III. — DE L'ARBORICULTURE FRUITIÈRE
Un rapport récemment publié dans le San-Francisco chronicle (1er février 1886), sur les progrès réalisés en Californie pendant Tannée 1885 par la culture de la vigne et des arbres fruitiers, offre un grand intérêt et nous signale des faits qu'il faut constater. La production des fruits s'organise en Californie, grandit sans cesse aux États-Unis, comme au Canada, et menacera l'Europe, peut-être prochainement, d'une concurrence sérieuse.
Bien que la viticulture et l'arboriculture fruitière sur les côtes du Pacifique soient encore, d'après les Américains eux-mêmes, dans une première période de développement , les résultats acquis depuis peu d'années permettent de prédire aux producteurs de fruits des succès beaucoup plus brillants que les succès remportés par les producteurs de céréales. Aussi, tous les efforts, toutes les préoccupations des hommes d'initiative de la Californie se concentrent-ils sur ces deux branches de l'économie rurale, la viticulture et l'arboriculture fruitière. Il est à craindre, si la France ne déploie pas une égale énergie, qu'avant peu d'années, les fruits, comme les céréales de l'Amérique, ne fassent irruption sur nos marchés et sur les marchés que nous servons.
Jusqu'en 1884, les expéditions de fruits vers les États de l'Est avaient pris de notables proportions; mais elles ne parvenaient pas à satisfaire à toutes les demandes. Les raisons abondent. Les cultivateurs man-
quaient d'informations sûres, se faisaient entre eux une concurrence déréglée, n'avaient aucun moyen de se tenir au courant des progrès techniques; en un mot, n'opéraient pas avec sûreté et avec ensemble. Pour faire disparaître ces entraves, il fallait agir de concert, se grouper et s'unir : telle est l'origine de l'association intitulée Y Union fruitière Californienne, créée au commencement de 1885, et composée, à la fin de la même année, de plusieurs centaines de cultivateurs d'arbres fruitiers. Il est intéressant de mettre en lumière l'organisation de cette association et d'en résumer les règles statutaires.
Union fruitière de Californie. — Suivant les statuts de cette association, un régisseur général est chargé de veiller aux affaires de la corporation, de diriger les expéditions des produits aux marchés, de les vendre, sous le contrôle de l'association. Il devra diviser toute la Californie en districts producteurs, et grouper ces districts suivant leur proximité de chaque port d'embarquement ou de chaque centre d'expédition. Il préparera une statistique minutieuse du nombre et des variétés d'arbres à fruits et de vignes dans chaque district, de leur rendement probable pendant chaque campagne, de manière à pouvoir calculer sur des données sérieuses les opérations commerciales que comportera chaque région ; car il convient d'être fixé à l'avance sur la quantité et la qualité des produits, pour lesquels il faudra chercher et trouver des débouchés. En outre, il sera tenu de visiter de sa personne les différentes régions de la Californie : il établira, partout où il le jugera à propos, des agences locales qui contrôleront les expéditions et prêteront leur concours aux plans de V Union.
Il se rendra également dans les États de l'Est où les produits californiens pourraient trouver placement, afin d'y prendre les mesures nécessaires à leur prompt et fructueux écoulement.
L'Union fruitière de Californie espère, par cette organisation, éviter aux producteurs californiens les déceptions, les erreurs auxquelles chacun est exposé quand il est abandonné à lui-même, et elle réussira dans sa tâche.
Le but est aussi d'affranchir le producteur des tarifs exorbitants de transport et des inconvénients qu'entraîne le mode d'expédition, toujours vicieux dans des administrations non surveillées et non contrôlées. Enfin, on espère que, grâce à ces mesures d'ensemble, les fruits de Californie s'écouleront avantageusement à New- York, à Boston, à Philadelphie et dans les autres cités maritimes de l'Atlantique, après avoir pourvu à la consommation des grandes villes de l'intérieur, telles que Chicago, Saint-Louis-du-Missouri, Cincinnati, etc. On a surtout Chicago en vue, dont la position géographique est si favorable pour en faire un centre de distribution à 500 kilomètres à la ronde. L'Union fruitière compte y établir une sous-agence chargée de retourner les produits immédiatement, afin d'empêcher que pendant des séjours prolongés les fruits ne s'altèrent et ne se perdent.
