‹ Mélodies poétiques (volume 2)Chapitre 73 sur 103 · LE PEUPLE · texte numérisé non relu

LE PEUPLE

Toi que la prière console.

Quand sur ta tète Téclair luit.

Nautonier privé de boussole Dans les ténèbres de la nuit;

Toi qui, sur ta frêle caréné.

Entends mugir le flot amer.

Invoque la céleste reine, Notre-Dame de la mer.

'im MELODIES.

l.F. s MATELOTS

A l'autre bord de cette onde.

Amis, il est un autre monde.

Et que notre voix lui réponde En suivant Christophe Colomb.

Amis, le chemin est long, Le péril est grand, la gloire est féconde ;

Amis, le chemin est long ; Suivons tous en mer Christophe Colomb.

Tandis qu'aux bords des mers la foule prie encore,

LQ.ciel, arbitre des destins, Des vaisseaux castillans partis avec Faurore,

L'écho redit les chants lointains.

Un calme désolant, un silence de tombe, Entourent le vaisseau : la mer dort , le vent tombe :

Bientôt se déroule à leurs yeux Le tranquille horizon de la zone torride.

Grand désert de saphir qu'aucun souftle ne ride ;

Et le pilote soucieux , Qu'un azur infini couvre de son mystère, Ne voit que le soleil, sublime solitaire.

Entre TOcéan et les cieux .

On dirait que la mer s'est encore agrandie .

Sous un ciel embrasé qui verse l'incendie,

La langueur brise le plus fort.

Ils ont désespéré de la terre attendue; Ils laissent pendre au mât la voile détendue

Sur le flot sans brise et sans port.

On regarde en pleurant le navire immobile Dans un cercle de flamme arrêté comme une île

Où le seul salut est la mort.

LES MATELOTS

Levons-nous, réveillons nos âmes !

Notre navire est un cercueil.

Le vent se tait, prenons les rames !

Gherchon» la mort sur un écueil !

Le ciel fait tomber de l'espace Sur la mer un voile de plomb.

Dieu nous punit de notre audace, Et maudit Christophe Colomb.

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