‹ Mémoire à Son Éminence le Cardinal de Lai, secrétaire de la S. Congrégation consistoriale sur la division du Diocèse de Saint-Boniface [microforme]Chapitre 3 sur 10 · VE Œ° À · texte numérisé non relu

VE Œ° À

Saint-Boniface............................ . 6735

Ste-Anne des Chênes...................... . 1089 ÉOPBURS osent tre ree 501 Ile des Chênes. ............osesssosseeree 256 Transcona. ......erosssssssesesresseressee 606 St-Alphonse de Kildonan Est...... COR CODE. 494 St-Adolphe..................s.essessess 420 St-Antoine d’Aubigny ...................... 332 Ste-Elisabeth. ..............ssoesecosessee . 325 DE PIOrTe. ee dose eo dos Greeeiossses 1157 SEMAlO 0 essor resre soit 469 Beauséjour.......e..e.s..essseesseesee 315 Cook’s Creek .............................. 1530

Total: 0-0 13229

La presque totalité du reste se trouve dans les endroits de chemin de fer, et vit du chemin de fer. A l'exception de trois ou quatre de ces postes, les autres marqués sur la carte ne sont que des points d'arrêt où il n’y a guères que quelques maisons. La population totale des catholiques de cette partie de l’Ontario est de 3410,

De plus, comme ces gens se trouvent dans l'Ontario, la première division qui se fera avec siège épiscopal à Port Arthur ou Fort William, emportera sûrement tout le territoire d’Ontario. Alors Saint-Boniface restera avec sa petite bande de terrain de 15 à 30 milles de profondeur à l'Est de la Rivière Rouge.

Ce qui apparaît par l'examen des cartes officielles, apparaît également par l'énumération des paroisses et des postes visités. J'inclus un relevé complet, imprimé. (Cf. tableau annexé A.)

Winnipeg prend .............+....: 53 paroisses Saint-Boniface prend ................ 24 #

et l'Ouest étant plus fertile, il se trouve que Saint-Boniface, tout en ayant beaucoup moins de postes, a les plus pauvres.

Winnipez prend .............s..s.e. 118 prêtres .Saint-Boniface prend ................ 65 “

et encore ici, il faut placer au nombre de cette minorité 9 Jésuites au Collège de Saint-Boniface, 12 Oblats au Juniorat de la Ste-Famille, de Saint-Boniface, et 12 prêtres séculiers au Petit Séminaire et à l’archevêché de Saint-Boniface. Il ne reste que 32 prêtres pour le clergé paroissial.

Pour les maisons religieuses, (Cf. tableau annexé B.) Est-ce exagéré de dire après cela que Rome laisse un titre à l’Archevêque de Saint-Boniface, et lui enlève la chose !

Il faudra célébrer dans le deuil le centenaire de la fondation du diocèse de Saint-Boniface en 1918, duns deux ans.

Après un siècle de travaux, Saint-Boniface garde quatre ou cinq paroisses convenables, et quelques petites misérables missions qui peuvent à peine faire vivre leur missionnaire. Et cela sans espoir d’agrandissement qui vaille, car je le répète, 1-16 seulement des terres arables du Manitoba reste au diocèse de Saint-Boniface, si on le limite à l'Est de la Rivière Rouge. Est-il surprenant après cela qu’une protestation respectueusement, mais douloureusement indignée, sorte de la bouche du clergé et des fidèles de langue française, à la seule annonce d’une pareille division ! La plus grande partie de la population de langue anglaise le reconnaît d’ailleurs, et tout en désirant avoir un évêque de sa langue, elle n’a jamais songé à pareille humiliation de Saint-Boniface. Un ennemi caché a dû suggérer pareille division, mais que Votre Eminence en soit evnvaineue, il n'a pas travaillé pour la gloire de Dieu, le bien des âmes et la paix de ce pays.

Une telle division crée une position violente, d’où ne peut résulter que la lutte pour l'avenir, et une opposition de plus en plus violente entre les divers éléments. Elle donne un évêque de langue anglaise à une majorité de langue française, dans le but de rendre justice à une minorité anglaise. Le procédé est violemment ressenti, et d'autant plus violemment ressenti que ce dernier acte, je ne dis pas dans la pense des autorités romaines, mais dans l’enchaînement des faits, semble faire suite à certains autres qui auraient pour but d'évincer les gens de langue francaise du fruit de leurs travaux. Si un jour nos populations se rendent compte que Rome même, sans le vouloir, favorise les efforts de ceux qui veulent la disparition du francais de toutes les provinces du Canada, Québec exceptée, je n’ose penser aux conséquences déplorables que cela pourrait amener, disons-le, que cela amènera sûrement.

Or, Eminence, à partir de la nomination de Mgr Scollard, au Sault Ste- Marie, en passant par celle de Mgr Fallon, qui était connu avant sa nomination au siège de London pour ce qu'il s’est montré depuis, puis à venir à celle de Mgr Gauthier, à Ottawa, ensuite à celle de l’auxiliaire de Chatham, enfin à la présente division de Saint-Boniface qui est le coup de mort donné à l’Eglise- Mère de toutes les églises de l'Ouest, tout semble prouver, à en juger par les faits, que telle est la disposition actuelle du Saint-Siège.