Cette perspective d'expéditions de fruits vers les points les plus éloignés et les plus convenablement choisis, avec la certitude pour les intéressés que les produits seront bien traités, rapidement transportés et réalisés aux époques des meilleurs cours, a imprimé aux cultivateurs californiens une activité remarquable et sti-
mule l'ardeur ingénieuse des inventeurs. C'est ainsi que l'on vient de construire un wagon fruitier d'un nouveau modèle, à l'intérieur duquel on pourra entretenir des températures constantes, selon l'espèce et la qualité des fruits qu'on voudra expédier.
De l'arboriculture fruitière dans les diverses régions de la Californie. — Jetons maintenant, au point de vue de la production des arbres fruitiers, un rapide coup d'œil sur les différentes régions de ce vaste État de Californie, dont la superficie est de 188,981 milles carrés (environ 40 millions d'hectares), et faisons un moment un peu de géographie et de statistique agricoles.
La culture fruitière est extrêmement prospère dans la région du nord, particulièrement dans les comtés de Yuba et de Butte, où l'on produit d'excellentes pommes et surtout des oranges. La vigne y réussit également bien, et les raisins y atteignent un volume remarquable.
On en peut dire autant du groupe formé par les comtés de Nevada, de Placer et de l'Eldorado, qui, en 1885, n'ont pas expédié moins de 307 wagons de fruits. Le seul comté de Placer possédait, au commencement de 1885, plus de 600 hectares en vergers; mais, depuis lors, cette étendue s'est agrandie considérablement par de nouvelles plantations. La production se porte de préférence sur les pommes, poires, pêches et abricots, de qualité tout à fait supérieure et de bonne conserve.
Plusieurs Sociétés coopératives de production existaient dans cette région, qui se faisaient l'une à l'autre une concurrence acharnée et souvent ruineuse. La fondation de l'Union fruitière a mis un terme à ces compétitions en ralliant à elle toutes les associations.
La vallée de Vaca présente un champ immense à l'arboriculteur fruitier. Actuellement, elle possède déjà plus de 4,000 hectares en vergers. La valeur de la terre y est plus élevée qu'ailleurs, à cause de la précocité de ses produits.
Dans la vallée du Sacramento, les étendues consacrées à la culture des fruits ont beaucoup augmenté dans le courant de 1885. Les poires ont donné des rendements énormes, qui ont été réalisés d'une manière extrêmement avantageuse. Il en est de même des raisins de table, des pruneaux, des brugnons, des pommes et des menus fruits (fraises, groseilles, cassis, etc.).
Les comtés du centre forment plusieurs groupes distincts, ayant chacun leurs caractères propres et leurs spécialités dans la production fruitière.
Dans le premier, composé des comtés de San-Joaquin , Calaveras et Stanislas , le nombre des vergers s'augmente rapidement. Nombre de petits cultivateurs ont fait des plantations pendant l'année dernière, dans des conditions qui permettent d'espérer une production abondante. Les fruits de ce groupe sont généralement tardifs et s'écoulent facilement.
Un second groupe, formé des comtés de Merced, Fresno et Tulare, marche à grands pas dans la production fruitière. On y rencontre des vignobles étendus ; les plantations de jeunes arbres y ont été nombreuses en 1885. Le sol, le climat et la présence d'eaux abondantes favorisent beaucoup ces entreprises, qui visent surtout la production des pêches, abricots, pruneaux, poires et les menus fruits.
Le groupe des comtés Santa-Clara, Santa-Cruz et
Monterey s'occupe spécialement des prunes et pruneaux et des raisins frais et secs.
