Albanès, pp. 206 et suiv
PHILIPPINE DE PORCELLET. 377
de Douceline. La sainte y passa le dernier tiers de sa vie ; elle y mourut, et c'est là qu'elle devait demeurer célèbre.
Le succès ne vint ici qu'après de rigoureuses épreuves; les commencements de la maison de Marseille (vers 1250) furent très difficiles. Pour comble de malheur, Hugues de Digne mourut en 1255 *. L'opposition qu'il avait soulevée se déchaîna contre sa sœur; les ennemis des saints cherchèrent à détruire le nouvel institut. Alors eut lieu un événement décisif. Le chef même de la partie avancée de l'ordre de Saint-François, Jean de Parme, général des franciscains, vint à Marseille2. Douceline, à ce moment, était plongée dans un grand trouble, par suite de la mort de son frère. Elle recourut au général, lui confia ses peines. Jean de Parme la confirma dans son entreprise, l'engagea à persévérer, prit, en quelque sorte, dans son âme, la place de son frère. Douceline, à partir de cette heure, n'hésita plus ; la maison de Marseille fut décidément fondée (vers 1256). La vogue de la sainte parmi les dames de la noblesse de Provence fut surprenante. Philippine de Porcellet fut gagnée la première. Ses