SUISSE
GRATUITS
Genève. Musée Rath (Beaux-Arts).
Lausanne. Musée Cantonal des Beaux-Arts.
MIXTES
Genève. Musée Ariana.
Bâle. Musée de Peinture et de
Sculpture. Recette Annuelle: 7 000 fr.
Musée Historique. 6 000 fr.
Berne. Musée des Beaux-Arts. 1 000 fr.
— Musée Historique. 3 000 fr.
Zurich. Kunsttergut.
Neuchatel. Musée de Neuchatel (Beaux-Arts
et Histoire). 1 600 fr.
Soleure. Musée de la Ville. 1 400 fr.
Ainsi, l'étranger tire tel parti qu'il lui convient de ses richesses artistiques. Il est, du reste, assez piquant de constater que les directeurs ou Conservateurs de certains musées, dont les recettes font belle figure sur un budget, s'accordent à déclarer
que la gratuité est préférable au droit d'entrée fixe! Serait-ce que ces honorables fonctionnaires auraient voulu nous flatter dans nos sentiments « chevaleresques )) — selon le mot prononcé au Parlement ? Toujours est-il que, en fait, les musées dont ils ont la garde bénéficient d'une mesure fiscale qu'ils se bornent à condamner platoniquement.
La vérité est dans le système mixte du droit d'entrée fixe à certains jours. Ce droit d'entrée dans les musées et palais nationaux devrait être de 1 franc. Les musées départementaux et municipaux pourraient exiger la même taxe ou la réduire, à leur convenance. Mais, dans tous les cas, ils ne tarderaient pas à comprendre ce que l'intérêt de leurs collections commande.
Encore une fois, disons, pour éviter les malentendus, qu'il n'est pas question de fermer nos galeries du Louvre et du Luxembourg, par exemple, au « contribuable ». Deux jours par semaine, au moins, le système de la gratuité continuerait à être appliqué, le jeudi et le dimanche. N'est-ce pas surtout le dimanche que l'ouvrier est libre, le dimanche que le petit employé peut disposer de ses après-midi ? Le jeudi est le jour de vacances pour les enfants, et aussi le dimanche. Ces deux journées-là seraient donc réservées au visiteur qui ne pourrait pas payer, et aussi à celui qui ne le voudrait pas. En dehors même du jeudi et dimanche — et d'un troisième jour, s'il le fallait — l'artisan qui serait appelé dans un musée pourrait également y pénétrer avec la carte d'entrée, permanente et personnelle, que l'administration lui aurait délivrée gratuitement, sur une demande dûment légitimée. Il est juste que nos collections
LE DROIT D'ENTRÉE DANS LES MUSÉES
s'ouvrent sans difficultés d'aucune sorte devant quiconque y a des droits établis. Il ne s'agit d'en faire payer l'accès qu'aux flâneurs qui les encombrent sans utilité, et aux visiteurs étrangers de passage qui ne se gendarment point parce qu'on les fait payer ailleurs et qui n'y trouveraient rien à redire ici.
Nous nous garderons de répéter les lieux communs sur les «bandes » de touristes qui tiennent le Louvre pour un pays conquis ; mais pouVons-nous ne pas constater que c'est à l'aide seulement de lieux communs qu'on a combattu le droit d'entrée à la tribune du Parlement ou devant la Commission du budget ? La nécessité de faire quelque chose apparaît aujourd'hui aux moins clairvoyants. Il importe donc qu'on ne tarde pas davantage, en sauvegardant — c'est entendu — ce qu'on doit sauvegarder de nos traditions hospitalières, mais sans perdre de vue l'intérêt des musées nationaux français.