A LA STATUETTE DE MARIE TAGLIONI
DANS l'aTELIBR DE M. BARRE
Avril iSSI
De l'atelier qui te dérobe  Tavide regard mondain, Sors avec ta flottante robe, Nymphe du céleste jardin.
Paris te promet son hommage, pure et gracieuse image Qui palpitas sous le ciseau !
Que d'ovations te sont dues !
Viens à nous les mains étendues.
Gomme les ailes de Toiseau.
Le sculpteur qui te fit si belle T'a fermé l'atelier natal ;
8i MELODIES.
Echappe- loi, nymphe rebelle.
Et laisse-lui le piédestal.
Sur nos places favorisées, Nous t'attendons dans les musées,.
Ou sont les merveilles des arts :
Image brillante de vie, La grande cité le convie Au panthéon de ses bazars l
Ouvre les ailes prisonnières Aux accords des maîtres des chants ; Voici les brises printaniéres.
Vole avec elles, fleur des champs!
Sylphide, péri, lutin, ange, Fille du Danube ou du Gange, Tous les chemins te sont ouverts : Le monde est un orchestre immense.
Qui, pour toi, toujours recommence, Et ton théâtre est Tunivers !
Prés des lacs, aux blondes bergères, Rossini, dessinant tes pas.
T'inonda de notes légères, Toi, que l'oiseau ne suivrait pas.
Meyer-Beer, sévère génie.
Pour toi fit jaillir l'harmonie Du marbre glacé des tombeaux ; Adam t'ouvrit un nouveau monde,
Un palais de cristal sous Tonde, Sylphide de l'air et des eaux.
Auber, Tharmonieux poète.
Te guide, IVcheslre à la main.
Pour te voir, l'Asie est en fête, Ses fleurs embaument ton chemin.
Le ciel de Tlnde t'illumine ; Déjà le bonze et le bramine Suivent ton gracieux élan.
Secoue au regard qui t'admire Les édiarpes de Cachemire Et les perles de Ceylan.
On plaçait, aux siècles antiques.
Sur les autels du corridor, Les dieux pénates domestiques - Faits de marbre, d'argile ou d'or ; En les chassant de son enceinte, Rome prit la madone sainte.
Que toute famille adora ; Aujourd'hui, l'artiste nous donne Le dieu pénate ou la madone Nés dans le ciel de l'Opéra.
La nuit, gracieuse merveille, Quand au soir passé nous rêvons,
Auprès de la lampe qui veille, Sous Taulel que nous rélevons, Il semblera que ton argile Va briser la vitre fragile Avec des ailes de vermeil, Et que Talcôve aux doux mensonges Va l'accueillir parmi les songes Qui nous consolent du sommeil !