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Pour remplir cette sublime et difficile mission, il fallait que l'Eglise fût constituée par son divin fondateur sous forme de société parfaite en elle-même, distincte et indépendante de la société civile.
Une société quelconque ne peut subsister si elle n’a des lois, et par conséquent des législateurs, des juges et une puissance propre de faire respecter ses lois; l'Eglise a donc nécessairement reçu de son fondateur, autorité sur ses enfants pour maintenir l’ordre et l’unité. Nier cette autorité, ce serait nier la sagesse du Fils de Dieu. Nubordonner cette autorité à la puissance civile, ce serait donner raison à Néron et à Dioclétien contre ces millions de chrétiens qui ont mieux aimé mourir que de trahir leur foi; ce serait donner raison à Pilate et à Hérode contre Jésus-Christ Ini-même !
Non-seulent l'Eglise est indépendante de la société civile, mais elle lui est supérieure par son origine, par son étendue et par sa fin.
Sans doute, la société civile a sa racine dans la volonté de Dieu, qui a réglé que les hommes vivraient en société ; mais les formes de la société civile varient avec les temps et les lieux; l'Eglise est née du sang de Dieu sur le Calvaire, elle a reçu directement de sa bouche son immuable constitution et nulle puissance sur la terre ne peut en altérer la forme.
Une société civile n'embrasse qu'un peuple ; l'Eglise a reçu en domaine la £: c UE à RES CR out terre entière; Jésus-Christ lui a donné mission d'enseigner loules les nations ; docele omnes gentes (Mat. XX VIII. 20.); l'Etat est donc dans l'Eglise et non pas l'Eglise dans l'Etat.
La fin de l'Eglise est le bonheur éternel des âmes, fin suprème et dernière de l’homme; la société civile a pour fin le bonheur temporel des peuples. Par la nature même des choses, la so:iété civile se trouve indirectement, mais véritablement, subordonnée; car non seulement elle doit s'abstenir de tout ce qui peut mettre obstacle à la fin dernière et suprême de l’homme, mais encore, elle doit aider l'Eglise ? nssa mission divine, et au besoin la protéger et la défendre. Et d'ailleurs n'est-il pas évident que le bonheur même temporel des peuples dépend de la vérité, de la justice, de la morale et par conséquent, de toutes ces vérités dont le trésor est confié à l'Eglise ? L'expérience des cent dernières années nous apprend qu'il n'y a plus ni repos, ni stabilité, pour les peuples qui ont se-oué le joug de la religion dont l'Eglise est la seule véritable gardienne.
Cette subordination n'empêche point que ces sociétés ne soient distinctes à cause de leurs fins et indépendantes chacune dans sa sphère propre. Mais du moment qu’une question touche à la foi où à la morale ou à la constitution
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divine de l'Eglise, à son indépendance, ou à ce qui lui est nécessaire pour remplir sa mission spirituelle, c’est à l'Eglise seule à juger, car à elle seule Jésus- Christ a dit: Tout pouvoir m'a élé donné dans le ciel et sur la terre... Comme mon Père m'a envoyé, ainsi je vous envoie. Allez donr, enseignez toutes les nations. Celui qui vous évoule m'écoule moi-même, et celui qui vous méprise me méprise, et celui qui me méprise, méprise celui qui m'a envoyé. Celui qui n'évoute pas l'Eglise mérite d'étre considéré comme un païien et un publicain (S. Mat. XXVIIL 18 et 19. S. Jean XX. 21. Mat. XVIII. 17.)
Mais en revendiquant ainsi les droits de l'Eglise catholique sur ses enfants, nous ne prétendons nullement envahir ou entraver les droits civils ds nos frèrés séparés, avec lesquels nous serons toujours heureux de conserver les meilleurs rapports dans l'avenir, comme dans le passé. Les principes que nous exposons ne sont pas nouveaux ; ils sont aussi anciens que l'Eglise elle-même. Si nous le rappelons aujourd’hui, c’est que certains catholiques paraissent les avoir mis en oubli.
Constitution de l'Eglise.
Le pouvoir de législater et de juger dans l'Eglise existe au suprême degrt
a ï JA F : ‘ Ho : ste dans le Souverain Pontife, le successur de saint Pierre, à qui Jésus-Christ
confié les clefs du royaume des cieux et ordonné de confirmer ses frères.
Les Conviles généraux convoqués, présidés et confirmés par le Pape, ont ce
même pouvoir.
Les Evéques ont été élablis pur le Saint Esprit pour régir l'Eglise de Dieu ; Spiritus Sanctus posuit Episcopos regere Écclesiam Dei (Act. XX. 28.); ils ont dans leurs diocèses respectifs pouvoir d'enseigner, de commander, de juger; pouvoir néanmoins subordonné à celui du chef de l'Eglise, en qui seul réside la plénitude de la puissance apostolique et l’infaillibilité doctrinale. Prêtres et laïques doivent aux Evèques la docilité, le respect et l'obéissance.
Chaque prêtre, à son tour, lorsqu'il a reçu de son Evéêque la mission de prêcher et d’administrer les seccurs spirituels à un certain nombre de fidèles, à un droit rigoureux au respect, à l'amour et à l’obéissance de ceux dont les intérêts spirituels sont confiés à sa sollicitude pastorale.
Tel est le plan divin de cette Eglise catholique que Jésus-Christ a revêtue de sa puissance ; telle est cette Hiérarchie Ecclésiastique qui, dans son ensemble admirable, nous montre une société parfaitement organisée et capable d'atteindre sûrement sa fin, qui est le salut éternel de chacun de ses innombra-
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bles enfants, de toute tribu, de toule langue, de tout peuple et de toute nation ; ex omni tribu, et lingua, et populo et natione (Apoc. V. 9.).