‹ Mélodies poétiques (volume 2)Chapitre 28 sur 103 · MELODIES. (Î · texte numérisé non relu

MELODIES. (Î

Elle est affreuse à voir ! Aussi, quand je dénoue Ses cheveux qui s'en vont ruisseler sur sa joue. Et les agrafes d*or de ses voiles soyeux, Quand elle est nue et que sa jambe délicate Divise Teau qui fume aux baignoires d'agate, De dégoût je ferme les yeux î

Je les ferme encor plus quand, sortant des baignoires, Elle tord dans ses mains ses longues tresses noires. Et, le corps embaumé du doux parfum des eaux. Elle va s'incliner à la fenêtre ouverte Pour entendre, à Tabri de la persienne verte, Le chant matinal des oiseaux.

Puis je suis condamné, pauvre esclave tartare, Pour servir son caprice, à prendre une guitare, A tirer quelques sons de mes doigts complaisants. La danse est son bonheur de fille, elle en raffole ! Et je vois s'agiter , dans sa nudité folle, Tout son ivoire de quinze ans !

Quel métier ! et que Thomme est fou quand il se livre A ces amusements si vains, au lieu de vivre Sans femme et sans amour, comme nous vivons, nous ! Oh ! nous sommes trop fiers dans notre indépendance Pour couvrir de baisers une folle qui danse Et pour l'adorer à genoux î

A SA FiLLE ZOÉ

Fille charmante de Zoïle, Je voudrais bien, douce Zoé, Vivre avec loi, seul dans une lie, Gomme Robinson Grusoé.

Ce bonheur, dont je désespère.

Aurait double charme pour moi Je ne verrais jamais ton père, Et je le verrais toujours, toi!

Page 1