A GEORGES BELL
Fils des hautes Pyrénées Foulant, par monts et par vaux.
Les routes abandonnées Par Roland de Roncevaux, Comment faites- vous pour vivre, Un journal sous une main Et sous l'autre main un livre.
Dans le faubourg Saint-Germain?
Heureux le garde champêtre Du Béarn, pays béni, Le berger qui mène paître Ses moutons à Gavarni !
Heureux, dans leur vie errante, Heureux s'ils avaient reçu
Quinze mille écus de rente,
Et gagnés à leur insu !
Oh ! quel sort digne d'envie I
Jouir de tout dans la vie,
Avec de pauvres habits !
Boire avec une compagne
Vins de France et vins d'Espagne,
En conduisant des brebis !
Ainsi donc je vous invite
A gagner en feuilletons
Cent mille écus au plus vite
Pour acheter trois moutons.
Je ne sais quel goût m'attire,
Depuis que j'ai réfléchi,
Vers le métier de Tityre,
Mais d*un Tityre enrichi.
Puis les heures fortunées,
Ami, pour vous sonneront ;
Vous irez aux Pyrénées
La résille sur le front;
Vous aurez l'air pur, l'eau vive,
A table plus d'un convive,
Et des appétits gloutons,
Et vous mangerez vos rentes
Sur des rives odorantes,
En conduisant vos moutons.