Jou-^ * gue^x animal, etc. Oui, reprit Rivarol, c'est « comme ce sot de J.-B. Rousseau qui s'avise de dire :

« l>tB bords sacrés où nuit Paurore « Aux bords enflammes du couchant.

« au lieu de dire : de l'est à P ouest. » La riposte est vive et plaisante; mais Rivarol ne s'apercevoit pas qu'il justifioit un prosateur et un naturaliste par l'exemple d'un poète et d'un poète lyrique. D'Alembert n'en avoit pas moins tort ; et sûrement son tort n'étoit pas une simple erreur de goût; car il faisoit hautement profession de ne pas aimer la pei*sonne de Buffon. Quant à Voltaire, son jugemoit pouvoit être aussi un peu suspect, non d'envie, comme on s'est plu à le répéter, mais de ressentiment. Pour avoir prétendu que les énormes bancs de coquillages découverts au sommet des Alpes, n'ét<Ment autre chose que quelques coquilles détachées du chaperon ou du collet des pèlerins qui alloient à Rome, il s'étoit attire des railleries fori

piquantes de la part de Buffon : il les lui rendit , en se moquant de la terre qui n'étoit qu'une éclaboussure du soleil, des moules organiques intérieurs, et enfin du style de \ Histoire naturelle. On persuada facilement a ces deux grands écriyaîns de se réconcilier. Buffon ayant envoyé une nouvelle édition de ses Œuvres à Voltaire, celui-ci lui écrivit une lettre de remer- GÎments fort aimable , où il lui parloit de son pi'édécesseur Archimède premier; Buffon répondit qu'on ne diroit jamais Voltaire second; et cet échange de politesses mit fin à tout démêlé entre eux. « Je ne aveux pas, disoit Voltaire, rester brouiller avec « M. de Buffon pour des coquilles. »

Pai* un accord assez remarquable, Buffon a voit, dans les traits de la figure, dans les formes et dans les mouvements du corps, il portoit même dans sa parure et dans les moindres habitudes de sa vie intérieure , la majesté , la pompe et la noble régularité qui éclatent dans ses écrits ; mais , par une exception plus singulière encore, sa conversation ne partîdpoit nullement des qualités de son style. Elle étoit ordinai* rement décousue , très négligée et surtout d'une fa- ^ miliarité excessive; tout çàj pardieu, et autres particules explétives des plus vulgaires, y revenoient presque à chaque phrase ; et les saillies d'une vanité franche et naïve ne s'y reproduisoient pus moins firéquemment.

Dans cet examen rapide du génie , des ouvrages et de la personne de Buffon, je ne puis passer absolument sous silence son &meux discours de réception , ce discours tant lu, tant cité, qui est une si élo-

quenle leçon d^éloquence, el où Fou apprendroit à éa*ire comme Thistorien de la nature , si le génie , quand il se plait h ré vêler son secret ^ ne gardoit malheureusement pour lui seul les moyens d'en faire usage. C'est là que se trouve ce mot célèbre , (e style est r homme même : mot d'une profonde vérité, dont il ne sera jamais fait une application plus juste et plus frappante qu'à celui même qui l'a dit. De nouveaux principes découverts, de nouveaux faits recueillis , des analyses plus exactes et des observations plus précises , ont déjà porté , dit-on , de graves atteintes à la partie scientiGque de \ Histoire naturelle ^ et peut-être un jour toutes les théories du physicien seront-elles complètement renversées; mais le beau style de l'écrivain subsiste et subsistera éternellement : ainsi le style de Buffon est Buffon même y est Buffon tout entier.

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