MAISONS
Nature des terres. — Sur les bords de la Seine, on observe les mêmes couches que sur ceux de la Marne, mais il s'y présente moins de sable et les terres sont moins légères. A quelques pas de la rivière et sur la direction de Maisons, on trouve de grosses pierres siliceuses qui s'élèvent au-dessus du sol : elles paroissent former une masse plus considérable que ce qui se montre au dehors.
Auprès de cette paroisse, à l'ouest, on voit :
De terre végétale 10 pouces.
De terre jaunâtre, mélangée d'argile, de
sablon jaune, de terre calcaire 3 pieds
De sablon 2 —
5 pieds 10 pouces.
GRETEIL.
Observation générale. — La paroisse de Créteil est située vers la Marne ; elle est beaucoup au-dessus du niveau de la rivière, qui forme en cet endroit des îles très agréables par les belles prairies qu'on y voit. Le noyer, l'orme et les saules croissent sur ses bords et en augmentent la beauté.
Nature des tenues. — Dans un lieu à côté du village, où Ton a exploité anciennement des carrières de pierre calcaire, le terrain à découvert présente :
De terre végétale 9 pouces.
De terre mêlée de sable et de parties calcaires 3 pieds
De sable mêlé avec des cailloux siliceux de différentes grosseurs ne faisant point effervescence avec les acides 3 pieds 6 pouces.
De sable de même qualité mais sans cailloux 2 pieds
Au-dessous, une terre grise argileuse, approchant de la nature des marnes.
9 pieds 3 pouces.
Vers la rivière, le terrain est coupé et l'on voit :
De la terre rougeâtre végétale 1 pied .
De terre sablonneuse mêlée avec des fragmens imperceptibles de coquilles 2 —
De sablon mêlé avec des cailloux siliceux de différentes grosseurs 3 —
G pieds.
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L'espace d'environ deux cents pas, on trouve au bord de l'eau beaucoup de cailloux calcaires et siliceux de différentes grosseurs. Après ces cailloux, en remontant la rivière, on voit au niveau de l'eau une argile grasse, onctueuse, blanchâtre, mélangée de terre calcaire faisant effervescence avec les acides.
Carrières de pierre de liais. — On retire en différens lieux, entre Maisons et Créteil, une pierre calcaire à grain fin, que les ouvriers nomment pierre de liais. On avait exploité ces carrières autrefois à ciel ouvert, comme on le voit en différens endroits et principalement près du village de Créteil. On pratique à présent des ouvertures en forme de puits par où je suis descendu dans une carrière. Les couches supérieures ne peuvent s'apercevoir jusqu'à 18 pieds de ^profondeur ; le trou est bâti pour empêcher l'éboulement des terres. On trouve à cette profondeur :
1° Un banc de pierre calcaire à grain grossier ou pierre coquillère dont la substance testacée n'existe plus et dans laquelle on n'aperçoit que les moules intérieurs de ces coquilles ; son épaisseur est de 3 à 4 pieds. Ce banc forme trois ou quatre couches horizontales ;
2° Un banc de la pierre de liais ou pierre calcaire à grain très fin, n'ayant aucuns fragmens de coquilles apparens; son épaisseur est de 4 pieds à 4 pieds 1/2; elle a pareillement quatre à cinq couches séparées les unes des autres. On scie cette pierre, on en fait des carreaux pour des pavés et on la taille pour des édifices ; elle prend un beau poli ;
3° Au-dessous de la pierre fine, on retrouve la pierre du banc supérieur, à grain grossier et mélangée des mêmes coquilles.
OLIVILR.
MESLY.
Ses productions. — Le petit village de Mesly dépend de la paroisse de Créteil; son terrain produit du blé, du seigle et de l'avoine. Il y a quelques jolies prairies vers la Seine, et le coteau à Test du village est planté de vignes ; on retire dans cet endroit un plâtre blanc et de bonne qualité.
