GOUDA
1 / - Cette ville avait trois foires par année, pour le débit de roircs. ses draps et de ses fromages. Sa prospérité dépendait principalement de la navigation. Ceux de la Hollande, de la N.vi C »tiou. Zélande et de la West -Frise, soit marchands, soit mariniers , ne pouvaient éviter le péage de Gouda , sans s'exposer à la confiscation de leurs cargaisons et de leurs bâtimens; et comme ils séjournaient dans la ville, à cause de la lenteur du passage des écluses, ils s'y pourvoyaient de tout ce qui leur était nécessaire (4). Gouda fut brûlée presqu'entièrement en i44<> (5).
On dit qu'il s'y trouvait autrefois 35o brasseries: la bière u r *u*tw*. qu'on en tirait était en réputation dans la Flandre et dans la Zélande (6).
(1) Vad. Hist. tom. IV, p. 382.
(a) Fol. 91.
(3) Grotius, p. 309.
(4) Mém. de Jean Le Jeune, greffier, lir. II , p. 4y, privilège du a6 juin i536.
(5) Meyer, p. 297.
(6) Guicciardino addit. à ▼ïri» consulibus R. G. submiss. Amsiel. 1660. tom. II, p. 118.
iiit-ruiiic».
■ tf8 DU COMMERCE,
Gouda fut livrée plus d'une fois aux flammes durant les guerres qui déchirèrent nos provinces. Elle a la gloire d'avoir donné le jour à Corneille et à Frédéric Houtman, fils de Pierre Corneliszoon Houtman. Ces deux frères qui s'étaient rendus à Lisbonne en i5o,3, en avaient rapporté toutes les instructions nécessaires pour le commerce des Indes. Corneille engagea quelques négocians à équiper quatre vaisseaux , et, ayant obtenu le commandement de cette expédition, il fit voile du Texel au mois d'avril i5g5 et doubla le cap de Bonne-Espérance, sur les traces des Portugais. Son entreprise fut malheureuse : les Portugais suscitèrent contre lui les habitans de Bantam, dans l'île de Java, et ce ne fut pas le seul endroit où il essuya des revers. Il revint enfin dans son pays avec trois vaisseaux, au mois d'août 1 597 (1). Grotius peint l'effet que produisirent les relations de ces Argonautes. Us racontaient qu'ils avaient eu à lutter partout contre les barbares soulevés par les Portugais , et les séditions des matelots fatigués de tant de dangers ; ils disaient que Java était une île aussi grande que l'Angleterre; ils avaient vu aussi Sumatra, et à leur retour Ste.- Ilélène, île petite et inhabitée.
rmpiMdeu l cs Hollandais commencèrent depuis lors à chercher dans ces parages les productions d'un ciel plus chaud; commerce que les Vénitiens avaient fait jadis à travers l'Egypte et que les Portugais s'étaient approprié ensuite par leur audace et les concessions de Rome. Les réfugiés des provinces réconciliées se hâtèrent de tenter la même route, ainsi que les Hollandais et les Zélandais (a).
(1) Vaderlandsche hist. , 10 m. IX, pp. 1 36- 1 37- J 44- (a) Grotiu», p. aSg.
Delft fut incendiée en i536\ Sa bière était excellente; ses im*ndi«. draps valurent même mieux que ceux de Flandre ; la qua- Bi *«lité la plus estimée s'appelait Delfr-Punck (1). Barlandus vante les richesses de cette ville (a). Elle se déclara en i5ya pour »*•■«■• le prince d'Orange qui, pendant le siège de Haarlem, transporta la cour de Hollande de La Haye à Delft, où furent publiés les arrêtés des états (3).
Guillaume IV, comte de Hollande, avait, en i34a, fait don Lomw. à la ville, de la fondation nommée Camerette, qui devint un Lombard (4).