III. 1G
Sis MÉLANGftS 8QIBNTIPIQ0K8 BT LtTTiRÂlRB8.
qu'ils supposaient devoir Atra les plus propres à leur plaire, à tei intéresser. Maintenant ces livres étaient :
4 ® L'Esprit des moralistes anglais^ contenant tous les mof* ceaux les plus intéressants sur les mœurs et les usages de la so* ciété, extraits des recueils célèbres connus sous le nom de Mller^ AdventuMrer^ Spectaior^ Idler^ Guardian^ World^ Rambler^ Coimoisseur, CitiMen of the World^ etc.
3® Discours sur différents points du Socinianismet par Ralph Wardlaw.
3^ Elégant extracts (c*est un recueil de morceaux Utiérair» en prose et en vers des plus estimés).
4* Contes de la montagne [Taies of the mountain].
6® Voyage du docteur Johnson aux Hébrides.
6® Discours du docteur Chalmers : Ce sont des discours religieux, où les merveilles de Tastronomie sont employées à établir Texistence de Dieu et la révélation. Cet ouvrage récent jouit d*one immense réputation en Ecosse^ et a eu un nombre prodigieux d'éditions en quelques années.
1^ Lettres du lord Chesterfield à son fils .
go Caractères politiques de 4809 â 18(0.
Ainsi tous ces livres, destinés à l'amusement d'un coche d'eau, étaient tels, que la meilleure compagnie de France ou d'AUemagne aurait pu en faire sa lecture habituelle, et y trouver autant d'instruction que de plaisir. Il me semble que c'est là une sorte d'expérience publique très-propre à monter le degré de civilisation auquel ce pays est parvenu * .
J'ai eu l'occasion d'en faire une autre du même genre. Daas chaque paroisse, les fermiers se réunissent en olubs^ non pas pour boire ou jouer, comme on pourrait le croire, mais pour
A Aujourd'hui^ dans l'année 1858, nous a?ons en FnnoB une bihUotMqa» des Chemins de fer, destinée aul voyageurs de la classe moyenne. Je soiduiferais que quelque moraliste en fit la comparaison at ec le genre de Uvrea qos Je Tiens de désigner, i* B.
ItÊLAlYOBS 60tENTlPlQtJfiS ET LittÉRAIRfiS; 8iâ
converser sur des sujets de politique ou d*agriculture, et poUvoilr obtenir par leur réunion une étendue de connaissances quUls n*acquerraient point en restant isolés. Ces clubs ont ordinairementi tous mômei je crois» une bibliothèqiie entretenue par les souscriptions périodiques des membres qui les composent. Je me suis procuré l'état des livres d'une d'entre elles» celle de la paroisse d'Eddlestonct dans le Comté de Peebles. La liste en est assez curieuse pour mériter d'être rapportée.
Encyclopédie britannique^ SO vol. in*4^. — Supplément à cette Encyclope'die, 8 vol. — Histoire d'Angleterre^ par Hume, 8 vol. — Le Magoêin du fennier (journal périodique de l'agriculture), 17 vol. —Mortimer, Art du fermier, 2 toi.— Voyage d'un fermier danê l'est de l'Angleterre^ 4 voL — Voyage dé $ix mois dans le nord, de l* Angleterre, 4 vol. — EUis, Fermier moderne^ 4 voL -^ Ainslie, Tables de mesurest 4 vol. — Bell, Traité des baux à ferme. ^— Traité de vaccination. — Procès du picomte de Meltitle. — Géographie de Playfair, 6 vol.--' Discours de lord Grenville suf le bill pour améliorer l'administratiob de la justice dans les cours d'assises» —Description topographique des comtés de Peebles^ Roxburg, et Selkirk. — Le Gentilhomme laboureur, par lord Kames. — Hunter, Essais sur les chants, 4 vol. — Hunter, Lettres. — Jonhsson, Traité des dessèchements. -^Essais divers sur la culture. — Mémoires d*%me société d^ agriculture. —Essais qui ont remporté les prix proposés par la société formée pour l* amélioration du sort des montagnards écossais. — Traité sur la tourbe, par Acton. — Rapports sur légalisation des poids et mesures.