Après un siècle de travail consciencieux, souvent héroïque, et couronné de succès, on peut le dire—les œuvres sont là pour l'attester— alors que l'élément de langue française est un peu supérieur en nombre à tous les autres groupes de population réunis, exception faite des Ruthènes qui ont leur evêque, alors que l'immense majorité du clergé est de langue française, le coup qui divise l'Eglise.

Mère de toutes les églises de l'Ouest, est le plus douloureux que nous 4yons reçn du Saint-Siège, et que Votre Eminence veuille croire que sa répercussion atteint jusqu'aux dernières fibres de tout le Canada français.

Loin de moi la pensée que le Saint-Siège a voulu nous humilier devant tout le pays, mais la division annoncée et de telle nature, qu’eut-il voulu nous humilier, après nous avoir anéantis, il n’aurait pas agi autrement.

Mais la nomination de Monseigneur de Winnipeg, est un fait accompli, sur lequel ncus le comprenons, Rome ne peut pas revenir. Un remède cependant s'impose impérieusement, si vraiment la limite des deux diocèses se trouve être le lac Winnipeg et la Rivière Rouge. Quel que soit le remède appliqué, nous resterons sûrement dans la situation peut-être unique au monde, de deux archevêques, à quelques pas l’un de l’autre. Puisque nous sommes en face d’une telle position, n’y at-il pas lieu de songer à l'extraordinaire mesure de faire des deux archevêques des archevêques nationaux, sur le même territoire de l’ancien diocèse de Saint-Boniface. Le Saint-Siège semble avoir une occasion de faire une expérience dans des conditions peut-être uniques, et juger dans quelques années si oui ou non, l'expérience a été heureuse, La population de langue française, (ruthènes exceptés, car ils ont leur évêque), est à peu près en nombre égal à tous les autres groupes. Que le Saint-Siège donne à Mgr Sinnott tous les gens de langue anglaise, et s’il le juge bon, les autrés groupes, eux de langue française exceptés, qui resteront à Mgr de Saint-Boniface. Les gens de langue française, étant passablement groupés, il reste peu d’endroits où des difficultés sérieuses pourraient se présenter.

C’est peut-être un moyen de régler au moins, dans cette partie du Canada, les difficultés qui inquiètent tous ceux qui désirent la paix et la prospérité de la Sainte Eglise. AE à

Si ce remède ne peut être appliqué, nous croyons alors que cette partie du Manitoba qui se trouve à l'Ouest de la Rivière Rouge et au Sud de la Rivière Assiniboine, doit être laissée à l’Archevêque de Saint-Boniface.

La population catholique y est presqu’exelusivement de langue française, comme on peut en juger d’ailleurs, par le relevé détaillé qui en a été fait. Faire passer cette partie du pays sous Mgr de Winnipeg, c’est assurer bien des luttes déplorables, et faire à Mgr de Winnipeg une position violente.

D'ailleurs, avec cette partie du Manitoba qui se trouve à l'Ouest du lac Winnipeg et au Nord de la Rivière Assiniboine, Mgr de Winnipeg se trouve à recevoir la moitié de la population totale du diocèse : 34,133 sur une population catholique totale de 69,011 (ruthènes toujours exceptés) et, en outre, de cela, toute la partie qui offre encore les meilleurs avantages, au point de vue de la colonisation, et en plus de cela les avantages d’une grande ville.

Sans nul doute, cette division est encore violente, puisque pour donner satisfaction au groupe de langue anglaise de Winnipeg, on fait passer des gens de langue française, en nombre presqu’égal à ceux de langue anglaise, sous

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Mgr de Winnipeg. 11 nous semblait que le melior est conditio possidentis s’appliquait à ce cas; mais si le Saint-Siège veut donner un territoire à Mgr de Winnipeg, nous comr ‘enons qu’il doit trancher dans les centres de langue française, car, en dehors de Winnipeg, les catholiques de langue anglaise sont une infime minorité. Pour s’en convaicre Votre Eminence n’a qu’à jeter un coup d'œil sur le relevé placé à la fin de ces quelques remarqnes. 11 est fait de bonne foi, et est aussi exact que le permet une matière aussi difficile, en pays neuf, comme le nôtre. D'ailleurs, au besoin, on peut le comparer au recensement officiel de 1911, et si une marge est donnée pour les années écnulées depuis 1911 à 1916, on verra facilement qu'il est exact.

Cette division quoique violente, laisserait cependant la plus grande partie de la population française sous l’Archevêque de Saint-Boniface.

Cette partie de la ville de Winnipeg, se trouvant au Sud de la Rivière Assiniboine devrait cependant rester dans le diocèse de Winnipeg. La même chose pourrait être déterminée pour la ville de Brandon qui est traversée ! 1r la Rivière Assiniboine.

Voilà ce que jai cru de mon devoir de faire connaître à Votre Eminence, pour le bien de la paix et le salut des âmes.

Baisant avec respect votre pourpre romaine, je prie Votre Eminence, d’agréer l'expression de ma profonde et filiale soumission à sa personne sacrée et au Saint-Siège.

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