‹ Mémoire de l'évêque des Trois-Rivières sur les difficultés religieuses en Canada [microforme]Chapitre 54 sur 85 · A L'ARCHEVEQUE DE QUÉBEC · texte numérisé non relu

A L'ARCHEVEQUE DE QUÉBEC

[lustrissime et Révérendissime Seigneur et Frère,

D'apres ce que nous a exposé Votre Grandeur au sujet du Programme dit Catholique qui a poux but de diriger les élections politiques dans votre Province, les Eminentissimes Pères, Inquisiteurs Crénéraux avec moi, ont vu avec étonnement et douleur que des contestations et des divisions, rendues publiques par les journaux, ont existé et existent encore entre vous et les autres évêques.

Vous comprendrez facilement tout l'étonnement et le préjudice qu'une telle conduite est de nature à produire parmi les fidèles, puisque les Evêques devraient, au contraire, par la conformité de leur doctrine et de leurs actes guider, pour le bien de la religion et de la société, les fidèles eux-mêmes dans une œuvre de si grande importance. Et les mêmes Eminentissimes Pères n’ont pas cru devoir approuver votre conduite peut-être trop précipitée en condamnant dans les journaux le Programme concernant les élections politiques : conduite qui à été la source de tant de divisions.

Mais pour empêcher ce mal et pour éloigner toute occasion et tout motif de désordre, les mêmes Eminentissimes Pères, en vertu de leur autorité et au nom du Saint-Siège, défendent strictement à Votre Grandeur et aux autres Evêques de la Province de ne rien publier qui laisse soupçonner une division où une divergence d'opinion entre vous.

De plus, ils ont pensé devoir imposer silence à chacun de vous sur le Programme Catholique en question et sur tout ce qui peut s’y rattacher. Mais que tous les Evèques, afin de procurer parmi les fidèles l'accord des esprits au sujet des élections politiques, se conduisent d'après ce qui a été sagement et prudemment réglé et ordonné dans les Conciles proviciaux.

Enfin, cette suprème Congregation espère que, vu le zèle dont, Votre Grandeur et les autres Evêques sont animés, le désaccord qui a paru jusqu'à ce jour, disparaîtra complètement, et que, dans la direction des fidèles, pour tout

ce qui regarde l'administration des diocèse, on ne remarquera plus en vous tous qu'une seule et même manière d'exposer la doctrine sacrée. En attendant, je prie Dieu de vous accorder en tout prospérité et bonheur. De Votre Grandeur, Le frère tres dévoué, C. CARD. PATRIZI.

Rome, le 4 aout 1874.

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