LA FILLE DE GOLCONDE
Prés du lac Lieu, tiède rivage, Sous les cascades d'Élora, Je vis passer dans mon jeune âge Celle que mon cœur adora, El je lui dis : — Rien ne t*égale, Trésor de perle et de corail, Aureng-Zeb, le roi du Bengale, Languit pour toi dans son sérail.
Oh ! qui me le rendra,
Le doux rivage
De mon jeune âge?
Oh ! qui me redira
La voix charmante De moD amante Sous les cascades d'Ëlora ?
Je lui disais : — L'astre qui brille Au front du dieu bleu, tous les soirs, A moins d*éclat, charmante fille, Que les rayons de tes yeux noirs.
Gonte«moi les plaintes touchantes De la sultane de Delhy ; Je les aime quand tu les chantes Avec ta voix de bengali.
Oh ! qui me le rendra, Le doux rivage De mon jeune âge ?
Oh ! qui me redira La voix charmante De mon amante Sous les cascades d'Ëlora?
Elle n'avait pas sa seconde, Lorsqu'à seize ans elle arriva, Avec les tilles de Golconde, A la fête du dieu Siva.
Sur vingt rivales des plus fiéres.
C'est elle que Ton vint choisir, Et le sultan des cinq rivières En fil présent à son vizir.
Oh ! qui me le rendra,
Le doux rivage
De mon jeune âge ?
Oh ! qui me redira
La voix charmante
De mon amante Sous les cascades d'Élora?
A rheure où le grand tigre rôde, Un soir, en vain, je l'attendis; Un jeune bonze, à la pagode.
Me la fit voir en paradis : Elle m'attend dans l'autre vie; Le dieu bleu qui me la donna, Le dieu jaloux me Ta ravie Pour son jardin de Mandana.
Oh ! qui me le rendra.
Le doux rivage
De mon jeune âge?
Oh ! qui me redira
La voix charmante
De mon amante Sous les cascades d'Élora?