‹ Mélanges photographiques: Complément des nouvelles instructions sur l'usage du daguerréotypeChapitre 8 sur 23 · EXPOSITION DE · texte numérisé non relu

EXPOSITION DE

RAPPORT pu lURY.

Rappel de médaille d'or. — Diplàme délivré par ordre du RaL

« M. Charles Chevalier reproduit d'abord, exécutés avec U » même perfection, les microscopes achromatiques qui lui ont )) mérité, en 1834, la plus haute distinction ; il les reproduit )> de différentes grandeurs , avec tous les mouvemens , on » pourrait dire, avec toutes les transformations quien rendent )) l'application facile aux divers genres de recberebes, aux » états différens des corps soumis è l'observation. Indépen- » damment d'un grand nombre d'appareils connus, M. Ch. )) Chevalier présente encore des instramens dont, le prin- » cipe ou l'objet est au moins en partie nouveau. li en est » ainsi d'une lunette micrométriqae oh le mierenètr e exté- » rieur à la lunette est tout simplement un cadre de verre » dépoli portant un réaeau de ligi^es poireç. Ce cadre est » 8xé perpendiculairement au tuyau dans le voisinage de » l'olyectif. L'oculaire de la lunette e$t prisiqatique, et Ti- » mage des objets éloignés , sortant du prisoie, travers, » pour arriver à l'œil, uue petite Quverturcï circulaire prati- » Qllée dans \m miroir incliné qui réQécbif en oi^mé i^ms»^ D vers l'observateur, les raies tracée9 W ^ ^4^ ^ YPf^P*

-. iid —

» Lft rétine superpose aîhsi les dent images. Ùest principa- » lement pour déterminer à la fois la position d'un grand » nombre d'objets voisins que ce genre de micromètre peut » être utile , néanmoins il s'applique aussi à la mesure des » grossjssemens , des distances pour les objets terrestres. )T Nous préférerions, ce qui revient exactement au même >î quant à reffet, que la vision de Tobjet éloigné se fît di- » rectementà travers la lunette (on facilite ainsi tout au » moins la recherche de l'objet), et que les rates du cadre » micrométrique quê Ton peut éclairer à volonté, parvins- )) sent à l'œil par une double réflexion. Il faut ajoute^ » qu'Herschell lepère, queSchrôter, quand ils dessinaient » la carte de la lune, se servaient l'un et l'autre d'un moyen » analogue; le cadre était placé de même, geulement on » employait, pour superposer les deux images , les deux » yeux à la fois, l'un appliqué à la lunette, l'autre au de- » hors, dirigé vers les divisions, exactement comme on le fait » quand on mesure à l'œil nu de§ grossissemens médiocres. » Un autre essai de M. Ch. Cheyalier a plus d'importance. Il » s'agit d'une lunette, désignée sous le nom de télescope > dioptrique, contenant, outre robjectifordinaire, un second » objectif situé entre le premier et l'oculaire , comme le » flint dans les lunettes dialytiques. Et pourtant il n'en est » rien. Dans les lunettes que nous vepon^ de citer, l'objec- » tif extérieur et le verre intermédiaire sont l'un et l'autre » simples, destinés à détruire à la fois la coloration et la » confusion des images ; on économise de la matière et du )) travail : dans le système de M. Chevalier on n'économise ï> rien du tout ; V objectif et le verre intérieur sont l'yn et » Vautre doubles et achromatiques séparément; mais anse » donne de nouveaux moyens d'arriver à une perfection plus » grandCy on se donne une indëterminaition de courbures et )> de distances dont il est possMe deproflter pour obtenir des » imagés plus nettes et plus pures. On perd, il est vrai, quel-

rf que chose en clarté, mais, toute compensation faite, il 1» y aura probablement encore avantage dans certains cas. 1» Des images nettes, quoique affaiblies, se distinguent en- » core lorsque des objets plus éclairés, mais confus échap- ^ pent à Fœil. La lunette ne nous a été présentée que )> comme Tessai d'un principe, toutefois avec un grossisse- » ment de deux cents fois environ; l'effet a étésatisfaiy> sant (1). Le jury rappelle à M. Ch. Chevalier la médaille )> d'or qu'il a obtenue en 1834. »

Rapporteurs : MM. Mathieu, Sàvart, Pouillet»

Séguibr, Savary.

Extrait d*ime lettre de M. Charles Chevalier, ingénieur-opticien , à MM. les membres de la Société d^ Encouragement pour ^industrie nationale.

c( Messieurs, la photographie a déjà subi de nombreuses modiflcations, elles ont en quelque sorte donné à cet art une nouvelle existence ; on doit citer en première ligne, les travaux de MM. le baron Séguier , Fizeau et de Brébisson. J'ai cherché également à contribuer au perfectionnement du photographe et je viens aujourd'hui vous soumettre le résultat de mes recherches.

(1) Extrait d'une lettre de sir H. W. Herschell :

« 18 AvHl 1840.

D Â M. Charles Chevalier, opticien.

» Je vous remercie pour la description que vous avez eu Tex- » trême bonté de m'adresser de votre nouvelle lunette achroroati-

» que à deux objectifs et de votre nouveau micromètre Je ne

» sais comment mieux faire justice à cette communication de vo- D tre part, qu'en en donnant connaissance à la société astronomi-^ » que, ce que je ferai incessamment.... »

(Cette note ne fait pas partie du Ra|>port. C. €.>

)> Le photographe comprend deux parties bien distinctes, l'appareil optique et l'appareil mécanicpie. Si une grande précision est indispensable à ce dernier, combien n'est-il pas plus important encore de posséder un bon objectif? N'est-il pas permis en effet de nommer l'objectif : Yâmede l'appareil?

