‹ Mémoire de l'évêque des Trois-Rivières sur les difficultés religieuses en Canada [microforme]Chapitre 40 sur 85 · QUELS SONT LES DÉSORDRES À ÉVITER DURANT LES ÉLECTIONS · texte numérisé non relu

QUELS SONT LES DÉSORDRES À ÉVITER DURANT LES ÉLECTIONS

Souvenez-vous, N. T. C. F., que tout ce qui est défendu en temps ordinaire, est également défendu durant les élections. Bien plus on peut dire en toute vérité que les fautes commises à l'occasion des élections, contre la vérité, contre la justice, contre la charité, contre la tempérance, sont plus graves, à cause des conséquences qui en résultent, non-seulement contre le prochain, mais aussi contre le pays tout entier.

1. Vous savez que c’est un péché mortel de faire un faux serment. N'allez donc pas vous parjurer durant l'élection.

C'est un énorme scandale que d'engager quelqu'un à faire un faux serment.

Le parjure est un cas réservé dans cette province, c'est-à-dire que ceux qui

ont eu le malheur de s'en rendre coupable, ne peuvent en recevoir l'absolution que de l'Evéque ou de Son Grand Vicaire, ou d’un prêtre spécialement autorisé ! pour cela. Les Evèques assemblés en Conciles ont jugé qu'il en devait être ainsi, afin que l'on comprenne bien qu'elle est l'énormité de ce péché du parjure, qui k appelle en témoignage du mensonge, le Dieu de toute vérité et de toute majes- à

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Le mensonge n'a pas sans doute la même gravité que le parjure, mais il À

peut facilement devenir un péché mortel, à cause des conséquences. Ne faites }

pas de colomnies contre votre prochain, ne répétez les calomnies, que vous \

aurez entondus. Vous n'aimez pas qu'on vous trompe par des mensonges ; ne M

trompez pas vous-mèmes les autres. Vous n'aimez pas qu'on dise des calomnies w contre vous ; n® calomniez pas votre prochain. ll 2. Evitez toute violence en temps d'élection. Vous voulez, avec raison, que ï l'on respecte votre liberté ; respectez celle des autres. Ne faites pas à autrui ce que à vous ne voulez pas qu'on vous fssse. Donc, point de violence, point de menaces, À 4 Ceux qui ont recours a ces moyens pour faire triompher leur candidat, seront | tot où tard punis de Ja mème maniere, car la justice de Dieu rend à chacun ce ÿ A qui lui est du. Hi 3. Toujours l’ivrognerie est un vice dégradant: mais en temps d'élection, 4 elle doit être évitée avec plus de soin. La raison en est bien claire. î Le droit de voter est un droit noble et important, il doit done étre exercé ‘4 en toute liberté d'esprit et en connaissance de cause, Celui qui a le malheur de 1 | s'enivrer ne sait plus ce qu'il fait, mi ce qu'il dit, et, par conséquent, il ne peut De | pas donner son suffrage en homme raisonnable. De plus l'expérience démontre 4 que l’nftempérance est la cause de bien des parjures, des violences et quelque- D. fois même de batailles sanglantes. LE | 4, Ne vendez pas votre voix. Celui qui vend sa voix, se déshonore lui- 4 | mème : il se dégrade et s'avilit, car il devient l’eselave de celui qui l'achète. he Le droit de voter est trop noble et trop important pour être l'objet d'un pareil marché. À Vendre sa voix, N. T. C. KE, c'est une trahison contre le bien public: car E c'est une faute qui tend à abaisser le caractere d'un peuple, c'est un moyen de he. favoriser un candidat que l'on juge judigne de son suffrage, c'est exposer le pays 1 à être mal gouverné. k

Vendre sa voix, c’est montrer qu'on ne sait pas ce que c'est que d’être électeur, qu'on est indigne et incapable d'exercer le noble droit attaché à ce titre. Vendre sa voix c’est s'exposer au danger du parjure. 4 Voilà pourquoi, N.'T. C. F., vendre sa voix est un péché grave de sa nature, et ceux qui ont le malheur de s’en rendre coupables, doivent s'en con fesser

et en avoir une contrition sincère. È

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