Dans le comté d'Alaméda, voisin de San-Francisco et doué d'un climat et d'un sol excellents , on cultive spécialement la cerise, la pomme, la poire, la prune, la pêche et les abricots. La terre y vaut de 3,000 à 3,700 francs l'hectare, et ces prix ne paraissent pas trop élevés : on cite un verger de 56 hectares planté en cerises qui aurait rapporté brut 150,000 francs l'année dernière. J'ajoute, d'après le rapporteur, que ce chiffre rencontre plus d'un incrédule, bien qu'il soit certifié par nombre de cultivateurs de la localité. En tout cas, on est unanime à considérer le comté d'Alaméda comme la région par excellence des vergers. Les cerises y atteignent un volume et une saveur qu'aucune autre région de la Californie ne saurait égaler. Les pêches et les abricots, au contraire, y sont tenus en médiocre estime.
Cette région est admirablement adaptée à la culture fruitière, particulièrement la vallée de Napa, où le sol, d'une fertilité extraordinaire, et le climat chaud produisent en abondance la pomme, la poire, la pêche, la prune, le brugnon, l'abricot. Cependant, les plantations n'augmentent pas pour le moment, parce que l'absence des voies ferrées empêche les transports rapides et économiques.
Le défaut de moyens de transport produit ici les mêmes effets que dans la précédente région. Cependant les conditions de sol et de climat sont si propices à l'arboriculture fruitière, que celle-ci progresse, à la condition toutefois de s'adresser de préférence à certaines cultures dont les produits subissent des transformations sur place. C'est ainsi que la culture de l'olivier
a pris quelque développement , notamment chez M. Elwood Cooper, qui en a planté plusieurs centaines d'hectares, et qui fabrique une huile excellente. . Dans le comté de los Angeles, toutefois, le défaut de voies ferrées n'empêche pas l'extension de l'industrie fruitière, car on y relève 8,000 hectares en vergers de bon rapport, répartis entre 1,662 propriétaires. On y produit principalement l'orange , dont on a expédié plus de 1,100 chargements, équivalant chacun à un wagon complet.
Quelles sont les espèces de fruits dont la culture paraît à cette heure la plus avantageuse et que les producteurs californiens ont résolu de développer? On cite plus particulièrement les espèces suivantes :
Cerises. — Généralement on écarte les variétés rouges, si agréables à la vue, mais trop tendres et trop pulpeuses pour être mises en boîtes de conserves, car on ne songe pas seulement à la vente des fruits frais, mais encore à la fabrication des confitures et des conserves ; on leur préfère donc le bigareau-Napoléon et le çœur-de-bceuf, plus favorables à la conserve et plus capables de supporter le transport. Des essais sur grande échelle, entrepris avec la cerise de Tartarie, ont échoué : expédiées sur les marchés de l'Est, ces cerises se sont gâtées en route.
Les meilleures cerises proviennent de la vallée de Vaca, de la vallée de Clara et du comté d'Alaméda. .
Poires. — Les poires de Californie ont acquis une grande vogue auprès des consommateurs de l'Est. On estime qu'un verger de poiriers en Californie n'entre pas en plein rapport avant trois ou cinq ans, selon les circonstances. Le produit est facilement maniable et
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d'un placement assuré, car la consommation des poires de Californie est en quelque sorte sans limites.
Pêches. — La culture de la pêche a pris une extension remarquable en Californie. Pour le moment, elle ne pourvoit guère qu'à la consommation des États montagneux de Colorado et de Wyoming. Plus à l'Est, c'est-à-dire dans les régions populeuses situées au delà du Mississipi, elle rencontre la concurrence du Delaware, de l'Ohio et d'autres États, où elle est cultivée en grand. Mais on ne désespère pas , en Californie , de triompher de cette concurrence, en produisant des fruits tout à fait hâtifs ou tout à fait tardifs , de manière à les faire arriver sur les marchés de l'Est, au moment où les centres producteurs que nous venons de citer ne peuvent pas encore ou ne peuvent plus rien offrir aux consommateurs.
