FORMULETTE SCOLAIRE
Les enfants écrivent sur la couverture de leurs livres :
Ce livre est à moi , Comme Paris est au roi ; Si vous voulez savoir mon nom, Regardez dans ce petit rond.
Celui qui le trouvera aura une bouteille de vin, Quand la simelle de mon soulier aura produit du raisin.
FORMULETTE
Formulette qui donne le droit de garder ce qu'on a trouvé , quand on l'a répétée trois fois.
( SAINT-BMEUC. )
Qu'est-ce qu'a perdu, moi j'ai trouvé
Une épingle d'argent doré ;
Si j'ai la peine de l'dire trois fois,
Ce sera pour moi.
Une, deux, trois !
Si les enfants présents ne peuvent dire la nature de l'objet perdu , il reste la propriété de celui qui l'a trouvé. E.
BIBLIOGRAPHIE
Elsaesser Schatzkaestel , Sammlung von Gedichten und prosaischen Aufsaetzen in strassburger Mundart, nebst einigen Versstùcken in andern Idiomen des
Elsasses, xx-512 p. pet. in-8*. Strasbourg, R. Schultz et O, 1877. Prix : 7 l'r. 50 c.
Nous voudrions que chacun de nos dialectes eût une anthologie aussi hahilement faite et exécutée avec autant d'élégance typographique , que cette anthologie du dialecte alsacien qui nous arrive de Strasbourg. Celle-ci comprend peu de prose ( on écrit rarement la prose en patois et pourquoi le ferait-on?), mais nombre de poésies. Ce ne sont pas les plus belles des poètes alsaciens, car ceux-ci écrivaient plutôt le haut allemand littéraire quand ils sentaient une véritable inspiration ; il y a là, néanmoins, de jolis morceaux lyriques et humouristiques. A côté d'auteurs généralement connus , comme Arnold, les Stœber, Hirtz et Lamey, nous en trouvons d'autres qui n'ont pas la même notoriété, comme Bernhardt, Charlotte Engelhardt, Boese , etc. Étrange destinée que celle de Boese ! Journaliste républicain de Strasbourg, il est transporté en Algérie après le coup d'État du Deux-Décembre , et il y reste après l'amnistie. Ses poésies en alsacien sur le sirocco , son Blidah dans la neige, et autres thèmes africains semblent comme de pâles fleurs du Nord transplantées au pied de l'Atlas.
Au point de vue linguistique, remarquons que ces poésies sont pour le plus grand nombre écrites en dialecte strasbourgeois , qui est comme le toscan de l'Alsace. On a donné comme spécimens quelques pièces en d'autres dialectes (de Wissembourg, de Mulhouse, de Colmar, etc.) et en judéo-alsacien. Un glossaire explique les mots ou formes les plus difficiles , et les mots tirés du français ne seraient pas les plus faciles pour un Français, p. ex. : Bungcjewehr , de Pontscouverts, nom d'un quartier de Strasbourg, et Moriœschels , nom d'un jeu de cartes , de Mariage. — La Bibliographie du dialecte alsacien de M. Louis Mohr, dont nous avons précédemment parlé (col. 175), a eu sa première édition dans l'appendice de cet ouvrage. L'exécution matérielle de ce volume , dont chaque page est encadrée d'un filet rouge , en fait un bijou typographique.
A ce propos, annonçons que le gouvernement allemand a entrepris une sorte de triangulation linguistique de l'Alsace, et, à cet effet, il a distribué, en 1873, à tous les instituteurs d'Alsace, un questionnaire imprimé de phonétique et de vocabulaire, auquel chacun doit répondre. Dans ce questionnaire que nous avons sous les yeux, nous remarquons que l'instituteur doit donner le nom de la localité en allemand , en français et en patois , et donner le nom du pays auquel la tradition rattache la localité. Ces renseignements, une fois constitués, sont mis à la disposition de M. L. Liebich, pasteur à Douera, en Algérie, qui prépare une grammaire des Dialectes Alsaciens. Le manuscrit de cet ouvrage vient d'obtenir une médaille au concours du prix Volney, à l'Institut de France. Quelques extraits de
ce travail ont été publiés, par avance, dans la Strassburger Zeilung, l'un sur la géographie linguistique de l'Alsace, dans le n° du 2 mars 1870 ; l'autre sur la géographie linguistique de la faune alsaeienne , dans les n°* des 29 et 30 décembre de la même année.
