‹ Melle Mance [microforme]Chapitre 14 sur 14 · N IS · texte numérisé non relu

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accorda un grand nombre de privilèges. dé |

L'œuvre de Melle Mance était achevée : Ville-Marie fondée, l'Hotél-Dieu établi. Avant de rappeler à lui sa servante, il plut au Seigneur d’épurer par la souffrance et la maladie cette âme qui l'avait tant aimé. Elle bénit ce divin Epoux, qui l'avait si souvent visitée par l'épreuve, de cette dernière marque de son amour ; elle comprit par cette privation de ses amis qui disparaissaient les uns après les autres, et les douleurs qui rendaient fi cruels les derniers jours de son exil terrestre, qu'il la rappelait à lui, et elle passa désormais à s’entretenir avec lui ses longues veilles d'insomnie et ses journées solitaires. .

Les infirmités étaient parfois bien douloureuses, mais ne lui enlevaient ni le calme ni la sérénité.

Malheureusement, à part quelques mots de la sœur Jucherot dans son histoire de l'Hôtel-Dieu de Québec, bien peu de détails nous sont restés sut les derniers moments de Melle Mance : nous savons seulement que, jusqu'à son dernier moment, elle ne cessa d’'édifier la colonie, dont elle avait été le modèle si longtemps; par sa patience, sa résignation et sa douceur ; qu’elle mourut en odeur de sainteté, et que cette mort ne fut pas moins précieuse devant Dieu que ne l'avait été sa vie.

Elle avait demandé que son corps fût enterré dans l’église de l'Hôtel.

Dieu, et son. cœur remis à la paroisse lorsqu'elle serait bâtie. En attendant, M. Souart, son exécuteur testamentaire, fit renfermer Je cœur dans un vase d'étain, et le fit déposer sous la lampe de la chapelle, et

pour assurer l'exécution des volontés de Melle Mance, au cas où l'église tarderait à se bâtir, où luimême serait enlevé par.la mort, au cas enfin où quelques difficultés d'autres sortes entraveraient un jour

l'exécution de ce projet, il fit dresser

par le greffier un acte pour cons-

tater que ce n'était qu'un dépôt

provisoire, et que les prêtres du séminaire se réservaient d'enrichir leur nouvelle église d’une relique si chère à tous les habitants.

: Hélas! tant de bonnes intentions: furent vaines ! comme l'avait prévu M. Souart, la construction de l'église traina en longueur, et di précieux dépôt fut consumé da l'incendie qui dévora l'Hôtel-Dieu, 22 ans plus tard. |

es n'était pas besoin de ce matériel souvenir pour maintenir

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en cette maison la mémoire de Melle Mance et de ses vertus. Son cœur n'a cessé d'y vivre dans les saintes religieuses qui l'ont remplacée depuis deux siècles. Son

dévouement, son :amour pour les.

pauvres, pour la souffrance et le dénuement, y Sont ‘aussi vivaces qu'au jour où elle les quitta. Le

bien que font les saints ne se déve:

loppe dans son entier qu'après leur

mort : 1ls continuent d'honorer Dieu

par leur. œuvre, comme les méchants de perdre les âmes par les conséquences de leur faute. Cette louange posthume quis'élève de la

tombe des saints né nous semble:

pas le trait le moths touchant de

leur amour pour le Seloneur, et

‘ nous espérons que Dieu la conser-

vera toujours à la grande bienfaitrice de Montréal.

E. Senécaz & KiLs, imprime

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urs, Montréal,

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