» Un objectif parfait, voilà donc ce qu'il importait d'obtenir, niera-t-on que l'œuvre présentât quelque difficulté? J'ai cherché à atteindre ce but, c'est à vous. Messieurs, qu'il appartient de dire si j'ai réussi.

» Dans le daguerréotype ordinaire, l'objectif est formé d'un seul verre achromatique à large diamètre, et la netteté des images ne s'obtient qu'en condamnant à l'inaction la plus grande partie de la lentille au moyen d'un diaphragme fort étroit, c'était là un grave inconvénient qui devenait surtout manifeste dans certaines applications de l'appareil.

)) On sait aujourd'hui qu'il est parfois nécessaire d'avoir des verres de foyers dîflFérens, il faudrait donc faire l'acqui*sition de deux ou trois objectifs? Mais on se plaint déjà du prix élevé de l'appareil, que dira-t-on s'il augmente encore ?

» Mon nouvel objectif se compose de deux verres achromatiques de diamètres différens, mais de courbures à peu près égales, l'un a le'diamètre de l'objectif ordinaire du daguerréotype, mais son foyer est environ deux fois plus long. Le second verre placé en avant, est de moitié moins large, et c'est en variant les courbures et la distance de ce verre accessoire que j'obtiens les changemens de foyer. Cette dernière lentille est à peu près huit fois moins chère que la lentille principale. On peut donc avoir plusieurs foyers, et l'on pourrait dire plusieurs objectifs, pour un prix égal à celui que coûterait un objectif ordinaire.

» La répartition des courbures entre les deux verres, met à l'abri de l'aberration de sphéricité, il suffit d*un diaphra^e à large ouverture pour en effacer en q^felque sorte jusqu'aux

qioiiidres truoM. 4'ai mm adapté à mon uppareil un diaphragme variablts oupupîUe artificieUe qui permet d'obtenir avec un seul objectif bi-0ekromatique^ la même netteté pour Ips om^ts situé$ à dQ grandes distances on placés très près de rappareil. Que li Ton reproche à cette combinaison de diminuer l'intensité de la lumière par la pluralité des réfrac* tiens, je répondrai que je compense amplement cette déperdition par la largeur de Touverture diaphragmatiqae si étroite dans l'appareil ordinaire.

» En résumé, au moyen de cette nouvelle combinaison j'obtiens les résultats ^vans :

tt l"" Je dioûnue considérablement Faberration de sphé^ ricité, puisque les courbures sont de moitié moins fortes.

» 2<' Loin de diminuer l'intensité de la lumière, j'en obtiens pour le moins autant qu'avec l'appareil ordinaire, puisqu'i fof er égal l'ouv^ture est beaucoup plus grande.

» 3** Les foyers se changent facilement et à peu de frais au moyen du petit verre antérieur ; ce changement est i^ne circonstance importante, car le portrait, par exemple, ne peut se faire avec le même foyer que Ton emptcûe pour les vueSf etc.

» Jusqu'à présent on employait pour obtenir des images dans la position naturelle, un miroir plan ou un prisme trian* gttlaire rectangle, ou enfin , un prisme achromatique ainsi que je l'avais prx^osé ep 1839 dans ma Notice sur les chambres obscure^ ; mai& en employant ces procédés» on avait à combattre d'une part, rimperfeetion des miroirs plans et fai déperdition de lumitee qu'ils occasimnent, de l'autre, }a bande colorée en Ueu, qui traverse les images lorsqu'on emploie un prisme seul ou avec une lentille à court foyer; en troisième lieu, la construction des prismes achromatique présente de grandes diiScuItés et la matière très pure qu'il faut employer en élève cop^id^énibiemMk le prixi ib ont été com^ niAtAmftnt ahandnnuAi

» Pour obvier à ces iDConvéniens J'ai associé dans des condir tions favorablef^ ua petit vri$nj^ plan k i^on pb^ectif U-ocAromatique ; cette nouvelle disposition est à peu près analogue à c^Ue 4116 j'awlique à mes lunattes Mtrooomiques et à Tobje.ctif vafiabte de me^ nûcrosGopes; c'est me nouvelle jeombinaj^pD k «îottter aux systèmes eptiq^ifis adaptés wt obambres obscures par divers auteiurs et Dotamment poc Wollaston^

)) Restait à rendre encore plus portatif l'appareil que M. le baron Séguier avait déjà si heureusement mQfUQé. ^à [chambre obscure, etc ,. . . , .

» J'ai voulu prendre date avant la fermeture

de votre concours, en vous communiquant mon nouveau modèle tel qu'il a été constri^it primitivement. Je dois ayouer que cet appareil exigera beaucoup plus de soins et de travail que Tancien modèle et que les constnictQ^rs spéciaux pourront seuls lui donner toute la perfection nécessaire ; mais ce qui pourrait, au premier abord paraître un ioponvénienj;, e$t à mes yeux une heureuse circonstance , le pommerez ne sera pas jnondé d'appareils plus ou moins 4éfpctueux çt les véritables amateurs y gagneront copsidérablement.

* Paris, ce l*' décembre 1840.

V Je suis, Stéssiçurs, avec le plus profond respect,

)) Votre tout dévoué servîletty^ )» Sigt^iCmàxtM CHS¥ALffiB.

D PMrextiaitooiifbr » JMiavd. »

Page 1