En tout quatre-vingt-sept volumes, au nombre desquels est TEncyclopédie d'Edimbourg, qui, par l'étendue et la profondeur des articles qu'elle renferme, est comme une collection complète de traités faits sur toutes les parties des connaissances humaines^ non par des compilateurs superficiels, mais par des hommes les plus forts que l'on puisse trouver dans chaque genre, tant en
S4i MÉLANGES SCIENTIFIQUES ET LITTERAIRES.
Angleterre que sur le continent. C'est dans des réunions de ce genre, par la lecture de livres utiles, et qui partout ailleurs sembleraient exclusivement réservés aux savants de profession, que les fermiers d'Ecosse prennent les connaissances et les données nécessaires pour réaliser tous les perfectionnements et toutes les améliorations dont leur agriculture est susceptible. Il faut reourquer que, dans cette t&che délicate, ils sont éclairés et même guidés par les grands propriétaires, qui sont fermiers euxmêmes, au moins pour une portion de leurs terres, et comnif tels ne dédaignent pas d'inscrire leur nom au club des fennierà de leur arrondissement, d'y contribuer comme les autres, d*} assister de temps en temps, et de préparer par leurs essais Tintroduction des pratiques nouvelles que leur éducation supérieure les met les premiers en état de connaître, et que leur fortune leur donne aussi plus de moyens d'éprouver. En général, toutes les relations des propriétaires sont arrangées, en Ecosse, de manière à entretenir entre ces deux classes une mutuelle conflance* et même une affection très-vive, fondée, d'un côté, sur la bienveillance, les bienfaits, et une communication continuelle de lumiëres, et, de l'autre, sur la reconnaissance et le respect. Hais cette connexion est trop importante et a trop d'influence sur le bonheur du pays, pour être ainsi seulement indiquée; elle mérite d*étre exposée à part, et, si on le désire, j'en donnerai les détails ailleurs. Enfin il est reconnu de tout le monde, en Ecosse, que c'est à l'éducation reçue dans la jeunesse, que le peuple écossais doit cette honorable et généreuse fierté qui le distingue dans toutes les circonstances de sa pénible vie, qui le soutient dans le rude et continuel travail par lequel il achète sa subsistance, et qui l'a fait jusqu'ici, malgré sa pauvreté, résister à l'action démoralisante de la taxe des pauvres; l'honneur et la conscience de si dignité personnelle animant le paysan écossais aux plus grands efforts de l'industrie et du travail, avant qu'il se résolve à perdrv ainsi son caractère et son indépendance.
Eq achevant ce tableau d'une civilisation si parfaite, je dois faire remarquer que les traits dont il se compose n'ont rien d'idéaly et ne sont pas même embellis par l'imagination. Je les ai tous recueillis sur la nature même, soit dans mes observations personnelles, soit dans la conversation des grands propriétaires, qui sont eux-mêmes un instrument si puissant du bonheur de ce pays. L*un 4'eux, H. Colin Mackensie, grand propriétaire, des plus distingués entre les familles qui portent ce nom, et attaché à la cour suprême d'Edimbourg, a bien voulu se complaire à m'expliquer lui-même la plupart de ces utiles détails. Cet homme excellent et plein de lumières m\ remis sur ce sujet, et en général sur l'état moral de TÉcosse, des renseignements écrits dont j'ai fait ici usage, et dans lesquels j'aurai encore plus d'une occasion de puiser. J*ai aussi profité d'un mémoire manuscrit qui m'a été adressé sur le même sujet par le recteur de l'Académie de Dundee. Enfin j'ai trouvé de fort bons renseignements dans un recueil périodique publié tous les trois mois en Ecosse, sous le nom de Litterary and statistical magazine for Scotland. Cet ouvrage, dont il n'avait encore paru que trois numéros en 4847, à l'époque de mon voyage, est principalement destiné pour les maîtres d'école ; et, ce qui n'est pas moins remarquable que celte destination même, il est rédigé par une association de plusieurs d'entre eux.