DU NORD
La Zélande, partagée en différentes petites îles, était des- cénér.iu««. tinée par la nature à la navigation ; plusieurs écrivains même, à cause de la commodité de ses ports, de l'activité de son commerce et du nombre de ses vaisseaux , la plaçaient avant la Hollande (i). Elle était renommée pour l'habileté de ses matelots et de ses pilotes, et les pirateries de ses habitans Nation, la rendaient redoutable. En i436 les Hollandais et les Zélandais étaient en guerre avec les villes anséatiques. Les seconds, indépendamment du nombre des navires qu'ils avaient fournis à la flotte, avaient armé six buses (buysen)^ montées chacune par 5o soldats , et qui croisaient à l'ouest de la Meuse; la Hollande en avait quatre du côté de Test, et deux houlques, portant chacune 100 soldats. Cet armement était destiné à fermer les canaux qui formaient les îles et à porter partout du secours. Mais la protection devint bientôt une piraterie. Les Espagnols et les Vénitiens se plaignirent avec tant de force que le duc Philippe condamna les Zélandais à payer 5o,ooo schildens de 3o gvoots , par forme d'inde milite (a). En 1470 les Ze landais maltraitèrent les Anglais
(1) « Portuum commoditale , mercimoniorum copia et navium nu- » mero Gerardus Hollandi» pnefert Zelandiam. > (BarUndus, apud Scrir. p. »4i)
(a) Vaderlandsche hist., toro. III, p. 538.
du parti opposé au roi Edouard qui, replacé sur le trône, leur témoigna sa reconnaissance (i).
Pour se venger des brigandages des Français qui ne gardaient pas fidèlement les traités, ils équipèrent une flotte à la hâte, en 147*1 dont ils confièrent le commandement à Paul de Borselen, bâtard d'Henri, marquis de Veere, avec ordre d'attaquer l'ennemi partout ou il le trouverait. L'amiral les ayant aperçus sur les côtes d'Ecosse, appareilla pour le combat , mais Les Français ne l'attendirent pas , et forcèrent de voiles pour gagner leurs ports (a).
pfdK. La pêche était la principale occupation des Zélandais , dont le sol produit de la garance et des tourbes qui entraient
s«iin«. pour de fortes sommes dans le commerce. Leurs salines étaient aussi une source de prospérité (3).
$ Z1RICKZÉE.
i>*ht. Ses habitans excellaient dans la navigation, au rapport de Noviomagus (4)- On croit qu'ils firent les premiers la pêche du hareng en n63.
(1) Vaderlandsche but., tom. IV, p. m.
(a) Reigersbergen, Chron. van Zeeland ,eertyds beschreyen door dezelf eu vermeerdert door M. Z. Van Bozhorn, in-4°, 1 644 , part. II, p. a6o. — » Vaderlandacbe hiat , tom. IV, p. ia3. — Vclius, p. 94.
(3) Guicciardin , i'« édit orig. , pp. ao4 et seqq.
(4) Apud Scmerium , p. 71.
Charles-le-Hardi avait sans cesse besoin d'argent pour soutenir les guerres où l'entraînaient son ambition et son imprudence. En i473, Zirickze'e refusa les impositions. Le peu- iW nl .. pie arme de piques, de couteaux et de bâtons investit l'hôtelde-ville, enfonça les portes, massacra ceux qui étaient préposés à la perception , jeta leurs corps par les fenêtres , destitua Xécoutet et tous les officiers et se créa un magistrat choisi parmi les artisans. Charles envoya quelques sei- à»omii». gneurs qui s'emparèrent de la ville, arrêtèrent les chefs de la sédition et les firent exécuter sans forme de procès. Il les suivit à la tête (Tune armée, résolu d'infliger aux rebelles un châtiment exemplaire. Le clergé et les habitons allèrent à sa rencontre et se jetèrent à ses pieds en criant merci. Le duc leur fit grâce de la vie, à condition qu'ils recevraient garnison et qu'ils paieraient une amende de 3o,ooo florins, Rki*«*. pour la levée de laquelle il les autorisa à mettre une accise AedM . sur le vin (1). Mais Zirickzée se ressentit des suites de cette i*radto«». révolte , plusieurs de ses citoyens l'abandonnèrent et son commerce s'affaiblit. Elle paya encore en i49*î 20,000 florins au duc Albert (a).
Cependant en i493 elle faisait un commerce très-étendu Co |" ,nCTC * " sur les côtes de la Bretagne et de la Rochelle ; et il n'y eut pas assez de magasins dans les îles de Schouwen et de H^aU cheren, pour y déposer le sel, qui s'achetait alors (c'est-à- ttVLiattl dire celui de la baie) à 5 livres gros de Flandre le cent et même à moins (3).
(1) Vaderlandsche hist. , tom. IV, p. 126.
(a) Pontus Heut. Rer. Ausl lib. IV , c. 3.
(3) Recherches sur le commerce, tom. 1 , 1" partie, p. 309.