‹ Mélanges poétiques et discoursChapitre 25 sur 65 · MADAME LEOISTINE DE GENOUDE · texte numérisé non relu

MADAME LEOISTINE DE GENOUDE

Pauvres pelils cnfi.ns, qui demandez sans cesse A votre père en deuil ce que eVsl que la n:orl ,

(i) Voyez dans les Eecueillemens jwc'i fjucs I;i i>;<'cl iiiliiu- I»t Sur l' Ordination de M. de Ccnoude.

i54 AUX E>FANS

Et pourquoi vos berceaux s'éveilleu* sans caresse,

Et quaud donc finira le sommeil qu'on y dort ;

Taisez-vous, grandissez : vous n'aurez plus qu'en songe Ces baisers sin- le front, ces doigts dans vos cheveux , Ce nid sur deux genoux où votre cou se plonge, Ce cœur contre vos cœurs et ces yeux dans vos yeux.

L'amour qui vous sevra vous fait la vie amère, Votre lait s'est tari , comme à ce pauvre agneau Qu'un pasteur vigilant sépare de sa mère Pour lui faire brouter l'herbe avec le troupeau.

Tous n'aurez qu'une vague et lointaine mémoire De tout ce qu'au matin la vie a de plus doux , Et l'amour maternel ne sera qu'une histoire Qu'un père vous dira, seul et pleurant sur vous !

Quand vous voudrez, enfaus, retrouver dans votre ame Ces souvenirs scellés sous le marbre étouffant, Ces sons de voix, ces mots, ces sourires de feumie Où l'ame d'une mère est visible à l'enfant ;

DE MADAME DE GEÀOIJDE. i55 Quand vous voudrez rêver du ciel sur cette terre, Que de pleurs sans motif vos yeux déborderont ; Quand vous verrez des fds sur le sein de leur mère, Qu'un père entre ses mains vous cacliera son Iront ;

Venez, sur celte tombe où l'herbe croît si vite, Vous asseoir à ses pieds pour prier en son nom, Ajipeler Léontine, et du ciel qu'elle habite, Implorer son regard dont Dieu fasse un rayon !

De rélernel séjour le regard de son ;une

Est un astre toujours sur ses enfans levé.

A iusi l'aigle est au ciel , mais son regard de flamme

Veille encor de si haut le nid qu'elle a couvé.

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