Carrières de plâtre. — Je suis descendu dans une de ces carrières et j'ai observé immédiatement, au-dessous de la couche végétale et jusqu'à la profondeur de 20 pieds, un mélange de terre blanchâtre, de craie, de marne et de quelques morceaux détachés de pierre calcaire presque décomposée. Cet espace est soutenu en maçonnerie pour empêcher l'éboulement des terres. Au-dessous et l'espace de plus de 60 pieds, on voit une marne crayeuse, dure, blanche, se décomposant à l'air, faisant effervescence avec les acides. Les ouvriers nomment cette pierre moït. Cet espace est souvent coupé horizontalement par des couches de 5 à 6 pouces d'épaisseur d'une argile grise, pure, [dure, se durcissant davantage à l'air, ne faisant point effervescence avec les acides. A la profondeur de 80 pieds, j'ai vu deux couches de plâtre confusément cristallisé, de 5 à 6 pouces d'épaisseur et distantes l'une de l'autre de 2 pieds ; elles sont interposées dans le bout de cette pierre marneuse. Le banc de gypse se trouve à 5 ou 6 pieds au-dessous ; il a environ 3 pieds 1/2 d'épaisseur, dont 2 1/2 de gypse blanc à grain fin et 1 pied ou 15 pouces de gypse cristallisé. Sous le banc de gypse, on trouve une pierre cal-
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caire dure, blanche, ayant le grain et l'apparence du gypse. Le banc de moït est séparé de celui du gypse, dans toute son étendue, par une couche d'argile de 1 pouce d'épaisseur, très pure et qui ne fait point effervescence avec les acides ; elle paraît de même nature que celle qui est interposée dans le banc de moït; les argiles sont grises lorsqu'on les retire ; elles deviennent blanchâtres et durcissent en perdant leur humidité.
Dans la pierre marneuse qui est au-dessus du banc de plâtre, on trouve des cristaux très beaux de gypse feuilleté : sa forme est toujours celle d'un fer de lance.
La pierre de plâtre de Mesly fait une légère effervescence avec les acides; les cristaux n'en font point du tout.
Les diverses couches de ces carrières sont parfaitement horizontales ; j'ai seulement aperçu une légère inclinaison vers la partie méridionale, à l'endroit qui correspond à celle du coteau.
Je parlerai des remises des différens arbres et arbustes qui les composent, des prairies, etc., lorsque la végétation plus avancée permettra de reconnaître mieux les différentes espèces d'arbres et de plantes.
Le gibier est très abondant dans ces paroisses et cause des dommages considérables aux blés, seigles, avoines, pois, etc.
Observations particulières. — J'ai trouvé le long des deux rivières quelques coquillages fluviatiles que les eaux ont déposés sur leur bord. Les espèces sont les suivantes :
Hélix vortex, Linné.
— vivipara, —
— auricularia, —
Hélix citrina, Linné, varietas.
— Stagnalis, —
— putris, — Myapictorum, — Tellina pisiformis, — Nerita littoralis, —
Après avoir exposé la nature du terrain des paroisse d'Alfort, Maisons et Créteil; après avoir parlé de quelques unes de leurs productions, il nous restait à faire mention des prairies, qui sont une des principales cultures de ces paroisses.
Les prairies sont ou naturelles ou artificielles. On nomme prairie naturelle celle que la terre produit d'elle-même, sans qu'on ait semé les graines des plantes qui y naissent et y croissent. La prairie artificielle est celle qui est le résultat de Fart ; celle que le cultivateur a su se procurer en semant une graine convenable dans une terre préparée et destinée à cela. Les prairies artificielles de ces paroisses sont composées de plantes légumineuses et de quelques graminées; nous les rapporterons ci-après et nous donnerons aussi la liste des plantes graminées qui se trouvent dans les prairies naturelles.
Aux environs de Paris, on entend presque toujours par prairies artificielles celles où Ton a semé de la luzerne, du trèfle, du sainfoin, etc. ; on sème rarement des plantes graminées seules, comme dans quelques provinces où les terres sont arrosables.
Les prairies naturelles ne viennent bien que dans une terre fertile et un peu humide. Une terre forte convient mieux aux plantes graminées qu'une terre
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légère et sablonneuse : dans celle-ci, au contraire, les plantes légumineuses, le sainfoin, le trèfle et la luzerne réussissent très bien.