Pommes. — La culture de la pomme est très avantageuse, mais suffît à peine aux besoins de la consommation locale : ce qui fait qu'on n'en exporte pas encore. On n'y aurait d'ailleurs aucun intérêt, car le producteur californien obtient, pour une caisse de pommes, un prix égal à celui qu'obtient pour un baril le producteur de l'Est.
Oranges. — Il n'en est pas de même des oranges californiennes, qui ont donné lieu à une exportation très active en 1 885, et procurent une jolie petite fortune à plus d'un producteur. Cependant, elles ont eu à lutter, à certains moments , contre la concurrence et aussi contre l'encombrement de plusieurs marchés de l'Est. Les expéditeurs se sont concertés en conséquence. On espère ainsi ne plus s'exposer à des envois faits à l'aven-
ture et ne plus commettre la faute dans laquelle on est tombé pendant la dernière campagne, où Ton a fait partir, le même jour, dix-neuf chargements de wagons complets à destination de Kansas City, quand ce marché ne pouvait en absorber que trois par semaine. Aussi les oranges ont-elles été vendues pour la valeur du transport.
Ce sont particulièrement les déboires de ce genre qui ont fait comprendre à chacun la nécessité de l'Union fruitière, dont nous avons exposé l'organisation si originale et si féconde ; mais il est impossible de ne pas être frappé du spectacle et de l'exemple que nous donnent les producteurs de la Californie, et de l'habileté avec laquelle ils organisent leur service sur le terrain économique.
Menus fruits. — L'expédition de cette catégorie de produits a été l'un des principaux sujets de préoccupation pendant la campagne 1885. Bien conduite, elle peut procurer des profits énormes, et l'on cite des exemples où certains cultivateurs ont retiré un rendement brut, par hectare, de plus de 6,000 francs. Partant de là, les cultivateurs californiens espèrent fournir prochainement à bon compte, aux États de l'Est, des fraises, framboises, cassis, etc., pendant les six ou huit mois où ces produits, sous un ciel moins clément , ne peuvent s'obtenir que dans les serres. L'exemple d'un pays qui se prépare à expédier des menus fruits à des distances de 2,000, 3,000 kilomètres et plus et qui ne doute pas de l'emporter sur la production des serres, devrait faire réfléchir les producteurs français de raisins de table, qui, en ce moment, se laissent déborder par les producteurs belges de raisins de table en pleine serre.
De l'organisation des trains rapides et spéciaux pour le transport des fruits. — On voit les efforts que font les producteurs californiens pourj assurer à leurs produits des débouchés plus avantageux et plus certains. U Union fruitière concentre tous les efforts, auparavant isolés et désordonnés, dans un but et dans une direction uniques ; elle les assujettit à une discipline que chaque associé accepte avec joie. Elle réussit et réussira de plus en plus à indiquer à chacun les produits qui s'adaptent le mieux aux conditions locales ; elle relève avec soin le nombre des arbres fruitiers de chaque variété dont la production est recommandée ; stimule la culture des uns si elle ne semble pas répondre aux besoins probables ; restreint la culture des autres si elle dépasse ces besoins ; enseigne les meilleurs procédés d'emballage , de paquetage et de mise en conserves ; recueille les produits et les concentre dans ses agences et sous-agences, pour les expédier à leur destination finale par la voie la plus courte et la plus économique.
Une pareille association de forces réglementées donne à Y Union une puissance qui lui permet de se faire écouter, et c'est ainsi qu'elle est parvenue à obtenir du sénateur Leland Stanford, président du réseau des chemins de fer californiens, l'assurance que la question de transport par voie rapide, à grande distance, recevra une solution prochaine.
