‹ Mémoire de l'évêque des Trois-Rivières sur les difficultés religieuses en Canada [microforme]Chapitre 27 sur 85 · RIRE EG SUR · texte numérisé non relu

RIRE EG SUR

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à ces Evêques ce qui leur a déjà été recommandé par cette Suprême Congrégation, mercredi, 29 Juillet 1874, à savoir que, à l’occasion des élections politiques, ils se conforment, dans leurs conseils aux électeurs, à ce qui se trouve décrété dans le Concile Provincial de 1868. Il faudra ajouter que l'Eglise, en condamnant le libéralisme, n'entend pas frapper tous et chacun des partis politiques, qui par hasard s'appellent libéraux, puisque les décisions de l'Eglise se rapportent à certaines erreurs opposées à la doctrine catholique, et non pas à un parti politique quelconque déterminé, et que par conséquent ceux-là font mal qui, sans autre fondement, déclarent être condamné par l'Église un des partis politiques du Canada, à savoir ie parti appelé réformiste, parti ci-devant chaudement appuyé même par quelques Evèques.

“ Enfin pour ce qui regarde l’objet principal des doutes proposés, à savoir quelle mesure il y a à nrendre relativement aux catholiques qui, pour cause de prétendue ingérence indue du clergé dans les élections politiques, recourent au tribunal civil, on ne peut donner à ce sujet une règle générale aux Evéques, et il appartiendra en conséquence à qui en a l’oflice, de pourvoir, dans chaque cas, à la conscience de celui qui a fait ce recours. Que les Evèques prennent donc les mesures nécessaires pour sauvegarder l'honneur du elergé, ayant soin surtout d'empêcher autant que possible que des personnes ecclésiastiques soient obligées de comparaitre devant le juge laique,

“ I] faudra enfin exhorter les Evêques à observer par rapport aux affaires politiques la plus grande réserve, eu égard particulièrement au danger qu'il y a de provoquer à une guerre violente contre l'Eglise les protestants déjà inquiets et irrités contre le clergé sous prétexte d’ingérence indue dans les élections politiques.

“ En outre, il faut faire en sorte que le clergé évite toujours de nommer les personnes en chaire, encore bien plus si c’est pour les discréditer à l’occasion des élections, et qu'il ne se serve jamais de l'influence du ministère ecclésiastique pour des fins particulières, si ce n’est lorsque les candidats pourraient devenir nuisibles aux vrais intérêts de l'Eglise. ”

Conformément à cette instruction, Votre Seigneurie doit faire connaitre sans retard à tous ses suffragants, au clergé et à tous ceux que cela concerne, que c’est l'intention du Saint Père que les susdites prescriptions du Saint Office soient rigoureusement observées.

Pour ce qui a rapport au second point, Votre Sergneurie devra notifier à chacun des suffragants, de la part de Sa Sainteté, que chacun des Prélats individuellement ait à s'abstenir d'agiter ou de faire agiter soit dans le Parlement, soit dans la presse, la question de la modification de la loi concernant la dite influence indue. Que s’il arrivait une époque où les évêques réunis jugeassent tous ensemble que le temps opportun est venu de faire la susdite demande, ils

devront d'abord recourir à cette Sacrée Congrégation pour en recevoir les instructions convenables.

Dans cette pensée, je prie le Seigneur qu'il vous prodigue tous les biens.

Rome, Palais de la Propagande, 13 Septembre 1881.

De Votre Seigneurie Le très-affectionné serviteur,

JEAN CARDINAL SIMÉONI, Préfet.

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