On prépare pendant l'hiver la terre que l'on destine en prairie. On donne pour cela deux labours : le premier à la fin de l'automne et le second dans le mois de février ; on en donne ensuite un troisième en mars ou avril et on y sème la graine ; on a soin de bien briser la terre et de l'unir. Dans les provinces méridionales, on sème indifféremment en automne ou au printems les prairies artificielles ; mais il y aurait à craindre, à Paris, que les gelées de l'hiver ne détruisent la jeune plante, qui n'a pas eu le temps de pousser assez vigoureusement pour être en état d'y résister. Si le printems est pluvieux et chaud, la plante fait des progrès assez rapides, et on la fauche dès la première année, dans le mois de juillet.
Dans les paroisses de Maisons, de Créteil et d'Alfort, on sème rarement une seule espèce de graine ; on mêle indifféremment la luzerne, le sainfoin, le trèfle, la vesce, etc., avec différentes graminées. Cette méthode ne doit pas être bonne, car les trèfles, ne s'élevant pas à la hauteur des luzernes, sont étouffés par cette plante; et les sainfoins, fleurissant longtemps avant les autres, devroient être coupés plus tôt ; ils souffrent toujours du retard que les luzernes et les trèfles nécessitent. La luzerne et le sainfoin devroient donc être semés seuls; mais on pourroit, si on vouloit, faire un mélange avec beaucoup de trèfle et de vesce, peu de luzerne et quelques plantes graminées, qui n'auroient point d'inconvénient et qui donneroient un fourrage excellent.
Les prairies que j'ai trouvées dans ces paroisses ne sont pas toutes d'une même nature ni d'un produit égal : souvent, à côté d'une prairie belle et vigoureuse, on est étonné d'en trouver une dans un état de langueur. J'ai examiné avec attention quelle pouvoit en être la cause, et j'ai cru reconnoître que cela dépendoit : 1° de la nature du terrain; 2° de la différence des engrais ; 3° de l'âge de la prairie ; 4° des espèces de plantes qui la composent ; 5° enfin de la mousse, qui souvent en détruit une partie.
1° Quoique ces terres soient, à peu de chose près, d'une même nature, qu'elles soient partout légères et sablonneuses, elles varient souvent; le sable est quelquefois plus abondant dans un lieu que dans un autre, et la couche végétale est plus ou moins épaisse ; 2° si on a négligé de mettre des engrais, s'ils n'ont pas été suffîsans, ou s'ils n'ont pas été d'une bonne qualité, la prairie ne sera pas bien vigoureuse; 3° c'est à l'âge de trois, quatre, cinq et six ans qu'une prairie en sainfoin, trèfle et luzerne, est dans sa plus grande force ; après ce tems, la plante commence à dépérir insensiblement, et la prairie a besoin alors d'être renouvelée ; tandis que les prairies naturelles, au contraire, composées de plantes graminées, semblent devenir toujours meilleures, surtout si le terrain leur convient, s'il est gras et humide, et si l'on ne néglige pas les engrais ; 4° on doit faire attention à la qualité de plante que l'on sème et à la nature de la terre ; le sainfoin est la plante qui réussit le mieux dans le plus mauvais terrain; la luzerne y végète bien aussi, mais elle ne s'y plaît pas autant, et le trèfle demande une terre plus forte, plus humide; 5° les prairies sont souvent en-
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dommagées par une espèce de mousse qui croît et s'étend prodigieusement; elle en détruit la plante ou la rend languissante. Le moyen le plus sûr pour la détruire, c'est de herser la prairie pendant l'hiver ; on enlève par ce moyen la mousse sans nuire à la prairie.
Lorsqu'une de ces causes ou plusieurs agissent ensemble, la prairie est d'une mauvaise qualité; si, au contraire, on a bien préparé la terre avant de la semer, si on a mis suffisamment des engrais, si la couche végétale est d'environ 1 pied d'épaisseur, si les sables ne dominent pas, si la prairie n'a que trois, quatre ou six années, si on a su faire un bon choix des espèces de plantes qui réussissent le mieux dans le sol que l'on veut cultiver, si on détruit soigneusement la mousse, la prairie sera vigoureuse, elle donnera un fourrage abondant et dont la qualité sera très bonne.
