‹ Mémoire au roi et aux deux chambresChapitre 5 sur 10 · PIÈCES AU SOUTIEN ET PREUVES · texte numérisé non relu

PIÈCES AU SOUTIEN ET PREUVES

IS° 3. Copie (1 un écrit de la main de M. le comte d’Estaing , Vice-Amiral de France.

a .Fai l’honneur de certifier que M. le duc de Nivernois qui, en 1764^ venoit dë faire à l’humanité le présent de la paix , dans son ambassade à Londres, daigna me charger de récompenser le zèle que M. Lescallier y avoit témoigné, en l’employant à Saint-Doiningue. M. Lescallier fut désigné au mois d’avril de cette année pour etre employé aux nouveaux établis— semens du môle Saint-Nicolas ; mais je désirai auparavant lui faire joindre à la lafigue anglaise qu’il possédoit déjà, la connoissance delà langue espagnole. Les circonstances exigeoient qu’il y eût quelqu’un de confiance, et qui sût négocier auprès du Gouvernement de la partie espagnole. M. Lescallier fut envoyé à Santo-Domingo : il y séjourna quatre mois; il réussit dans sa mission; il apprit la langue, et il rapporta une carte qu’il avoit faite , et un journal itinéraire de ses deux routes, l’une par la bande dû nord, en passant par Sant-Iago , la Véga et Le-Cotuy ; et l’autre par Jaina, Azua, San Juan de la Manana et Baniea.

« M. Lescallier fut à son retour placé au môle Saint- Nicolas : les dépenses imprévues de cet établissement , et celles occasionnées par l’arrivée inattendue des Aca-

diens et des Allemands, originairement destinés pour Cayenne , avoit produit des embarras dans la comptabilité qui avoit été ouverte avec les Américains : l’or-

dre fut rétabli à l'avantage du Roi, et les fournitures du sieur Anson , qui formoit des prétentions considérables, furent apurées.

« M. Magon , Intendant de la colonie, donna le titre d’Ecrivain de la Marine à M. Lescaliier : il en a fait les fonctions en chef, pendant deux ans, au môle Saint- Nicolas, avec la plus grande distinction, et il a su allier aux travaux de tous genres que ce lieu nécessitoit, les soins et les connoissances nécessaires pour lever une excellente carte de ces éfablissemens.

« M. Lescallier auroit été employé avec moi en 1772, comme Commissaire ordonnateur, pendant la campagne dont j’ai été chargé dans le Levant, si elle avoit eu lieu. La promptitude de l’armement de celle que je vais entreprendre est due en partie à ses soins. Son zèle est si grand, qu’il quitteroit la place importante qu’il occupe dans le port de Toulon , pour faire une campagne qui, peut-être, sera très-longue, si je ne m’y refusois pas absolument. Le nouveau régime de la Marine ne lui laisse que les fonctions de mon aide de camp, en ma qualité d’Offieier général de terre; il Tisqueroit de perdre son rang et son grade dans l’administration de la Marine ; rien ne l’arrête. Il me faut employer dans mes refus une persévérance égale à la sienne , pour l’empêcher de tout quitter et de chercher à devenir encore plus utile.

« J’atteste que je n’ai jamais vu personne qui joigne, sous tous les rapports, plus de zèle à plus de connoissances et de laîens; plus de pureté dans tout ce

qui tient à l’honneur et à l’intérêt, et une plus grande sévérité dans la comptabilité. »

Abord du Languedoc , en rade de Toulon, le io avril 1 778. Signé Estaing.

N0 4* Commission de Sous-Commissaire de la Marine pour le sieur Lescalher, du ier février 1770. Signé Louis; contresigné Choiseul, duc de Prasein. Au dos est 1 attache de ]VL le duc de Penthièvre, Amiral de France. Versailles, 23 février 1770.

N° 5. Lettre du Ministre de la Marine et des colonies à M. Lescallier , Sous-Commissaire de la Marine à Toulon, 1773.

« M. de Gueudreville , Monsieur, en m’adressant le mémoire de la machine inventée par M. Tirol, pour le commettage des cables , m’a écrit que c’étoit vous qui en aviez fait le dessin , et m’a rendu à cette occasion les témoignages les plus avantageux de vos talens et de votre application : j ai voulu vous en marquer moimême ma satisfaction , pour vous engager à donner de nouvelles preuves de votre zèle, que je ne laisserai pas sans fruit pour vous, dans les occasions qui se présenteront de vous procurer de l’avancement. »

Je suis , etc. Signé Bourgeois de Bonnes.

]NTO 6. Lettre du Ministre de la Marine et des colonies à M. Lescallier, Sous-Commissaire de la Marine, en date du 24 novembre 1775.

w Je suis très-satisfait, Monsieur, du compte que vous m’avez rendu de votre voyage en Angleterre, en

Hussie et en Suède, et du travail que vous avez fait* Comme il est juste de vous rembourser de vos dépenses, montant à 5, 600 livres, sur lesquelles vous n’avez reçu que 1,200 livres, je vais donner des ordres pour vous faire payer les 2,400 livres restantes.

