‹ Melanges poetiques et litteraires. --Chapitre 66 sur 139 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

Les mêmes, LA MÈRE MICHEL.

,La mère Michel {a/iurie et les interpellant tour à tour').

Dites-moi donc ! Dites-moi donc !

Voulez-vous perdre ma maison?

ClKl'.UR.

Mais non'! Mais non ! Mais non ! Mais non !

La MÈRE Michel.

Vraiment, c'est pis qu'une caserne !

Quelle horreur !

Une véritable caverne

De voleurs !

Chœur.

Nous, des voleurs?

La MÈRE Michel {^éperdue).

Mais non ; mon Dieu, Seigneur !

Vos vilains cris me font perdre la tête !.

Chœur.

Parler ainsi n'est pas honnête, Mère Michel !

Ah ciel !

Quelle tempête !

Ernest {seutcitciciisonoif) .

Dites-moi donc ! Dites-moi donc !

Mère Michel, quel abandon De votre caractère !

Chœur.

Oui, nom d'un nom, d'un nom, d'un nom !

Ernest, -

Cette colère Est un scandale, foi d'honneur, Et fait horreur !

Chœ.ur.

Oui, fait horreur !...

La mère Michel.

Mon Dieu ! mon Dieu, Seigneur !

Vous voulez donc me rendre folle !

le lauréat 155

Ernest,

Si vous veniez à perdre la boussole, Nous en serions, sans hyperbole, Fort chagrinés.

Prenez Notre parole.

Chœur.

Prenez Notre parole.

Ernest {irun ton conciliant).

Voyons, mère Michel!...

La mère Michel.

Laissez-moi tranquille !

Ernest.

Soyons raisonnables !

Tous LES étudlvnts.

Oui, oui, soyons raisonnables !

La mère Michel.

Raisonnables ! Raisonnables ! Ah ! je vous trouve drôles vous autres !... Quoi! vous me faites, toute la nuit, un vacarme à soulever les toits, et vous avez l'aplomb de me dire ensuite qu'il faut être raisonnables !

Ernest.

Mais vous nous avez permis...

La mère Michel.

Je vous ai permis !... Est-ce que je savais, moi, qu'on allait éveiller tout le voisinage avec ce vilain sabbat ?

Ernest.

Songez donc...

156 mélan(;es poétiques et littékaikes

La mère Michel.

Ah bien oui, je vous en souhaite des songes, quand on ne peut pas même dormir !

Un étudiant.

Comptez-vous pour rien l'honneur de posséder sous votre toit le Jauréat de TUniversité, premier grand prix de?...

La mère Michel.

Je m'en moque pas mal, moi, de votre premier grand prix !.., Du premier jusqu'au dernier, vous méritez dï coucher au violon. Voilà ce que j'en pense...

Tous I,ES ÉTUDIANTS.

Ah ! mère Michel !... {^Musique.)

La mère Michel.

Eh bien quoi ?... Mère Michel ! Mère Michel !

Ernest, Traiter avec une pareille irrévérence notre lauréat !...

La mère Michel.

Bon ! le voilà encore avec son lauréat ! Dites plutôt scélérat I...

Tous LES ÉTUDIANTS.

Ah ! mère Michel !... {Afiisiquc?)

Un étudiant.

C'est la i)remière fois que...

La mère Michel.

Et ce sera la dernière, je vous le promets !

Tous les étudiants.

Ah ! mère Michel !... (^Musique?)

La mère Michel.

Tenez ! Voulez-vous que je vous le dise ? Il faut qu'on en finisse, et tout de suite !

LE LAL'RKAT ij/

Un Étudiant.

Oui, mère Michel, vous avez raison.

La mère Michel.

Bon, en voilà un, au moins, qui est raisonnable.

Le même étudiant.

Finissons-en, en eftet ; mais à une condition, c'est que la niere •Michel trinque avec nous.

La mèkk Michel.

Ah, par exemple !...

Tous LES étudiants.

Oui, oui, c'est cela ! c'est cela ! {lis ciiiplisse/it leurs verres et en présent eut uu à la vière Mieliel. qui le prend après s'être fait uu peu prier?)

Ernest.

Mes amis, je suis enchanté De vous proposer la santé

De notre hôtesse.

Elle prod'gue ses bienfaits Aux bons, comme aux mauvais sujets,

Dans sa tendresse.

Chceur.

A la mère Michel, Buvons tous à la ronde ; Que notre cœur réponde A son cœur maternel.

Ernesi'.

Sans trop convoiter nos écus Et, modèle des trois vertus

Théologales, Elle tolère nos clameurs.

Nos fredaines et nos humeurs

Un jjeu brutales.

Chœur.

A la mère Michel, etc.

Tous LES ÉTUDIANTS.

Vive la mère Michel ! {Musique.^ {J/s trinquent avec elle.) La mèrk Michel (^qui iest graduclleine/it apaisée).

Merci, mes enfants, merci !... Et, maintenant, allons tous nous reposer.

Tous LES ÉTUDIANTS,

Très bien ! Bonsoir, mère Michel !

Ernest.

Bonsoir ! Bonsoir !

De ce vin les vapeurs perfides Commencent à nous émouvoir.

Du reste, nos verres sont vides !...

Donc, au revoir !

Bonsoir !

Chœur,

En effet, nos verres sont vides!,., . Donc, au revoir !

Bonsoir !

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