La luzerne et le sainfoin sont les plantes qui réussissent le mieux dans ces paroisses. Les luzernes étoient beaucoup plus belles du côté de la Seine que dans les autres endroits, parce que la terre est meilleure et la couche végétale plus épaisse. Le trèfle y réussit aussi très bien; mais il faut choisir le meilleur terrain, celui qui est le plus gras et le plus humide. Le sainfoin seroit donc la plante qui conviendroit le mieux dans les terres de ces paroisses ; mais il a un inconvénient : c'est que, fleurissant plus tôt que les luzernes et les trèfles, il devroit aussi être coupé plus tôt; il auroit eu besoin de l'être cette année. Au commencement du mois de juin, la plupart même souffroient déjà; mais un ordre supérieur oblige les cultivateurs à ne les couper que le 15 du mois. Les années où le printems est sec et chaud, la plante ne s'élève pas si haut
que lorsqu'il est humide. Elle fleurit plus tôt, et si on ne la coupe dans le tems convenable, le fourrage est moins abondant et la qualité en est inférieure. La luzerne et le trèfle n'ont pas cet inconvénient : ils fleurissent plus tard et ne sont guère en état d'être coupés que vers le milieu du mois de juin, tems où il est permis de le faire.
On fait encore des prairies qui ne donnent qu'une seule récolte, avec la vesce. On sème cette graine dans le mois de mars ; on la mêle avec de l'orge , de l'avoine, etc. On la coupe à la fin de juin, c'est-à-dire après la fleuraison de la plante et avant la maturité des graines. Ce fourrage est très abondant et de très bonne qualité ; c'est celui qui convient le mieux pendant l'hiver aux bœufs ; les chevaux l'aiment aussi beaucoup ; il est très nourrissant. L'eau est nécessaire pour sa végétation. S'il ne pleut pas souvent dans le mois d'avril et de mai, les prairies languissent, la plante souffre et ne prend pas tout l'accroissement dont elle est susceptible; il arrive même que lorsqu'il ne pleut pas de quelque tems, la plante périt sur sa tige, dans les terres maigres, sablonneuses et sèches.
Il faut renouveler souvent les prairies artificielles ; elles ne sont bonnes et vigoureuses que pendant cinq à six années; on doit, après ce tems, ensemencer ces terres en blé, seigle, orge ou avoine ; quelques années après, on peut les remettre en prairies. Il est avantageux de varier les cultures pour obtenir de meilleures récoltes. La terre est bientôt épuisée en fournissant toujours les mêmes substances pour l'entretien de la même plante, à moins qu'on ne répare ses pertes par une plus grande quantité d'engrais.
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La luzerne réussit bien dans toutes les terres de ces paroisses ; elle est répandue partout et partout mêlée avec le trèfle , le sainfoin et avec quelques plantes graminées ; elle est très belle et très haute, du côté de la Seine, sur le coteau de Mesly, et à quelques endroits de Créteil. Elle paroît avoir un peu souffert de la sécheresse ; elle n'a pas pris du tout l'accroissement qu'elle auroit pris sans doute, si le printems eût été pluvieux. Elle fleurit au commencement de juin, et elle doit être coupée vers le milieu du mois.
Le sainfoin réussit bien mieux que la luzerne dans les terres maigres, sablonneuses et sèches; cette plante fleurit à la fin du mois de mai, et devroit être coupée les premiers jours de juin. La sécheresse ayant hâté, cette année, la maturité de cette plante, les prairies de sainfoin ont beaucoup souffert, parce qu'on n'a pu les faucher dans le tems le plus convenable.
Le trèfle exige un terrain plus gras et plus humide que ne l'exigent le sainfoin et la luzerne. Il y a quelques prairies vers la Seine, dans la paroisse de Maisons, qui sont un mélange de trèfle et de luzerne ; cette plante y étoit fort belle et la luzerne ne la dominoit pas.
Les cultivateurs prétendent que l'usage du trèfle seul, lorsqu'il est frais surtout, est dangereux pour les chevaux et les bœufs; il les échauffe, leur dissout le sang et leur occasionne des maladies souvent mortelles; si cela est vrai, la luzerne devroit faire le même effet.
