HYMNE MATINAL
C'est le printemps, ma douce bien-aimée,
L'astre du jour s'élève à l'horizon,
Et l'oiselet caché dans la ramée,
En sons joyeux, égrène sa chanson.
Tout nous invite à nous ravir, ma chère,
Tout nous convie à nous charmer le cœur :
Chantons, chantons l'aurore printanière,
Ouvrons nos cœurs à l'espoir, au bonheur.
Le jour au loin sème ses rayons pâles ; Mille reflets s'harmonisent aux cieux ; Le nid tressaille aux clartés matinales Et de partout monte un chant radieux.
Les papillons glissent dans la lumière ; Les doux zéphyrs vont caresser la fleur. Chantons, chantons l'aurore printanière, Ouvrons nos cœurs à l'espoir, au bonheur.
LA DEBACLE
Le fleuve dans son lit ne voulant plus dormir, Comme un jeune coursier frappé d'un coup de lance, Terrible, impétueux, se redresse et s'élance, En rugissant si fort qu'il nous fait tous frémir.
Tandis que sur la rive on le voit rebondir, Et qu'il semble agiter quelque crinière immense, En tordant ses noirs flots dans sa sombre démence, On entend par les deux mille échos l'applaudir.
La glace avec fracas se brise, s'amoncelle,
Forme un mont palpitant dont le sommet chancelle
Et plonge dans l'abîme en frissonnant d'horreur.
A le voir élever cette cime si fière
On dirait qu'il lui faut des volcans le cratère,
Pour épancher comme eux sa sublime fureur.
FANTAISIES
FANTAISIES