‹ Mélodies poétiques (volume 2)Chapitre 57 sur 103 · MON CALENDRIER · texte numérisé non relu

MON CALENDRIER

A I.*** Gh'**

En janvier — que Dieu vous donne, Au bon soleil, chaude maison, Ou la paresse s'abandonne En Ire la table et le tison !

En février — Taube dernière Froide et brumeuse au mont lointain !

La première aube printanière, Premier rayon d'un doux matin î

En mars — un mois entier de trêve Du vent, fléau de nos climats; Les flots dormiront sur la grève Et les pavillons sur les mâts !

En avril — le jour qui' voit naître, Lorsque Thiver s'ensevelit, Le lilas à votre fenêtre, Et le soleil sur votre lit î

En mai — fleurs à pleines corbeilles, Désertant jardins et sillons.

Vierges du venin des abeilles Et du baiser des papillons !

En juin — cette villa sonore, Où Tarbre et Teau font un doux bruit , L*alouette y chante à Taurore, Et le rossignol à la nuit !

En juillet — promenade douce Sur le fleuve d'ombres couvert, Qui baigne Tiris et la mousse.

Et gazouille sous Tarbre vert !

En août — les veilles embaumées Au clair de lune, au pied des monts.

Sur les rives du ciel aimées, Près des golfes que nous aimons !

En septembre — un tour en presqulle, De Gênes jusqu'à Portici, Trente jours d'une mer tranquille.

Bon vent qui vous ramène ici 1

En octobre — une pluie honnête, Une seule, qui, sur vos pas, Laisse toujours la rive nette, Et ne vous emprisonne pas !

En novembre — un printemps d'automne Du premier au dernier matin, Tel que toujours Dieu nous le donne Par la grâce de saint Martin !

En décembre — une tiédo enceinte ; Des fourrures vierges du ver ; Chauds tapis, et l'amitié sainte, Le plus doux des feux de l'hiver.

Gènes, décembre, le trente, Par la poste de Milan, Veille du premier de Tan De l'an mil huit cent quarante.

Page 1