« Mon intention étant de faire imprimer à l’Imprimerie royale votre Vocabulaire français et anglais des termes de Marine des deux nations, vous remettrez cet ouvrage à M. Anisson du Perron , et vous voudrez bien en suivre l’impression. Je lui écris à cet effet, et pour qu’il me marque quel pourra être l’objet de cette dépense. Je suis, etc» « Signé Sartine.

3V° 7. Commission de Commissaire ordinaire des ports et arsenaux de Marine, pour le sieur Lescallier.

« Louis , par la grâce de Dieu, etc. , à notre cher et bien-aimé, le sieur Lescallier , salut. .... et par ces présentes, signées de notre main, nous vous comnïettons, ordonnons et établissons Commissaire ordinaire de nos ports et arsenaux de marine, etc. »

A Versailles , le premier jour du mois de janvier, de l’an de grâce 1777. Signé Louis ; par le Roi, ^'de Sartine. Au dos est l’attache de M. le duc de Penthièvre, Amiral de France. A Paris, le 10 janvier 1777, signé L. J. M. de Bourbon j et plus bas, par S. A. S. ds Grandbourg.

Troisième époque , de 1780 à 179^ Ordonnateur dans diverses colonies de la Guia * ne , etc.

Je fus destine a la Grenade, l’une des Àntdles , que les forces de terre et de mer, aux ordres du Comte d Estaing , avoient reconquise sur les Anglais , et je m’y rendis au commencement de 1780, en qualité de Commissaire des Colonies. Là, j’ai contribué foi te ment à faire cesser, à faire connoître au Gouvernement , et à constater des malversations et dilapidations énormes qui se commettoient dans les magasins et les affaii es de 1 Etat , par un chef malhonnête , secondé par deux ou trois subalternes de son espèce.

Au commencement de l’année 1782 , je fus nommé par le Roi à la place d’Ordonnateur des trois colonies de la Guiane hollandaise, Démérary, Berbice et Esséquébo, que les forces françaises venoient de reprendre sur les Anglais , et que nous avons gardées jusqu’à la paix suivante.

J y ai réglé le service de manière à faire face aux dépenses de la troupe et de la Ma-

îlne i et autres, par le moyen des recettes locales, et sans recevoir aucuns fonds ni secours de f rance. J y ai fait chérir et respecter le nom français et le Gouvernement du Roi , par une conduite attentive pour les propriétaires et les administrés : après avoir réglé complètement toutes les affaires, et remis le pays aux Hollandais en 1784, j ai rapporté au Ministère et au Trésor public , en denrées coloniales et traites sur la Hollande , des valeurs pour environ 4oo,ooo francs.

M. le maréchal de Castries, alors Ministre de la Marine et des Colonies, me donna des témoignages éclatans de la satisfaction du Roi ; et de son propre mouvement , il me procura , peu après mon retour , une pension de 2,000 francs sur le Trésor royal, en sus de mes appointemens , titrée pour récompense de services rendus à la Grenade et aux colonies hollandaises.

En 1780, je fus destiné à être Ordonnateur de la Guiane française, avec le rang de Commissaire général.

Pendant un séjour de plus de trois ans dans cette colonie, j’y ai maintenu un ordre

convenable et satisfaisant ; j’ai fait régler huit années d’anciens comptes, et j’ai rapporté pour le Gouvernement des renseignemens utiles et précieux sur les moyens de tirer un grand parti de cette colonie , et sur tout ce qui la concerne , lesquels sont consignés dans les archives du Ministère de la Marine , et en partie indiqués aussi dans un ouvrage que je fis imprimer en 1790, au désir de plusieurs députés de l’Assemblée nationale.

Revenu de Cayenne à Paris en T 788 , j’ai été chargé, par le Ministre , de la publication et impression de mon Traité du gréement des vaisseaux , dont le précédent Ministre in ’a voit invité à m’occuper, et auquel j’avois donné la dernière main pendant mon séjour à Cayenne; et néanmoins pour vérifier et perfectionner certains articles de cet ouvrage 7 je fis, en 1789, un voyage en Angleterre , par autorisation du Minisire, qui, in ayant envoyé 1 ingénieur Forfait, nous rapportâmes de concert des renseignemens précieux et des ameliorations aux pratiques des arsenaux, ateliers et constructions maritimes, produit de notre tournée dans les

ports, arsenaux et chantiers d’Angleterre et de Hollande. Le mémoire que nous fîmes en commun contenoit environ cinquante articles nouveaux et intéressans.

Au commencement de 1790, je fus appelé pour être adjoint au Comité de Marine de l’Assemblée nationale constituante : j’ai coopéré aux travaux de ce Comité jusqu’à la fin de la session (septembre 1791 )? et je reçus à cette époque les suffrages de LA ssemblée et un certificat honorable.

Dans le même intervale j’ai traduit, pour l’utilité de la Marine , et à la demande du Ministre Fleurieu , un ouvrage anglais sur la tactique navale.

Au mois d’août 1791 , je fus nommé l’un des Commissaires civils pour les établissemens français situés au delà du cap de Bonne* Espérance.

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