La vesce est très bonne pour les bestiaux, et surtout pour les bœufs ; elle fournit un fourrage abondant ; on la mêle ordinairement avec l'avoine et avec quelques autres graminées; on la sème dans le mois de mars. Cette
prairie ne dure qu'une année; après l'avoine fauchée, on prépare tout de suite la terre pour l'ensemencer.
Parmi les diverses plantes qu'on trouve dans ces prairies, le mélilot est une de celles qui y croissent le plus abondamment. Il n'est pas douteux qu'il ne fournisse un fourrage excellent, et il se plaît et croît également bien dans tous les terrains. Il s'élève à la hauteur de plus de 2 pieds. Il semble qu'on pourroit le cultiver avec avantage et le semer avec la luzerne.
Les prairies naturelles ne sont pas abondantes dans les paroisses d'Alfort, Maisons et Créteil. Il y en a quelques-unes, principalement vers les deux rivières, qui ne sont pas bien vigoureuses. La seule que j'aie vue, dont l'herbe est très épaisse et très haute, c'est une île que forme la Seine dans le terroir de Maisons. Cette île est couverte de saules, et pendant l'hiver, lorsque les pluies sont abondantes et que la rivière grossit, les eaux la surmontent et y déposent un limon qui la fertilise. On y arrive, à présent qu'elles sont basses, à pied sec. Les prairies naturelles ne réussissent bien que dans les lieux bas et dans les terrains gras et humides. Ceux qui, par leur situation, peuvent être exposés aux innondations, ceux sur lesquels les eaux, par leur séjour, déposent un limon, doivent être laissés en prairies; les grains qu'on y sèmeroit pourroient être emportés par les eaux ou auroient trop à souffrir de leur séjour. Plusieurs plantes graminées croissent naturellement dans ces prairies ; la plupart sont également répandues dans les naturelles et dans les artificielles. Voici les espèces que j'y ai remarquées :
N° 1. Avena elatior (Linné). — C'est l'espèce de graminée qu'on choisit de préférence lorsqu'on veut faire une prairie artificielle en
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graminées dans une terre arrosable. Elle exige un terrain gras et un peu humide; elle s'élève à la hauteur de 2 pieds ; elle fournit le meilleur fourrage pour les chevaux et les autres bestiaux. Elle doit être coupée après la fleuraison, un peu avant la maturité des graines.
No 2. Avena flavescens (Linné). — Cette plante s'élève à peine à la hauteur de 1 pied ; elle croît principalement dans les prairies les plus sèches. Elle fournit un fourrage excellent. Elle est cependant moins recherchée que l'espèce précédente, parce que, ne s'élevant pas à la même hauteur, elle donne beaucoup moins de fourrage. On doit la couper avant la maturité des graines.
N° 3. Avena pratensis (Linné). — Cette espèce s'élève à la hauteur de 2 pieds et fournit un très bon fourrage, presque aussi estimé que l'espèce no 1. Elle doit être coupée avant la maturité des graines, peu de tems après sa fleuraison.
N° 4. Alopecuras pratensis (Linné). — Cette graminée s'élève à la hauteur de plus de 1 pied; elle se plaît dans toutes les prairies, mais dans celles surtout qui sont grasses et humides. Elle donne un assez bon fourrage.
N° 5. Alopecurus agrestis (Linné). — Cette espèce s'élève à la hauteur de la précédente et lui ressemble pour la qualité. L'une et l'autre doivent être coupées peu de tems après la fleuraison.
No 6. Bromus secalinus (Linné). — Cette graminée, qu'on trouve partout dans les champs et dans les prairies, s'élève à la hauteur de près de 2 pieds. Elle fournit un très mauvais fourrage, que les chevaux laissent lorsqu'il est trop dur. Elle doit être coupée dès qu'elle fleurit.
No 7. Bromus slerilis (Linné). — Cette espèce ressemble assez à la précédente; elle est pour le moins d'une aussi mauvaise qualité. Elle doit être coupée dès qu'elle fleurit, sinon elle durcit, et les chevaux n'en veulent plus goûter.
