‹ Mélodies poétiquesChapitre 14 sur 38 · A UNE JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

A UNE JEUNE FILLE

Qu'il est doux et beau le jeune âge, Où l'âme garde sa candeur, Où, ne redoutant nul orage, On ne connaît que le bonheur !

L'enfant passe les jours qu'il donne Joie au cœur et sourire aux yeux, Ne songeant pas que l'on moissonne, Plus tard, des jours moins radieux.

6o MÉLODIES POÉTIQUES

Mais bien qu'après ces temps d'aurore Tu verras ton ciel se ternir, Jouis du matin, chante encore, Et, joyeuse, attends l'avenir.

Al (HU: DE L'ONDE

Pour me charnier murmure encore, () mon mes aimable Saint-Laurent, Si tu veux que, jusqu'à l'aurore, Ma nef s'abandonne au courant.

Oui, que ta vague la plus tendre, Sous les frais baisers du zéphyr, A mon oreille fasse entendre Son plus harmonieux soupir.

Que j'aime, lorsque tout sommeille, Hormis l'étoile, qui, la nuit, Semble sur nous un œil qui veille, Rêver sur l'onde qui s'enfuit !

Que j'aime, quand je te caresse

Amoureusement de la main,

Te voir, comme ému de tendresse ,

Soulever mollement ton sein !

Que j'aime, accompagnant ta vague, Voir, en déroulant leurs splendeurs, Tes bords se perdre dans le vague Des ténébreuses profondeurs '

Quelquefois, auprès de la rive Dont j'écoute les doux accords, Dans ma nacelle qui dérive, Au roulis des eaux je m'endors.

Tandis que, ravi, je contemple Les beautés sublimes des cieux, Ce grandiose et vaste temple Où par l'astre Dieu parle aux yeux ;

Tandis qu'un rocher, noir panache Narguant le front des horizons, A son épaule immense attache Une épaulette de rayons ;

Comme un doux coursier dont les rênes Flottent librement sur son cou, Dans la nuit sombre tu m'entraînes, Et me portes je ne sais où.

Ah ! que ton flot caresse encore Le flanc de mon léger vaisseau, Et me berce jusqu'à l'aurore Comme l'enfant dans son berceau !

Et ne crains pas de me déplaire

En me faisant suivre ton cours ;

Car partout a rive m'est chère :

Elle est le nid de mes amours.

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