‹ Melanges poetiques et litteraires. --Chapitre 21 sur 139 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

DUMONT, FAQUINO.

Faquino {^av ce fatuité., tendant la main à Dumont).

Ce cher Dumont ! J'arrive un peu trop par surprise, N'est-ce pas?

Dumont {Jui serrant la niavi).

Point du tout.

Faquino.

Et mademoiselle Elise, Elle est toujours charmante ?

Oh ! mais, très bien, merci.

Faquino.

Et vous-même ?...

DUMONT

Toujours alerte!, ..Et vous aussi?

Faquino.

Beaucoup moins bien portant que je puis le paraître ; Les soucis, les regrets, la fatigue, et peut-être Un peu d'ennui, voilà les maux dont je me plains.

DUMONT

N'est-il aucun remède à ces profonds chagrins ?

Faquino.

Quand; dès l'enfance, on a connu des jours prospères.

Et que, par un concours d'événements contraires.

Le destin nous conduit au triste isolement

De l'exil,... ah, croyez que, difficilement,

L'on supporte, en son cœur, le pénible assemblage

Des souvenirs chéris, mais... poignants du jeune âge...

Dépouillé de mes biens, orphelin,... et soumis

Aux sinistres projets de puissants ennemis,

Je m'éloignai pour fuir leur malice profonde,...

Et je traîne depuis mes ennuis par le monde.

En attendant que Dieu, dans ses sages décrets.

Brise de ce complot les ténébreux apprêts...

Pardon si, captivé par votre amitié franche,

Mon cœur, pour s'alléger, dans le vôtre s'épanche !

Vous le voyez, Dumont, je ne vous cache rien...

DuMONT (^avec convictiotî).

Votre candeur exquise, en tout cet entretien.

Vous dévoile à mes yeux ;... votre ton,... votre mine,...

Tout en vous me révèle une haute origine !...

Faquino {[''interrompant).

Assez, mon cher, changeons de propos, s'il vous plaît, Votre amitié s'égare... {Lorgnant un portrait.)

Ah ! quel est ce portrait ?...

Dumont {attendri).

Une enfant qui faisait le bonheur de ma vie !

Faquino.

Douce fleur du printemps !...

DUMONT

Que le ciel m'a ravie.

(// 7-este en contonplation devant le portrait.') Faquino.

Profitons du moment. (// laisse tomber une lettre à ses pieds).

{Haut.) Ah ! Je conçois combien Votre peine est profonde !... Oui, je le conçois bien ;... Mais, pour vous consoler, n'avez- vous pas encore Près de vous deux enfants belles comme l'aurore, Unissant à la fois la grâce et le bon ton Avec la modestie ?

DuMONT.

Ah ! que vous êtes bon D'apprécier ainsi...

Faquino.

...J'apprécie un mérite Trop apparent, mon cher, pour que... {Tirant sa montre.)

Mais je vous quitte.

DuMONT {lui serrant la main).

Quoi, si tôt !

Faquino.

A ce soir.

DUMONT

C'est entendu.

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