Le sénateur Stanford est, en effet, convaincu que les chemins de fer ont un intérêt de premier ordre à encourager l'agriculture et l'industrie, à favoriser de tout leur pouvoir la bonne et prompte transmission de leurs produits. Toutefois, il ne pense pas qu'un pareil résultat puisse s'atteindre par le rattachement de trois
ou quatre wagons chargés de fruits aux trains rapides ordinaires, car ces wagons, par la nature de leur service, gênent le service des trains express consacrés au transport des voyageurs, ainsi que l'a démontré l'expérience. Son avis serait d'établir des trains à fruits spéciaux composés de quinze wagons, dont le plein chargement serait assuré par V Union. Chaque semaine, pendant la saison où les fruits donnent, on organiserait trois trains de ce genre, partant à des heures déterminées et devant franchir les distances dans un espace de temps réglementaire. Le prix du fret serait porté à 1,500 francs par wagon de 10 tonnes de chargement pour le transport des produits entre San-Francisco et Chicago. Ces trains, qui auraient des wagons avec une installation spéciale et un personnel exercé dans le maniement des marchandises, ne s'arrêteraient sous aucun prétexte à aucune station intermédiaire, si ce n'est pour prendre de l'eau et du combustible pour la locomotive.
Le sénateur Stanford a promis plus encore. Il usera de toute son influence, qui est prépondérante, pour le dire en passant, afin d'obtenir des réseaux ferrés de l'est des États-Unis, des réductions de tarif et de temps, afin de permettre aux fruits de Californie d'atteindre les grands centres de consommation de la côte de l'Atlantique (Boston, New-York, Baltimore, Philadelphie). Mais, pour obtenir de pareils avantages, il est indispensable que les producteurs fruitiers de Californie organisent leurs affaires de manière à alimenter régulièrement et certainement les trains rapides spéciaux que l'on mettra à leur service.
L'affaire est actuellement (1er janvier 1886) entre les mains de Y Union fruitière, qui aura à s'entendre
avec ses membres commettants, et à prendre des résolutions en conséquence.
Du 1er janvier au 1er octobre 1885, la Californie avait exporté :
Oranges et citrons 22,432,180 livres par 1,121 wagons.
Autres fruits frais 19,543,630 livres par 1,024 wagons.
Soit un total de 41.975,810 livres de fruits divers envoyés par 2,145 wagons.
Selon toute apparence, l'action de Y Union fruitière, combinée avec la prochaine organisation des trains rapides spéciaux qui mettent la Californie en rapport avec Chicago, d'une part, et, de l'autre, avec les grandes villes maritimes des bords de l'Atlantique, imprimera à la production, et par suite aux exportations fruitières californiennes, une impulsion irrésistible, qui ne tardera pas à laisser fort en arrière le chiffre des exportations que je viens de constater.
Mais l'arrivée des produits californiens dans les États de l'Est qui forment la zone maritime de l'Atlantique, ne rendra-t-elle pas disponibles les fruits que ces États produisent en abondance et dont plusieurs (pommes, pêches, etc.) sont reconnus d'excellente qualité? Ces États, à leur tour, chassés des marchés de consommation qu'ils alimentent, ne chercheront-ils pas des débouchés nouveaux et ne jetteront-ils pas les yeux sur l'Europe, où déjà ils exportent des quantités de pommes sur Glascow, Liverpool , Londres et même Hambourg ?
Rien n'est plus probable, quand on connaît l'esprit d'entreprise qui caractérise les Américains, la promptitude et la décision qu'ils apportent à exécuter leurs
plans après les avoir bien étudiés, et les succès qu'ils ont déjà remporté dans l'arboriculture fruitière.
Il nous semble qu'à l'horizon on voit poindre un danger dont l'Europe, et la France en particulier, doivent se préoccuper dès aujourd'hui, et qu'on pourrait conjurer, en déployant la même énergie et la même décision, en organisant dévastes et puissantes associations à l'exemple de Y Union fruitière de Californie, en se concertant avec les entreprises de transports rapides, en obtenant des trains à wagons bien outillés et capables de franchir rapidement les distances à des prix réduits.
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