‹ Même maison. Vaudeville en 1 acteChapitre 7 sur 19 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ANICET, seul.

Je vais donc la revoir!... ça remue mon cœur de boursier, plus qu’un écart de quinze centimes... ma foi, au diable !e mariage et la future I... j’ai attendu une heure et demie, c’est assez... j’y retournerai à la réponse des primes... ou aux prunes..., ô mon Hoitensia... je te reviens, tant pis!.. Mon oncle le banquier me prit à part un jour, et nie tint à peu près ce langage : « Mon cher Anicet Moulinot, le voilà « dans tes vingt-sept cinquante, c’esl-à-dire dans tes vingt- « sept ans et demi. Tu boursicotes, lu tripotes, tu harico- « tes... ce n’est pas une position. Si tu veux que je le com- « maudite comme huitième d’agent de change, il faut te mari rier. » Vlan ! dans l’estomac... >*•

* Anicet, Théocrite.

Air : de l’Anonyme.

Mon coquin d’oncle, (innocente manie),

Veut me fourrer le plus tôt qu’il pourra.

Dans l’estimable et sainte confrérie.

Des bons maris que Molière illustra.

Le mariage est peut-être la source Du vrai bonheur, je veux bien en téter.

Je s’rais preneur, comme on dit à la bourse Si je pouvais me faire reporter ;

Hélas 1 l’hymen n’est pas comme la bourse On ne peut pas s’y faire reporter.

« J’ai trouvé la femme qu’il te faut » poursuit mon oncle, « une jeune veuve. Madame Léonie Durand. Tu ne la connais « pas, mais tu peux la prendre de confiance... » V’Ian, j’accepte. a Préalablement » C’est toujours mon oncle qui parle « Tu « vas me faire l’amitié de partir en voyage pour trois mois, « afin de rompre avec une certaine péronelle dont je te sais « entiché. » J’y obtempère, et aujourd'hui même à mon retour, v’Ian ! première entrevue officielle avec ma future. Je m’y transporte ce matin et cette aimable veuve me fait poser, je n’aime pas poser et, par un revirement bien naturel, je pense à mon Hortensia qui doit être dans les larmes depuis mon dé-

part. (Se frappant la poitrine b gauche.) car elle a de ça, j’aime qu’une femme ait de ça.

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