LIÈGE
Vue générale delà prOTÎoce.
Elc. , «te.
i48 DU COMMERCE,
« La plupart de mes villes s'e'lèvent dans des champs couverts des présens de Cérès; plusieurs s'enorgueillissent de voir croître la vigne autour d'elles. Corinthe, baignée par Tignn. deux mers, vante son airain, l'Illyrie son fer ; de vastes pâturages enrichissent d'autres peuples. Pour moi, mes villes sont remarquables par leur situation et par leur beauté ; les unes étalent une large enceinte , les autres des édifices sacrés : elles doivent presque toutes leur gloire à un fleuve sans cesse sillonné par la proue.
« Au pied de mes remparts on va chercher le charbon dans le sein de la terre, dont les veines sont gonflées de soufre. Ce commerce, chaque année, rapporte 100,000 écus d'or à mes en fans dont il fait l'opulence. Je sais aussi fapiomb, façonner pour mon usage le plomb et le fer. Le marbre me vaut à son tour d'immenses richesses. Je n'oublierai point TonrbM. la Meuse ; c'est elle qui nous enlève le fer et la glèbe bitumineuse pour nous rapporter ou de l'or ou d'autres biens; c'est elle qui nous gratifie de la douce liqueur qui se prépare sur les rives fertiles du Rhin, et de ces vins, chéris de Bac chus, qui nous viennent de la France. »
Ortelius et Fisen s'expriment à peu près dans les mêmes termes ; le premier parle de la foule des étrangers qu'attiraient les eaux de Spa et qui était favorable au commerce (i).
La découverte du charbon a été attribuée à un miracle. Vers 1198 un forgeron appelé par Fisen HuUosus Pîenavallius, lequel se plaignait de la cherté du charbon de bois, vit apparaître , dit-on , un vieillard en cheveux blancs qui
do ch.; r bon.
(1) In theairo. — Ittnem. , p. 10
lui ordonna d'aller au mont public, où il trouverait dans la terre de quoi alimenter le feu de sa forge. A ces mots le mystérieux personnage s'évanouit comme une ombre légère (i). Quoi qu'il en soit de cette belle histoire, le nombre des charbonniers était déjà si considérable en 1 "> j~ . qu'ils formaient une grande partie de l'armée liégeoise, et qu'ils se firent craindre dans les troubles de i433 (a).
Le pays de Liège qui a été en proie à mille dissensions dont l'histoire serait trop volumineuse, s'allia avec Louis XI contre la ligue du bien public. C'est pourquoi ce prince ac- Cowm«rc« corda aux Liégeois la permission de venir trafiquer en France. *"° * Cette permission fut enregistrée en janvier ifâ et rendue commune aux habitans de Dinant et à tous ceux de la seigneurie de Liège. Ces lettres paraissent être les mêmes que celles dont on trouve la note dans la table des ordonnances de la cour des aides, qui accordent des privilèges aux maîtres-jurés, conseil et université de Liège (3).
En 1 5a5 on porta des peines sévères contre les brasseurs ïrWQB . frauduleux, et on ordonna la vérification de leurs mesures (4). L'année suivante on fit des réglemens pour que les poissons étrangers fussent examinés avant que d' être exposés en vente (5).
(1) Fisen, tom. I, p. 17a. Leod. 1696, in-fol. — Foullon, tom. I, p. 3o4. Leod. 1735, 3 vol. in-fol. Mr. Heylen dit 1189, c'est assurément une faute d'impression. Méra. del'Acad., tom. V, p. 83.
(a) Fisen, tom. II, pag. 199.— Foullon, tom. I, p. 4a5 ,
(3) Ordonn. des rois de France , tom. XVI , pp 334-335 ; ibid. p. 5ao, note a.
(4) Foullon , tom. II , p. 239.
i5o DU COMMERCE,
Ceux d'Utrecht , en 1 565 , demandèrent l'exemption des droits sur la houille, au moins pour la quantité nécessaire à chaque famille. Il y eut des discussions à ce sujet. Les deux parties plaidèrent leur cause à Bruxelles, sous l'intervention de la gouvernante. Les choses n'ayant pas été arrangées, tout resta comme par le passé, c'est-à-dire que ceux d'Utrecht payèrent l'impôt sur la houille, et ceux de Liège le droit extraordinaire (portoriwn) dont on les avait frappés à Utrecht et pour le refus duquel on avait confisqué leurs marchandises ( i ).
Mmnf»ciore Au mois de juillet 1569, la première manufacture de cris- J e cruui. ^| j ut ^^jjjjg £ Liège , sous la direction de Nicolas les François (Nicolaus Francisci). Cette manufacture ayant été abandonnée à cause des discussions avec les provinces voisines, ne tarda pas à être remise en activité (a).
uUm. Liège avait trente-deux métiers, dont le principal était celui des orfèvres, et le plus ancien celui des maréchaux. Guicciardin reproche aux Liégeois, à cette occasion, d'être plus enclins à la sédition et à l'oisiveté qu'au travail (3).
poid.deiiéfe. Le poids de Liège était en usage à Amsterdam au XVI e siècle (4).