‹ Mélanges religieux, scientifiques et littérairesChapitre 19 sur 30 · I.K I (HUM IIOMAIN 4 il · texte numérisé non relu

I.K I (HUM IIOMAIN 4 il

Honi.'uii. Les aiciidrs el les Icinplcs de .I.iniis (l.iiis ce rnrmc ciulioil on aii\ enviions sont nnc, anhc sonicr non moms Iciiiliî do (lisiuission ; il n'y a pas deux anlicjuaircs (jui miw.ni d'accord sur \c nombre d(^ (ms nionnmcnls (|n'il coiivi(înt do ])lacor dans l'oncoinUî dii l-oinin. Onaiil an\ l)asili(juo.s ipn l\;nt()ur.nont, on osl loin d'cHro lixo sur lour comptt;; on s(Mnblc (Hro i^onoralomonl d'accord sur la position ap|)roximativc de la basiliijuo Julienne sitiioo au sud du Torum , mais son emplacement exact varie selon les plans. Les basiliqu(.'s du cùté du nord laissent plus d'incertitude et ont donné lieu ii de Ioniques conlioverses. D'après M. do Bunsen , les basiliques Fui vienne et Emilienne (20) ne formeraient qu'un seul bâtiment, distinct de la seconde basilicjue Emilienne avec laquelle toutefois il communiquerait de manière à se fondre avec cet édifice (19) sous la dénomination du Basilica Pauli. Ce raisonnement ingénieux est confirmé par les fragments du plan de Rome relatifs au Capitolc , lesquels nous ont conservé la forme de cette double basilique. Mais c'est la une théorie bien hardie et qui sera sans doute vivement attaquée. Du moins, elle a l'avantage de résoudre une des plus sérieuses difficultés de la topographie romaine , c'est-à-dire la question de savoir comment étaient disposées ces nombreuses basiliques que les anciens écrivains placent autour du Forum.

Chercher a donner , à l'aide d'une simple description , une idée complète des diverses théories auxquelles le Forum romain adonné lieu, serait une tache en quelque sorte désespérée. Nous avons donc préféré offrir à nos lecteurs un tableau synoptique pour l'étude duquel il pourra se référer au planque nous avons annexé à ce travail. A l'aide de ce tableau, ils seront h même de constater les divergences qui existent entre les divers écrivains , en ayant soin de se rappeler que ceux-ci ont naturellement assigné h chaque édifice une place difîérente comme un nom différent. La première colonne contient le plan publié par M. de Bunsen en 1836 et réduit par nous ; la seconde , celui qu'il avait donné l'année précédente ; la troisième , le plan de Canina de 1 834 ; la quatrième , celui

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d(; Fen dnlr de 1827 ; enfin la ciruinirme , eeliii quo donna Nibby en 1819. Nous avons rejeté dans une dernière eolonne les o|)inions émises par les éerivains plus anciens , en y comprenant Pialc dont les recherches ne sont [)as assez importantes pour remplir une colonne à part. Toutes les fois que la nomenclature d'une de ces colonnes ne coïncidait pas avec celle de notre plan au sujet de quelque édifice , nous avons eu soin de mettre un astérisque afin de faire voir qu'il est placé par l'auteur dans le voisinage de celui qui lui fait face sur le tableau , et les lettres II. B. D. G. qui suivent le signe , indiquent respectivement que l'édifice en question doit être placé j^lus haut, plus bas; h droite ou à gauche du monument indiqué par le chiffre.

Nos lecteurs sont maintenant au courant de tout ce que pouvait leur apprendre un article aussi restreint au sujet des diverses théories auxquelles ce champ si fertile en spéculations scientifiques a donné naissance. Peut-être paraîtrons-nous avoir traité ce sujet plutôt en sceptiques qu'en enthousiastes , et nous être montrés plus disposés à osciller au milieu des différents systèmes , qu'à nous déclarer le partisan d'aucun d'eux en particulier. Trop souvent jusqu'ici nous avons été la dupe de notre enthousiasme , trop souvent notre imagination a été déçue par des rêves qui ne reposaient que sur des théories vraies la veille et fausses le lendemain. Aussi, à l'avenir, nous ne voulons avoir d'autre source d'émotions qu'une pensée devant laquelle toutes les autres s'effacent , à savoir que nous avons foulé au pied le tombeau des libertés de la république et des splendeurs de l'empire. Cette réflexion aura plus de charmes pour nous que les rêveries auxquelles nous pourrions laisser aller notre imagination , après avoir passé de longues heures sur les ruines du sénat ou médité longtemps sur une colonne brisée de tel ou tel temple en particuher. Quand un philosophe parcourt le champ où s'est livrée jadis une grande bataille , quelle ne serait pas son impatience s'il se voyait h chaque instant interrompu au milieu de ses profondes réflexions par les questions impertinentes d'un homme qui vou-

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iliiiil savoir si un tcrhc (jn'il monlic du (loij^l iccoiivrc la (li'|K)iiillr d'im (dlicicr siipi rieur ou d'un simple soldat? Les seèiies donl ce lieu a jadis elé le llieiilre, le souvenir des ))assioMS , des luîtes , du ean)ai;(^ (|ui l'oiil (oui' l\ tour aniiiK! el eiisaiii^Iaiile , puis l(>s eris de joa; cl les elianls di; Iriompluî donl il a retenli el auMiuelsoiil sueeédé un profond silence et une iniiellc Iraïuiuillilé, aujourd'liui (ju'un ordre de ehos(;s j)lus élevé a repris de nouveau ses droits sur ces champs (pii n'ont fait (jue puiser une nouvelle fertilité dans c(!t amas de ruines; CCS diverses considérai ions banniraient de l'esprit de notre ])enseur tout désir d'entrer dans des détails (jui ik; pourraient ((u'allaiblir ses impressions en parlai^Tant son attention, (^est dans cet esi)rit (pie nous engai^erions le voyaii;eur à conlem- ])lerles ruin^^s do Rome et en particulier celles du Forum. Qu'il médite au lieu de bàlir des théories , (ju'il donne moins de temps à l'étude qu'h la réflexion. Quanta nous, une colonne brisée parle plus haut à notre cœur que ne feraient les Rostres dans leur intégrité : l'enceinte découverte du sénat est plus éloquente que la langue de Tullius, lorsqu'il parlait aux pères Conscrits assemblés. Comment ces monuments, jadis si magnifiques, ont-ils perdu jusqu'aux noms qu'ils portaient? Cette considération seule vaut à nos yeux des volumes de découvertes ; en effet , elle atteste le plus grand triomphe que la destruction ait jamais obtenu sur l'ambition de l'homme. Ceux qu'animait ce sentiment inquiet et orgueilleux, pouvaient-ils, pour perpétuer les fastes de leur histoire , avoir recours à un moyen plus efFicace que de les graver sur le marbre ? Cependant l'inscription et la table qui la soutenaient sont tombées , et de pompeux débris sont seuls debout , sans un mot pour nous apprendre ce qu'ils étaient. Si la religion ne s'était interposée entre le temps et sa proie , à peine resterait-il aujourd'hui un vestige pour guider le voyageur sur le Capitole. C'est elle qui a soustrait à la faux prête à les moissonner les débris qui subsistent, et elle les a sauvés en les consacrant a son usage. C'est ainsi que nous apparaît toujours sa puissance bienfaisante et conservatrice , effaçant les ravages et réparant les ruines que les mauvaises passions des hommes ont causées.

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