N° 8. Bromus arvensis (Linné). — Cette espèce ressemble aux précédentes pour les qualités ; elle s'élève à peu près à la même hauteur. Elle doit, comme les autres, être coupée dès qu'elle fleurit, pour qu'elle ne durcisse Das tron.
v-^.j.1 . jjiiv/ uuii( rumine ico al
qu'elle ne durcisse pas trop.
No 9. Bromus tectorum (Linné). — Cette espèce n'est pas d'une qualité aussi mauvaise que les trois précédentes. Si on la coupe avant qu'elle ne durcisse, elle s'élève à la hauteur de l'pied 1/2.
Observations. — En général, tous les Bromus donnent un très mauvais fourrage, et quoique les cultivateurs les rejettent toujours dans le choix qu'ils font des graminées, ils sont cependant répandus dans toutes les prairies.
No 10. Dactilis glomerata (Linné). — Cette plante se trouve en abondance dans toutes les prairies ; elle fournit un fourrage de médiocre qualité; elle s'élève à la hauteur de 1 pied 1/2. Elle doit être coupée peu de tems après sa fleuraison.
No 1 1 . Hordeum murinum (Linnéj. — Cette plante croît abondammant dans quelques prairies ; on la trouve très répandue sur les bords des chemins et des lieux qu'on ne cultive pas; elle fournit un fourrage de médiocre qualité. Elle doit être coupée à l'époque de sa fleuraison, sans quoi elle durcit considérablement, et alors les chevaux la rejettent.
No 12. Trilicum repens (Linné). — Le chiendent croît indifféremment dans tous les champs, et il nuit, lorsqu'il est trop abondant, aux blés, seigles, orges, etc., à cause de sa racine rampante. Il fournit dans les prairies un assez bon fourrage lorsqu'il est coupé peu de tems après sa fleuraison; il s'élève à peu près à la hauteur de 1 pied 1/2.
N° 13. Poa angustifolia (Linné). — Cette plante s'élève à la hauteur de plus de 1 pied et fournit un très bon fourrage dont les chevaux se nourrissent volontiers. Elle doit être coupée après sa fleuraison et avant la parfaite maturité des graines.
No 14. Poa pralensis (Linné). — Cette espèce ressemble à la précédente; elle fournit, comme elle, un très bon fourrage; elle s'élève à la hauteur de 1 pied.
No 15. Lolium perenne (Linné). — Cette graminée ne s'élève guère qu'à la hauteur de l pied; elle fournit un fourrage excellent; elle est beaucoup répandue dans les prairies et dans les champs. 11 faut la couper après la fleuraison, avant la maturité des graines.
No 16. Phleum pratense (Linné). — Cette plante s'élève à la hauteur de 1 pied 1/2 et donne un fourrage excellent. Il faut la couper un peu après la fleuraison, avant la maturité des graines.
N° 17. Briza média (Linné1!. — J'ai trouvé cette plante en abon-
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dance dans une prairie naturelle au delà de Maisons; elle naît dans les lieux secs; elle s'élève à peine à la hauteur de 1 pied; elle donne un fourrage de médiocre qualité, et il faut la couper dans le tems de la fleuraison.
N° 18. Fesluca rubra (Linné). — J'ai trouvé cette plante dans les prairies les plus sèches ; elle ne s'y élève guère qu'à la hauteur d'un 1/2 pied; les chevaux s'en nourrissent volontiers.
N# 19. Festuca elatior (Linné). — Cette plante se plaît dans les lieux gras et humides; elle croît en abondance dans l'île que forme la Seine dans le terroir de Maisons; elle fournit un fourrage excellent ; elle s'élève à la hauteur de 2 pieds et même davantage.
On trouve encore différentes plantes dont je parlerai en faisant rénumération des plantes trouvées en fleur dans le terroir de ces paroisses.
Remises. — Le gibier est très abondant dans ces paroisses et y cause beaucoup de dommages. Les lapins et les lièvres détruisent pendant l'hiver beaucoup de seigles et de blés, dont ils se nourrissent. Les remises y sont assez multipliées ; elles sont composées de différons arbres et arbustes. La terre étant meilleure du côté de la Seine, ils y sont aussi plus vigoureux. De six en six années, plus ou moins, on les coupe pour empêcher qu'ils ne s'élèvent à une hauteur trop considérable. On divise pour cela la remise en quatre portions égales, et on y fait successivement des coupes. Les remises servent de retraite au gibier. Les lapins y font leurs terriers, et par ce moyen ils n'occasionnent pas dans les champs un dégât si considérable qu'ils le feroient.
