‹ Mélodies poétiquesChapitre 50 sur 122 · LA FILLE DE GOLCONDE · texte numérisé non relu

LA FILLE DE GOLCONDE

Prés du lac Lieu, tiède rivage, Sous les cascades d'Élora, Je vis passer dans mon jeune âge Celle que mon cœur adora, El je lui dis : — Rien ne t*égale, Trésor de perle et de corail, Aureng-Zeb, le roi du Bengale, Languit pour toi dans son sérail.

Oh ! qui me le rendra,

Le doux rivage

De mon jeune âge?

Oh ! qui me redira

La voix charmante De moD amante Sous les cascades d'Ëlora ?

Je lui disais : — L'astre qui brille Au front du dieu bleu, tous les soirs, A moins d*éclat, charmante fille, Que les rayons de tes yeux noirs.

Gonte«moi les plaintes touchantes De la sultane de Delhy ; Je les aime quand tu les chantes Avec ta voix de bengali.

Oh ! qui me le rendra, Le doux rivage De mon jeune âge ?

Oh ! qui me redira La voix charmante De mon amante Sous les cascades d'Ëlora?

Elle n'avait pas sa seconde, Lorsqu'à seize ans elle arriva, Avec les tilles de Golconde, A la fête du dieu Siva.

Sur vingt rivales des plus fiéres.

C'est elle que Ton vint choisir, Et le sultan des cinq rivières En fil présent à son vizir.

Oh ! qui me le rendra,

Le doux rivage

De mon jeune âge ?

Oh ! qui me redira

La voix charmante

De mon amante Sous les cascades d'Élora?

A rheure où le grand tigre rôde, Un soir, en vain, je l'attendis; Un jeune bonze, à la pagode.

Me la fit voir en paradis : Elle m'attend dans l'autre vie; Le dieu bleu qui me la donna, Le dieu jaloux me Ta ravie Pour son jardin de Mandana.

Oh ! qui me le rendra.

Le doux rivage

De mon jeune âge?

Oh ! qui me redira

La voix charmante

De mon amante Sous les cascades d'Élora?

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