DISCOURS PRONONCÉ
d'Angleterre, de Suisse et de Hollande, qui lui mérita nos suffrages. Il était déjà sous le charme et la domination de la viticulture dont il se constitua le défenseur par la science et la législation. Pendant trente années, il n'a cessé de nous apporter les reflexions d'un praticien éclairé sur les questions spéciales que soulève l'agriculture des Landes et de la Saintonge. Dans les Landes, il avait déjà transformé son domaine de Mineur, qui lui valut, en 1865, la prime d'honneur; dans la Saintonge, il entourait de ses soins les plus affectueux ce domaine de Plassac qui était le foyer de sa famille, qui fut le théâtre de sa vie agricole et qui doit être sa dernière demeure.
Mais ce n'était pas dans le cercle restreint de nos discussions scientifiques que pouvait s'enfermer un caractère aussi ardent et un esprit aussi ouvert à toutes les actions généreuses. M. de Dampierre devait être emporté parla confiance publique dans ces mouvements politiques d'où sortirent les grandes Assemblées de 1848, de 1849 et de 1871.
Au milieu des luttes et des périls de ces époques troublées, sa vaillante loyauté le mit aisément à la hauteur de sa tâche. Il n'oublia jamais d'être un patriote. Je l'ai vu, dans l'Assemblée nationale de 1871, marcher la main dans la main avec deux de nos éminents confrères, ses amis, le comte de Bouille et le marquis de Vogue. Nous avons traversé des heures bien cruelles, nous avons supporté les mêmes angoisses patriotiques; mais jamais nous ne nous sommes trouvés plus d'accord qu'en ces moments heureux où l'agriculture entrait en scène. C'est M. de Dampierre qui fut chargé de ce célèbre rapport sur la création d'une école