Arbres et arbrisseaux qui composent ces remises.
Le charme (Carpinus betulus, Linné).
L'orme {Ulmus campestris, Linné).
Le tilleul {Tilia europea, Linné).
Le bouleau {Betula alba, Linné).
Le saule Marceau {Salix caprœa, Linné).
Le chêne (Quercus robur, Linné).
L'érable sauvage {Acer campestre, Linné).
Le fusain {Evonimus europaôus, Linné).
L'aubépine {Cralœgus oxijacanta, Linné).
Le prunellier {Prunus spinosa, Linné).
Le sureau {Sambucus nigra, Linné).
Le troënne {Ligustrum vulgare, Linné).
L'églantier {Rosa canina, Linné).
Le noisetier (Corylus avellana, Linné).
Le cornouiller rouge {Cornus sanguinea, Linné).
Plantes particulières aux remises.
La Benoite {Geum urbanum, Linné).
Le polygala {Polygala vulgaris, Linné).
La cyvoglosse (Gynoglossum officinale, Linné).
La douce-amère {Solanum dulcamara, Linné).
La brione {Brionia alba, Linné).
Une aristoloche (Arislolocfiia clematitis, Linné).
Le houblon {Humulus lupulus saliclarius, Linné).
La bardane {Arctium lappa, Linné).
Le chardon à foulon {Dipsacus fulonum, Linné).
La grande cousoude (Symphytum officinale, Linné).
Observation. — Cette dernière plante ne se trouve que dans les remises qui sont du côté de la Seine.
Plantes fleuries dans les champs.
Vicia cracca, — Espèce de vesce : elle se trouve dans quelques prairies.
OEnanthe pimpinelloïdes. — Dans les prairies : vers la Seine.
Senecio jacobœa. — Espèce de séneçon : dans tous les prés.
Veronica teucrium. — Espèce de véronique : dans les prés.
Adonis vernalis. — Dans les champs, les blés.
Planlago lanceolata. — Plantains : dans toutes les prairies.
Plantago major.— Plantains : dans toutes les prairies.
Raphanus raphanistrum. Sinapis arvensis. — Ces deux plantes croissent partout : elles sont très abondantes et elles nuisent considérablement aux blés, orges, seigles, pois, etc., etc.
Centaurea cyanus. — Le bluet : dans les blés, seigles.
Agrostemma githago. — Nielle des blés : cette plante vit dans les
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blés, les orges, les seigles, etc.; sa graine se trouve toujours mêlée avec le blé ; elle n'est pas nuisible, elle rend seulement la farine moins blanche et moins bonne.
Campanula spéculum. — Dans les champs.
Trifolium melilotus off. — Mélilot : dans les champs, les prés.
Scandic pecten veneris. — Dans les champs.
Galium luteum. — Caille - lait : cette plante est très abondante dans les prairies; les chevaux s'en nourrissent volontiers.
Echium vulgare. — Vipérine : dans les prés, dans les champs.
Rumex crispus. — Espèce d'oseille : dans les prés.
Cucubalus belien. — Dans les prés.
Lignis dioïca. — Dans les prés, dans les champs.
Hyacinthus comosus. — Dans les seigles.
Scabiosa succisa. — Scabieuse : dans les prés.
Convolvulus arvensis. — Liseron : dans les champs, les blés.
Fumaria officinalis. — Fumeterre : dans les champs, les blés.
Potentilla reptans.*— Quintefeuiile : dans les champs, les prés.
Spirœa filipendula. — Filipendule : dans les prés.
Sanguisorba officinalis. — Pimprenelle : dans les prés.
Rynanthus crislagalli. — Dans les prés.
Butomus umbellalus. — Sur les bords de la Seine.
Salvia pralensis. — Dans les prés.
Hyoscyamus . — Jusquiame : du côté de Créteil.
Coronilla varia. — Dans les prés : sur les murs du parc de Bercy.