EN REVENANT DE LA MER
C'était l'heure où le ciel se constelle de inondes, Où Dieu, pour embellir ces bords que nous aimons. D'une main a plongé le soleil dans les ondes, De l'autre fait lever la lune sur les monts I
chaste souvenir d'une soirée heureuse !
La mer semblait venir de l'horizon lointain Pour baiser mollement de sa vague amoureuse Vos jolis pieds dans leur satin,
L'astre des nuits brillait en inclinant son disque, Et, pour vous laisser voir, il rallumait le jour ; On eût dit un sultan regardant l'odalisque Qu'il a promise à son amour.
De sa gaze d'argent l'atmosphère sereine Caressait votre corps et luisait après vous ; Et, comme le velours des tapis d'une reine, A vos pieds le sable était doux.
Moi, de toute ma force et de toute mon âme, Oh ! que j'aurais voulu de mes mains retenir Ce fugitif instant de douceur et de flamme Passant pour ne plus revenir!