‹ Mélodies poétiquesChapitre 92 sur 122 · OLYMPIA · texte numérisé non relu

OLYMPIA

Quelle fêle ! quel jour de gloire et d'allégresse î Apollon redescend au milieu des humains !

Le myrte et le laurier manqueront à la Grèce Pour couronner ce Dieu ciselé par tes mains !

C II n I N I A s

Olympia, c'est toi qui, par un doux mystère, As conduit mon ciseau pour le rendre immortel ; Je voudrais que ce Dieu, dédaigneux de la terre, Remontât vers l'Olympe et le laissât Tautel.

Femme, je t'ai jadis aimée Sur d'autres bords, sous d'autres cieux, Dans quelque oasis parfumée.

Douce aux mortels et chère aux dieux.

Cette terre, oii tu fus si belle, Nous vit mourir le même jour, Mais notre âme n'est pas mortelle, Et notre âme, c'est notre amour î

MÉLODIES. !2i5

Oui, comme toi, je crois entrevoir à cette heure, Dans un songe lointain, ma vie antérieure ; J'ai comme un souvenir vague, mais émouvant.

De rameaux de palmiers agités par le vent, De colosses taillés d*un bloc dans la carrière, De temples défendus par de grands sphinx de pierre. Et dans ce beau pays, mystérieux berceau.

Ville sans fln, ayant un fleuve pour ruisseau, Je ne vois que toi seul, je crois entendre encore L'hymne que tu disais au lever de l'aurore, Lorsque des travailleurs le chœur mélodieux Se rendait au chantier en invoquant les dieux. Peut-être sommes-nous, comme disent les sages. Ces deux rayons vivants qui traversent les âges. Et, quand un siècle meurt, rallument son flambeau En promettant à l'homme un avenir plus beau.

Oui, notre faible trame, La mort la brise en vain ; Car qui peut briser Tâme?

C'est un rayon divin !

D'un autre ciel bannie, Après l'œuvre finie, Âpres le but atteint, Notre âme rajeunie Porta dans l'Ionic L'amour et le génie.

Flambeaux que rien n'éteint !

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