Louis Léger. Rapport au Ministre de l'Instruction publique sur une mission scientifique près le Congrès archéologique de Kiev., brochure in-8" de 32 pages. Imprimerie nationale. Paris, Leroux.
La littérature populaire fait partie de l'archéologie; elle en est même une des branches les plus curieuses; malheureusement on néglige trop chez nous de l'y rattacher; parmi les communications faites à la dernière séance des sociétés savantes à la Sorbonne, aucune n'avait pour objet les superstitions ou les légendes d'une partie quelconque de notre pays. Les Busses, chez lesquels les monuments figurés sont moins nombreux que chez nous, attachent plus d'importance aux documents de la poésie populaire. Le Congrès, dont M. Léger rend compte dans son rapport au Ministre , s'en est plus d'une fois occupé. A ce titre , cette brochure ne sera pas sans intérêt pour nos lecteurs, et le nom de son auteur suffit à la leur recommander.
La ciencia astrologica en Catalunya, breu descripeio dels fets mes notables à cap portats per los astrolechs catalans, desde 1 segle X fins à nostres dias, per Joseph Fiter é Inglés, in-80, Barcelona, 24 p.
C'est à l'historien de l'astronomie, non au collecteur des usages et des traditions populaires que s'adresse M. F.; son petit livre a donc bien peu de titres à figurer dans la bibliographie de Mélusine; nous y trouvons la liste , qui semble très-complète , de tous les Catalans qui se sont occupés d'astrologie ou d'astronomie, ainsi que l'indication de leurs travaux ; ce sont là sans doute des renseignements précieux et qui donnent une haute idée des patientes recherches de l'auteur, en même temps qu'ils contribuent à faire honneur à sa patrie ; mais , il faut l'avouer, nous eussions mieux aimé , pour notre compte, que M. J. F. nous eût fait connaître quelques légendes pop. nouvelles ou qq. superst. particulières au pays qu'il habite. C. J.
De quelques mots slaves passés en français. Avis aux
éditeurs de La Fontaine (Extrait tlu Bulletin de la Société scientifique et littéraire d'Alais) , broch., 12 p. in-8°. Paris, Viaut. Prix : 50 c.
Cette brochure qui n'a en réalité que huit pages de texte se compose de deux parties. Dans la première, l'auteur anonyme prétend compléter la statistique de M. Brachet qui , dans son Dictionnaire, n'a trouvé que onze mots slaves passés en, français, et le Dictionnaire de M. Littré qui n'a pas noté toutes les étymologies slaves. 11 signale une vingtaine de mots russes ou polonais qui n'ont pas tous passé en français, mais sont cités dans les romans ou les récits des voyageurs comme des mots étrangers qui prêtent au récit une couleur locale à bon marché. A vrai dire, tous les mots que cite M. X. ne sont pas slaves d'origine : Astrakhan , qui donne son nom à des fourrures bien connues, n'a pas été bâtie par les Russes. Nous avons expliqué dernièrement dans la Revue Critique (année 1877, n° 19) que le mot heidouque n'est pas d'origine slave mais hongroise.
Ajoutons, pour compléter ces observations, que le mot polka n'est pas d'origne polonaise, mais tchèque, que le mot reâowa ou correctement redova ne peut venir que du serbe et non du polonais.
L'Avis aux éditeurs de La Fontaine offre quelques curieux détails sur une question d'histoire naturelle soulevée par le fabuliste (Livre X, fable I). La brochure se termine par l'explication du mot Bonarets que l'on rencontre dans le poème de Dubartas. L'auteur de ces diverses remarques fait preuve d'un esprit sagace et ingénieux. L. Léger.
Le Gérant, Eugène ROLLAND.
Chartres. — EdouardGarnie , Imprimeur.