‹ Melanges poetiques et litteraires. --Chapitre 63 sur 139 · SCENE XIII · texte numérisé non relu

SCENE XIII

Les mêmes, moins FAQUINO, TREMOUSSET et les sergents de ville:

Dumont {paraissant s'éveiller d'un horrible song(-).

Ah ! grand Dieu ! quel malheur !

Jean Brunelle {à part).

Il en a pour son compte Des irrandeurs d'ici-bas.

LES FAUX lîRILLANTS 145

DUMONT

La ruine et la honte Pour partage !,.. Ah ! qui donc pourra me secourir l

Oscar.

Moi !

DUiMONT.

Vous, Oscar, ici !... A^ous !

Oscar.

Oui, pour vous offrir Mon concours empressé dans le trouble où vous êtes.

Il est donc ici-bas encor des gens îionnêtes ! Jean Brunelle.

Le règne des escrocs, cher oncle, a fait son temj)S,. Et le tour est venu pour les honnêtes gens.

Dl MONT.

C'est ma ruine, hélas !

Oscar.

Non, je l'ai prévenue.

La police, avertie à temps, est parvenue A s'emparer sans bruit de toutes les valeurs Dont vous aviez chargé ces infâmes voleurs.

DUMONT

Quel complot infernal ! mais aussi quelle chance !'

(^Ai'Ci un :^i'Os soupir lir souhv^t'iucut .^)

Je renais à la vie !

Oscar {prctiant Ci'cih' par la main).

Va nous à l'espérance.

146 MKLANfîES POÉTIQUES ET I.rrTKRAIRES

DuMOXT (à Oscar).

Elle est à vous. Que Dieu vous donne le bonheur, Et vous sauve du goût de la fausse grandeur !

Elise (^sapfroc/uuit vivemeni).

Et vous ajoutez foi, mon père, à cette histoire ?

DUMONT

Je cède à l'évidence ; il nous faut bien y croire.

Est-il possible, hélas ! Que vais-je devenir ?

DuMON'L {avec so//iciti/i/c).

Pauvre enfant ! mon orgueil brise ton avenir !...

Jean Brunelle.

Non, non, rien n'est brisé, mais tout peut, au contraire. S'accommoder à point.

DUiMONT.

Hein ! que voulez-vous faire ?

Jean Brunelle.

Remplacer l^aquino, c'est tout simple.

DuMONT.

Comment ?

Epouser P^lise !

Elise.

Ah ! mon Dieu !

{El/e remonte en ïé-'entai/t.)

DUMONT

Vous !

Jean Brunelle.

Franchement, Il faut bien l'avouer, j'ai cette fantaisie.

DUMONT

Mais... pourtant... enfin...

Ah ! je suis toute saisie !

Jean Brunelle.

Cher oncle, je comprends votre hésitation ; Il vous faut sur mon compte une explication, N'est-ce pas ?

DUMONT

Oui, j'admets qu'après...

Jean Brunelle.

Fort bien, c'est juste.

DuMONT.

Mon avanie...

Jean Brunelle.

Oui, oui, cela vous tarabuste.

Et vous rend défiant ?...

DUMONT

Ma foi...

Jean Brunelle.

Rassurez- vous, Et laissez-moi vous dire...

DUMONT

Oui, dites...

Jean Brunelle.

Entre nous.

Je n'ai jamais atteint mes châteaux dans la lune ; Mais j'ai fait en revanche une honnête fortune.

Elise {à part).

Après tout ce cousin est fort aimable.

148 MÉLANGES POKTIQUES ET r.ITTKRAIRES

DUAIONT.

Mais A^ous disiez avoir tout perdu ?

Jean Brunelle.

.Je me vantais.

DUMONT {i'to///ié).

Vous avez des moyens ?

Jean Brunei.le.

Je suis millionnaire ; INIon banquier, sur ce point, pourra vous satisfaire.

Elise (<? j^ari).

Il est tout a tait bien !

Jean Brun elle.

Je m'étais mal vêtu Pour traquer ces brigands...

Du-MONT {cherchant Elise, qui est restée au second plan). Elise ! où donc es-tu } Ah ! te voilà !

{L'attirant par la main.)

\'oyons !

Elise (^paraissant hésiter et baissant la 7'ue). Mon Dieu !

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